Aller au contenu principal

Les bonnes pratiques pour bien gérer un forage en élevage

Après trente ans de politiques de l’eau centrées sur la qualité de l’eau, on assiste actuellement à la montée en puissance de l’enjeu de la gestion quantitative dans les politiques publiques. Point de situation de la réglementation concernant les prélèvements d’eau en élevage.

<em class="placeholder">La réglementation concernant les prélèvements d’eau en élevage porte essentiellement sur les forages.</em>
La réglementation concernant les prélèvements d’eau en élevage porte essentiellement sur les forages.
© D. Poilvet

L’accès à la ressource en eau devient un enjeu majeur pour l’agriculture bretonne. Si l’irrigation a tendance à occuper les esprits, il n’en demeure pas moins qu’en Bretagne, les prélèvements agricoles sont majoritairement destinés aux activités d’élevage : abreuvement du bétail et nettoyage ou entretien des bâtiments et installations. Aujourd’hui la réglementation concernant les prélèvements d’eau en élevage porte essentiellement sur les forages, qui doivent être conçus, équipés et entretenus de sorte à éviter la contamination des nappes souterraines et garantir la pérennité du prélèvement en termes qualitatif et quantitatif. Il appartient à chacun de veiller au bon fonctionnement de ses ouvrages et de ses mises à jour (transmission d’exploitation par exemple) pour assurer la pérennité des prélèvements aussi en termes réglementaires.

Déclarer son forage

La réglementation des forages dépend du volume d’eau prélevée et de la situation locale en termes de ressources en eau. Tous les forages doivent être déclarés auprès du BRGM (1) (Code minier) et des différents services de l’État (DREAL (2) et DDTM (3) ou DDPP (4) si le forage est prévu pour le fonctionnement d’une ICPE (5) élevage avec des modalités qui varient selon le cubage prélevé par an :

- Usage domestique ou moins de 1 000 m3 d’eau prélevée par an : Déclaration en mairie

- Entre 1 000 et 10 000 m3 : déclaration à la DDTM et DREAL

- Entre 10 000 et 200 000 m3 : Déclaration en DDTM (ou DDPP si l’eau est utilisée dans le cadre d’une installation classée) et à la DREAL et document d’incidence à fournir avant travaux. Attention : la déclaration ne vaut pas acceptation. Il est nécessaire d’attendre la réponse des services de l’État pour entreprendre les travaux.

- Plus de 200 000 m3 d’eau : autorisation à demander à la DDTM (ou DDPP si l’eau est utilisée dans le cadre d’une installation classée) et à la DREAL. Une étude d’impact pourra être exigée. Si la profondeur du forage est supérieure à 50 mètres, une étude au cas par cas sera faite par les services de l’État (DREAL).

La conception et la réalisation d’un forage doivent répondre à des exigences strictes afin d’éviter la contamination des nappes souterraines et de garantir la pérennité du prélèvement.

Faire appel un foreur professionnel garantit le respect des normes en vigueur.

La profondeur et l’implantation du forage doivent être adaptées pour éviter les interactions avec d’autres captages et préserver les nappes stratégiques.

Des dispositifs de protection de la tête de forage doivent être installés : dalle de propreté de 3 m² minimum, couvercle amovible scellé sur la margelle et fermé à clé.

Un compteur est obligatoire depuis 2003. Les arrêtés départementaux bretons datés de 2016 à 2021 selon le département ont rendu le compteur obligatoire pour tous les forages, même ceux réalisés avant 2003. Ces arrêtés précisent que les forages datant d’avant 2003 doivent également être équipés d’une protection de la tête de forage, être déclarés au titre du Code minier (si profond de plus de dix mètres) et être connus de l’administration. Par ailleurs, les exploitants doivent tenir à jour un registre mensuel des quantités prélevées qui sera tenu à disposition en cas de contrôle et conservé pendant trois ans.

Anne Courtois, anne.courtois@bretagne.chambagri.fr

(1) Bureau de recherches géologiques et minières
(2) Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement
(3) Direction départementale des territoires et de la mer
(4) Direction Départementale de la Protection des Populations
(5) Installation classée pour la protection de l’environnement

Les plus lus

<em class="placeholder">Arnaud Abgrall (à gauche) et son équipe de salariés travaillant sur le site naissage. « Je suis présent sur le site tous les jeudis et vendredis .» </em>
« La communication avec mes salariés, c’est la clé dans mon élevage porc et lait »

Comment gérer une équipe de onze salariés répartie sur trois sites et trois ateliers porc, lait et cultures ? C’est le…

<em class="placeholder">Le surplus d&#039;énergie apporté par la granulation est plus élevé pour le maïs que pour le blé ou l&#039;orge.</em>
Formulation des aliments : chaque céréale réagit différemment à la granulation

La granulation des aliments apporte un bonus d’énergie différent selon la céréale incorporée. La prise en compte de cette…

<em class="placeholder">En permettant l’expression de comportements naturels les maternités liberté réduisent le stress et les lésions physiques. </em>
Truies en liberté en maternité : un bien-être amélioré mais une mortalité des porcelets à maîtriser

Malgré une mortalité néonatale parfois plus élevée, les systèmes libres en maternité améliorent la santé des truies et la…

<em class="placeholder">Les élevages extensifs, malgré une productivité plus faible, peuvent être rentables grâce à des stratégies de différenciations</em>
La résilience n’a pas de modèle unique en élevage de porc

Une étude récente européenne montre que la durabilité économique des systèmes intensifs et extensifs ne suit pas une recette…

<em class="placeholder">Philippe Lirzin et son collègue Loïc Perrot ont testé le détecteur portatif G7c à la station de Crécom. « On travaille plus sereinement, notamment lors des week-ends ...</em>
Exposition aux gaz : un dispositif d’alarme travailleur isolé testé à la station porcine de Crécom

Le détecteur portatif G7c, proposé par GazDetect, et testé à la station de Crécom, assure un suivi à distance des travailleurs…

[VIDEO] Rentabilité : « Mon meilleur investissement est un siège rotatif pour faciliter les soins des porcelets »

A Plomodiern, dans le Finistère, l'EARL Gurvan Philippe utilise un siège rotatif lors des soins en maternité. Posé sur la…

Publicité
Titre
OFFRE SPÉCIAL PRINTEMPS
Body
A partir de 86,40€/an​
Liste à puce
Profitez de notre offre Printemps: -20% jusqu'au 05 avril 2026! Code Promo : OFFRE_PRINTEMPS_2026
Version numérique de la revue Réussir Porc
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Filière Porcine
Newsletter COT’Hebdo Porc (tendances et cotations de la semaine)