Aller au contenu principal

Faire évoluer le financement des bâtiments porcins

Face à l’évolution des besoins en financement des élevages porcins, plusieurs solutions sont envisageables. Les banques aimeraient plus de garanties et plaident pour la transmission progressive.

« Les éleveurs de porcs ont besoin de renouveler leurs bâtiments et d’en construire, a souligné Mickaël Guillou, président du Comité Régional Porcin des Pays de la Loire, lors d’une table ronde sur le financement des bâtiments porcins. Et avec l’augmentation de taille des élevages, les maternités collectives et l’explosion du prix des matériaux, les besoins en capitaux sont plus élevés. »

Lire aussi Construire un bâtiment d’élevage : quelles sont les réglementations à respecter ?

Augmenter les fonds propres

Les banques restent les principaux partenaires des éleveurs. En général, elles ont confiance en l’élevage porcin. « Le porc est une protéine peu chère et est important pour la souveraineté alimentaire » estime Dany Bricaud, responsable Marché de l’agriculture au Crédit Agricole Atlantique-Vendée. « Les éleveurs de porcs sont très bons techniquement et habitués au monde libéral » constate Arnaud Lebouvier, responsable Marché de l’agriculture au Crédit Mutuel Maine-Anjou Basse-Normandie. Les banques ont déjà fait évoluer les financements. « Les matériaux étant plus durables, nous avons augmenté les durées de financement, indique Dany Bricaud. Il y a aussi la possibilité de pauses dans les annuités et de modulation des échéances sans changement des conditions. » Mais les banques souhaiteraient pouvoir s’appuyer sur d’autres partenaires. « Aujourd’hui pour un projet porcin, il y a souvent deux ou trois banques, note Arnaud Lebouvier. Les parents qui transmettent à un enfant peuvent aussi laisser leurs capitaux plus longtemps pour consolider ses fonds propres. » « Et hors transmission familiale, la transmission progressive est une solution pour que le repreneur consolide ses fonds propres qui permettent d’amortir les crises » insiste Dany Bricaud. Des financements extérieurs peuvent aussi être envisagés. « Il faut développer des solutions comme le Fonds Européen d’Investissement, qui offre plus de garanties aux banques » estime Arnaud Lebouvier. « Dans l’industrie, il y a souvent des investisseurs extérieurs, des fournisseurs par exemple » ajoute Dany Bricaud.

Sécuriser par la contractualisation

Une solution choisie par Lucas Bernier pour réduire les coûts est l’auto-construction. Installé le 1er janvier 2026 avec son père, en Maine-et-Loire, il a ainsi bénéficié de travaux faits avant son installation. En 2020-2021, son père a investi pour agrandir la maternité et passer en cases liberté. « Tout a été fait en auto-construction, indique-t-il. Les travaux ont pris six mois, mais ont beaucoup réduit les coûts. La création de 40 places de maternité a coûté 210 000 €, contre 450 000 € s’il avait fait appel à entreprise. » À court terme, l’éleveur veut construire 900 places d’engraissement et post-sevrage. « Le coût de construction par des artisans est estimé à 700 € la place, dont 100 € pour l’aménagement intérieur. Notre objectif est donc de faire les travaux nous-mêmes. »

Financer l’outil mais pas le foncier peut aussi réduire le besoin en capitaux, même si le lien au sol rassure parfois les banques. Car celles-ci, face à des investissements élevés, souhaiteraient plus de garanties sur les projets. « Il faut sécuriser les élevages par la contractualisation » estime Arnaud Lebouvier. Un système d’assurance du prix payé à l’éleveur pourrait aussi être envisagé. Et au-delà des capitaux, une transmission progressive des savoir-faire sous forme de parrainage pourrait rassurer les banques, savoir-faire portant sur l’élevage, mais aussi la production de céréales, la fabrication d’aliment à la ferme, l’administratif, la gestion d’entreprise, le management.

Des aides des régions

Au-delà de la DJA, des aides peuvent être apportées par les régions. « En Pays de la Loire, le PCAE Porc, cofinancé à 60 % par l’Europe et 40 % par la région, aide tous les investissements à hauteur de 30 %, 40 % pour les JA, avec un plancher d’investissement de 10 000 € et un plafond de 80 000 € ou 100 000 € avec de la biosécurité » indique Florence Desillière, du Conseil Régional. Depuis 2023, l’auto-instruction n’est par contre plus éligible au PCAE. Des prêts à taux zéro avec remboursement sur 5 ans sont aussi possibles, à hauteur de 25 000 € pour les JA et 35 000 € pour les plus de 40 ans. Des aides non négligeables, mais qui restent limitées pour des projets comme les maternités collectives. « En 2028, il y aura une nouvelle PAC et sans doute un nouveau PCAE, analyse Florence Desillière. Et peut-être faut-il d’autres leviers pour les maternités collectives. »

Rédaction Réussir

Les plus lus

<em class="placeholder">Emmanuel Commault, directeur Cooperl et Bernard Rouxel, son président : &quot;Si l’on veut retrouver de la souveraineté, il faut accepter que les fermes puissent s’agrandir, ...</em>
Cooperl : « Nos élevages de porc à capitaux familiaux doivent pouvoir s’agrandir »

Engagé dans une stratégie de durabilité, Cooperl mise sur la montée en gamme de sa production. Pour rentabiliser les…

<em class="placeholder">Laurent Ferchal (2° à gauche succède à François Pot (2° à droite) à la présidence du Marché du porc français. Ils sont entourés de Julien ligneau, responsable ...</em>
Une nouvelle gouvernance au Marché du porc français

L’outil de Plérin change de présidence et veut renforcer sa représentativité.

<em class="placeholder">Le secteur de la charcuterie espagnole est essentiellement porté par son image de marque.</em>
L’industrialisation de l’agroalimentaire porcin espagnol

Pour comprendre l’incroyable croissance de la filière porcine espagnole, s’intéresser à l’industrialisation de l…

<em class="placeholder">Les dirigeants de Porc Armor Evolution réunis à l&#039;occasion de l&#039;assemblée générale le 21 juin à Locminé (Morbihan). </em>
L’activité du groupement Porc Armor a progressé de 6 % en 2025

Porté par une activité dynamique en 2025, le groupement Porc Armor Évolution renforce son offre de services, notamment pour…

91 % des éleveurs porcins se déclarent fiers de leur métier

Selon une enquête réalisée auprès de 215 chefs d’exploitations d’un élevage d’au moins 300 porcs, la très grande majorité des…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Porc
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Filière Porcine
Newsletter COT’Hebdo Porc (tendances et cotations de la semaine)