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En Bretagne, les élevages porcins maintiennent des assolements dominés par le maïs et le blé malgré les ambitions de diversification.

Les éleveurs porcins bretons recherchent l’autonomie alimentaire. La majorité souhaite sécuriser leur approvisionnement avec des assolements largement centrés sur le maïs et le blé.

<em class="placeholder">L’objectif principal des éleveurs « fafeurs » est de sécuriser leur approvisionnement en céréales.</em>
L’objectif principal des éleveurs « fafeurs » est de sécuriser leur approvisionnement en céréales.
© Chambre d'agriculture de Bretagne

La fabrication d’aliments à la ferme est aujourd’hui bien installée en élevage porcin breton, avec des objectifs clairs : valoriser les productions végétales de l’exploitation, réduire la dépendance aux marchés extérieurs et mieux maîtriser le coût alimentaire.

Dans un contexte de transition agroécologique et de politiques publiques encourageant la diversification des cultures, la chambre d’agriculture de Bretagne a réalisé une enquête auprès de 21 éleveurs de porcs fafeurs bretons pour comprendre leurs stratégies d’assolements.

1-Maïs et blé, toujours au cœur des systèmes FAF

Premier enseignement de l’étude : la forte prédominance du duo maïs – blé dans les assolements des éleveurs porcins spécialisés. En effet, le premier groupe « système blé-maïs » est composé de 57 % des enquêtés et se caractérise par un assolement majoritairement occupé par le blé et le maïs à hauteur de 79 %, et des rotations courtes maïs/céréale ou maïs/céréale/céréale. Ces choix répondent avant tout à une logique de sécurisation de l’alimentation des porcs. Le maïs reste la base énergétique incontournable des rations, tandis que le blé ou l’orge viennent compléter l’équilibre alimentaire. Le tourteau de soja arrive en tête des apports protéiques pour couvrir les besoins protéiques, tant pour ses qualités nutritionnelles que pour sa compétitivité économique. Lorsque des cultures comme le colza ou les légumes apparaissent dans les rotations, c’est souvent de manière opportuniste, sur quelques parcelles seulement. L’objectif est alors moins nutritionnel qu’administratif, afin de répondre aux exigences de la PAC et d’accéder à l’éco-régime.

2-Des systèmes plus diversifiés, mais encore minoritaires

À côté de ce modèle majoritaire, l’étude met en évidence un second groupe d’élevages (33 %) aux assolements plus diversifiés qui intègrent davantage de cultures dans leurs rotations : triticale, colza, et parfois féverole. Ces éleveurs font le choix de rotations plus longues pour limiter la pression de maladies, des adventices et mieux répartir les risques agronomiques. Ces pratiques s’inscrivent également dans une volonté de répondre aux attentes environnementales et aux orientations des politiques publiques. Cette diversification n’est toutefois pas sans conséquences sur l’organisation du travail. Les itinéraires techniques se complexifient et nécessitent une plus grande implication des salariés dans les travaux des champs, contrairement aux systèmes plus spécialisés qui s’appuient largement sur les entreprises de travaux agricoles.

 

<em class="placeholder">Graphique = Des assolements majoritairement occupés par du blé et du maïsTrois types d’assolements en élevage de porcs bretons</em>

3-Les exploitations mixtes, un cas à part

Le troisième profil identifié concerne les exploitations mixtes associant porcs et bovins (10 %). Pour celles-ci, l’assolement est largement conditionné par les besoins alimentaires du troupeau bovin, avec une place importante accordée aux prairies, à la luzerne et au maïs fourrage. Ces systèmes se distinguent nettement des élevages porcins spécialisés, tant par la diversité des cultures que par la logique globale de l’exploitation.

4-L’autonomie alimentaire freinée par la réalité du terrain

Si la moitié des éleveurs interrogés expriment le souhait de renforcer leur autonomie alimentaire, les marges de manœuvre restent limitées. Le manque de surface disponible, les capacités de stockage insuffisantes et la rentabilité incertaine de certaines cultures constituent des freins majeurs. L’introduction de protéagineux dans les assolements, souvent présentée comme un levier pour réduire les importations de soja, demeure marginale. Les éleveurs pointent des cultures techniquement exigeantes, peu sécurisées économiquement et parfois mal adaptées aux équipements de FAF existants. Le tourteau de soja, avec ses intérêts nutritionnels, et économique fréquemment, conserve une place centrale dans les rations, malgré les enjeux de souveraineté protéique.

Constance Drique, constance.drique@bretagne.chambagri.fr

« Des choix révélateurs des stratégies d’exploitation »

Constance Drique, chambre d’agriculture de Bretagne

Cette enquête met en lumière des systèmes d’assolement fortement liés au degré de spécialisation des exploitations porcines. Sécurisation des volumes de céréales, organisation du travail, contraintes réglementaires et réalités économiques guident largement les décisions des éleveurs. Si la diversification des cultures progresse à la marge, notamment sous l’effet des politiques publiques, les verrous techniques et économiques restent bien présents. Pour accompagner l’évolution des systèmes FAF, les leviers à activer dépassent donc largement le seul choix des cultures : accompagnement technique, adaptation des outils de FAF et sécurisation économique apparaissent comme des conditions clés pour aller plus loin.

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