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Cooperl s’engage vers une alimentation des porcs sans pesticides

Le groupe lamballais a contractualisé 800 hectares de céréales non traitées avec une centaine d’agriculteurs. L’objectif est de développer une gamme de produits Brocéliande portant la mention "céréales cultivées sans pesticides".

Cooperl anticipe la mise en place de règlements futurs plus contraignants en matière de pesticides, et une demande grandissante des consommateurs. © G. Omnès
Cooperl anticipe la mise en place de règlements futurs plus contraignants en matière de pesticides, et une demande grandissante des consommateurs.
© G. Omnès

Le groupe Cooperl, leader français du cochon (2 950 éleveurs pour 5,7 millions de porcs produits, 2,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires), également fabricant d’aliments du bétail (1,3 million de tonnes à l’année) a contractualisé avec une centaine d’agriculteurs pour 800 hectares de céréales non traitées dans une démarche maison appelée ENVI, une certification à la parcelle. De quoi nourrir des pondeuses et 300 à 400 porcs par semaine pour l’instant, et valoriser œufs, jambons, bientôt des lardons (marque Brocéliande) avec le logo « Agriculture alternative » et la mention « céréales cultivées sans pesticides » dans plusieurs enseignes de la grande distribution.

Une charte environnementale basée sur le référentiel HVE

Le groupe a par ailleurs développé sa propre charte environnement Cooperl calée sur la certification environnementale de l’État et propose à ses adhérents d’entrer dans le référentiel Haute Valeur Environnementale (HVE). À ce jour, sa charte compte près de 200 producteurs engagés, le HVE une dizaine. Par cette stratégie annoncée lors du salon de l’agriculture 2020, le groupe costarmoricain anticipe la mise en place de règlements futurs plus contraignants en matière de pesticides, et une demande grandissante des consommateurs. « Il nous fallait agir pour ne pas se retrouver dans des impasses techniques », souligne le président de Cooperl, Patrice Drillet. "Le groupe est entré dans la démarche avec un dispositif large et progressif pour que chaque producteur puisse s’engager à son rythme". Étape initiale, l’auto-diagnostic Ginkco permet de s’assurer que l’exploitation peut être certifiée. La première certification, c’est la charte environnement Cooperl qui met en place des obligations de moyens, des outils de traçabilité des pratiques culturales à partir du cahier de fertilisation et du registre phytosanitaire. « Cette certification constitue un sas vers le HVE (Haute valeur Environnementale), explique Gildas Le Fessant, responsable agrofournitures de Cooperl. Elle fixe des obligations de résultat (traitements phytosanitaires abaissés de 50 % par rapport à 2014, implantation de bandes enherbées, de haies, etc. pour privilégier la biodiversité, la bonne gestion de l’eau, etc.) ». Certifiant toute l’exploitation, le HVE implique forcément des changements de pratiques.

Un objectif de 10 000 hectares garantis "sans pesticides"

Pour les trois niveaux de certification, Cooperl apporte des bonifications : 3 euros la tonne de blé pour la certification en charte environnement Cooperl, 15 euros la tonne en HVE et 47 euros la tonne pour ENVI. Gildas Le Fessant précise que les plus-values sont cumulables si l’éleveur est certifié sur les trois niveaux. Par ce dispositif et le conseil des équipes sur le terrain, la coopérative entend monter rapidement puissance. D’ici à 2025, Cooperl espère que la moitié de sa collecte de céréales proviendra de fermes certifiées en charte environnement Cooperl ou HVE, et que sa démarche ENVI concernera 10 000 hectares. De quoi nourrir 6 000 cochons par semaine avec un aliment sans pesticides. D’ici, le groupe coopératif aura réalisé des investissements en termes de stockage dédié et de spécialisation de lignes dans ses usines de nutrition animale de Plestan et Vitré.

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