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Cooperl recrute des compagnons salariés

Pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre dans les élevages, Cooperl se lance dans une démarche ambitieuse qui englobe la détection des candidats et leur formation en apprentissage.

Alexia Renvazé coordinatrice du projet « compagnons Cooperl » (à gauche), Nona Barazer, conseiller en communication, Yann Henry, directeur du groupement Cooperl et Mélanie Ballay, responsable marketing groupement et nutrition animale Cooperl «L’idée est de promouvoir à terme une communauté de salariés afin de créer une émulation.».
© D. Poilvet

Avec son nouveau concept « Compagnons Cooperl », la coopérative lamballaise vise à recruter et à former les futurs salariés des élevages adhérents à la coopérative lamballaise. « Nous avions recensé il y a deux ans une centaine de postes non pourvus parmi nos adhérents », indique Yann Henry, le directeur du groupement. « Cette pénurie de main-d’œuvre pose problème. Elle désorganise le travail dans les élevages et pénalise les résultats. Certains éleveurs révisent à la baisse leurs projets de développement ». Pour pallier à ce manque, une organisation décentralisée a été mise en place. Neuf techniciens désignés « pilotes ressources humaines (RH) », un par zone de production du groupement, sont chargés d’identifier les besoins en main-d’œuvre. Leur travail consiste également à recenser les candidats disponibles dans la région. « Une telle organisation décentralisée est indispensable, car les salariés sont généralement peu mobiles », justifie Alexia Renvazé, coordinatrice du projet « compagnons Cooperl ». Cette organisation a permis dans un premier temps de diviser le nombre de postes vacants par deux. « Mais se servir sur le marché ne résout en rien le manque structurel de main-d’œuvre. Nous avons donc décidé de mettre en place la démarche « Compagnons Cooperl », poursuit-elle. Cette démarche a pour objectif de sensibiliser les candidats potentiels au métier de salarié en élevage de porc. Les pilotes RH vont présenter la production porcine dans les écoles dès la quatrième. Des stages de découverte sont proposés aux élèves de troisième. Des visites d’élevage sont aussi organisées pour des adultes en reconversion professionnelles. Des actions ponctuelles, comme par exemple la projection d’un film au Space, permettent de sensibiliser d’éventuels candidats.

Transmettre les valeurs de la coopérative

Vient ensuite la phase de formation, via l’apprentissage, qui dure entre siw mois et deux ans. Cette formation se fait dans chaque région via les structures existantes, CFA ou lycées agricoles. « Nous leur proposons également une formation interne à la Cooperl. L’objectif est de leur transmettre les valeurs de la coopérative », indique Mélanie Ballay responsable marketing au groupement. « L’idée étant de promouvoir à terme une communauté de salariés afin de créer une émulation entre eux ». Pour les accueillir durant leur formation, des éleveurs « maîtres compagnons » sont formés au management. « Nous avons pour objectif de couvrir le coût de la formation par le collectif Cooperl », explique Yann Henry. Le budget global de cette opération est conséquent : « entre 100 000 et 200 000 euros par an en fonction des besoins et des profils, pour un objectif d’une dizaine de salariés formés ».

Du côté des éleveurs, Cooperl met en place une série de recommandations pour améliorer les conditions d’accueil : organisation de l’élevage et du travail, propreté des locaux techniques, prise en compte du salariat féminin… « Il y a un réel effort à faire à ce niveau pour attirer les salariés », estime le directeur du groupement, qui souligne que les salaires appliqués sont généralement d’un bon niveau. « Aujourd’hui, les freins à l’embauche sont plutôt liés à l’image négative de la production et à des conditions de travail pas toujours optimales. À nous de prendre ces deux problèmes à bras-le-corps pour que cela change », conclut-il.

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