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Comment gérer le stress en élevage de porcs

Une mauvaise gestion du stress du porc affecte son bien-être et celui de l’éleveur. Des gestes simples permettent de l’atténuer.

Le stress a de nombreuses conséquences sur l’animal d’élevage quand il est mal géré.

Lire aussi Savoir reconnaître le stress du porc en élevage

Il faut donc tout mettre en œuvre pour l’atténuer au maximum afin d’apporter plus de bien-être aux animaux mais aussi plus de facilité et de sécurité dans le travail au quotidien. Nous illustrerons les situations de stress par deux exemples fréquents en élevage : la mise en groupe des truies et le déplacement des porcs charcutiers.

Limiter le stress hiérarchique à la mise en groupe des truies

Le porc est un animal grégaire et hiérarchique. Suite à la période de blocage en verraterie, les truies vont donc établir une hiérarchie lors de la mise en groupe qui dure environ 48 heures et qui passera par certains affrontements. Ces tensions entre animaux sont naturelles. Pour limiter leurs conséquences négatives (boiteries, griffures, impact sur état général…) il faut réussir à tout mettre en place afin de les atténuer.

– Il ne faut pas baisser les rations alimentaires au moment de la mise en groupe. Au contraire, une augmentation d’environ 10 % pendant 3 jours évite une compétition alimentaire qui accentuerait le stress hiérarchique, et permet d’apporter de la satiété aux truies. Ce sentiment contribue à calmer les truies : elles vont ainsi se reposer et cherchent moins la compétition avec les congénères. L’accès à l’eau en permanence est aussi important afin de subvenir à la variabilité des besoins individuels.
 
– Un environnement bien aménagé va également contribuer à limiter les bagarres (zones de vie bien séparées, aires de repos bien délimitées et nombreuses séparations). En effet, les truies se couchent le long des cloisons, des murs. Ces zones sont assimilées à des « refuges ». L’enrichissement du milieu permet également d’assouvir les besoins naturels du porc qui explorent son milieu pour la recherche d’aliments mais aussi par curiosité. Ainsi occupées, les truies sont moins agressives entre elles.
 
– Établir des groupes stables et de même gabarit est essentiel : séparer les jeunes et les plus petits gabarits des plus gros gabarits, souvent les multipares. En effet, la hiérarchie s’établit dans la plupart des cas par rapport de force. Il faut réussir à obtenir très rapidement une hiérarchie stabilisée. Pour cela, lors de bagarres trop importantes qui risquent de dégrader l’état général de certains animaux, il est préférable de retirer les moins dominantes. Si les plus dominantes sont retirées du groupe, la hiérarchie doit se rétablir et les conflits recommencent.
 
– La pulvérisation de répulsif ou de phéromones est utilisable en dernier recours. La truie libère au moment de la mise bas une substance maternelle appelée phéromone, diffusant un message apaisant pour les porcelets. L’utilisation de ces phéromones, à certains moments de stress comme la mise en groupe des truies, permet d’apaiser et de limiter la nervosité des truies. Par exemple, le Secure Pig Flash est à pulvériser sur l’encolure de chaque truie 4 à 5 heures avant le regroupement des animaux. Il faut, comme pour les répulsifs, renouveler souvent l’application. Pour le Secure Pig Flash, on conseille de le renouveler 5 jours après la mise en groupe.
 
 

Ne pas perturber les porcs charcutiers lors des transferts

Le déplacement des porcs charcutiers est une étape fréquente en élevage et qui peut être chronophage et génératrice de stress pour les porcs et le manipulateur, si le déroulement ne se passe pas comme prévu. Respecter les bonnes pratiques réduit le temps de travail, améliore la qualité de travail et limite le stress tant pour les animaux que pour les manipulateurs.

Comment gérer le stress en élevage de porcs

Pour faciliter cette étape, un certain nombre de conseils peut s’avérer important.

– Le porc est un animal sociable, il n’aime pas être seul. Il est donc préférable de le déplacer en petits groupes.
 
- C’est aussi un animal curieux et néophobe (il a peur de ce qui est nouveau pour lui). Il faut donc veiller à avoir un couloir dépourvu d’objets ou d‘obstacles qui pourraient le perturber, l’inquiéter ou éveiller sa curiosité. Il est également préférable de l’habituer au contact avec l’Homme en créant une relation de confiance avec lui. Aller régulièrement dans les cases en marchant calmement l’habitue à votre présence et diminue la zone de fuite.
 
– Le porc est très sensible aux changements d’environnement : courants d’air, écart de température, bruits soudains, changement de sol… Il est attiré par la lumière, sauf si elle est éblouissante. Par ailleurs, il a une mauvaise acuité visuelle. Son champ de vision est large (310°) mais sa vision binoculaire n’est que de 50°. Son point de balance se situe au niveau des épaules. Compte tenu de ces éléments, il faut se positionner à l’arrière du point de balance mais pas dans son angle mort afin de ne pas l’apeurer.
 
– Il est important d’utiliser du matériel non blessant et qui ne génère aucune détresse. Utiliser un panneau et une rame à billes permet de générer des stimulus auditif et visuel, le bâton électrique est évidemment à proscrire. Le manipulateur doit être calme, éviter de crier, avancer au rythme des animaux.
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