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« Des performances exceptionnelles avec la nouvelle maternité de notre élevage de porcs »

Vincent et Roger Prat atteignent des niveaux de performance très élevés depuis la mise en service de leur nouveau bloc naissage construit en 2019.

« Quelle progression ! On change de monde depuis la mise en route du nouveau parc bâtiment naissage, avec des performances techniques exceptionnelles », souligne Stéphane Jouanno, technicien Cooperl en charge du suivi du Gaec de Kervihan à Gouezec, dans le Finistère.

Les résultats sont effectivement impressionnants : 18,25 porcelets nés totaux par portée, 17,01 nés vivants et 14,66 sevrés par portée sur la période août 2022-juillet 2023. « En moins de trois ans, l’élevage s’est hissé au niveau des 10 % meilleurs du groupement sur les leviers majeurs de la GTTT », commente le technicien.

Installation en 2019

Ces résultats sont le fruit d’une restructuration efficace de l’élevage de porcs du Gaec engagée depuis l’installation en 2019 de Vincent Prat aux côtés de Roger, son père. Le terrain avait été préalablement bien préparé, avec la construction de post-sevrages et d’engraissements en 1985 et 2015 sur un terrain situé à l’écart de la ferme familiale, trop enclavée pour être développée. Cependant, le bloc naissage vieillissant ne permettait pas d’obtenir de bonnes performances. Décision est prise en 2017 de le délocaliser en prévision de l’installation de Vincent et de construire un nouveau bloc de 200 truies conduites en quatre bandes de 44 truies à la mise bas. Le cheptel a été entièrement renouvelé avec l’introduction de cochettes assainies. L’unique salle de maternité de 40 places + quatre places tampon a été largement inspirée de celle de Jean-Baptiste Belloeil à Lanfains, dans les Côtes-d’Armor, le multiplicateur Nucléus qui approvisionne l’élevage en cochettes (voir Réussir porc octobre 2019 page 26). Elle est composée de deux rangées de truies bloquées en cases balance avec des couloirs à l’avant et à l’arrière pour favoriser l’accès aux animaux. « En un coup d’œil, j’ai une vision complète de toutes les truies quand j’entre dans la salle, apprécie Béatrice Droniou, la salariée de l’élevage en charge de la maternité. Les cases balance apportent beaucoup de sérénité au moment des mises bas et elles sécurisent les performances en limitant les pertes sur nés vivants. » Ce qui n’empêche pas Roger et Vincent de prendre le relais de la surveillance et des soins les jours de mises bas, dès six heures du matin. Les porcelets disposent d’une plaque chauffante à eau chaude qui récupère les calories de l’air extérieur via une pompe à chaleur. Leur confort est assuré à la mise bas par une lampe supplémentaire à l’arrière et des tapis en chanvre de part et d’autre de la truie. Dès que le porcelet naît, il est essuyé avec des copeaux avant d’être mis à la tétine.

 

Alimentation des truies individualisée

L’aliment est distribué à sec avec un système individualisé (Windtofeed de Tuffigo-Rapidex). L’état d’engraissement des truies est évalué par les épaisseurs de lard dorsal (ELD) à l’entrée et la sortie de la maternité (respectivement 19,8 et 15,9 mm en moyenne). « Les niveaux d’ELD sont satisfaisants et les truies sont homogènes, estime Stéphane Jouanno, ce qui démontre que le cheptel est très bien conduit sur le plan alimentaire. » Les truies bénéficient également d’une alimentation individualisée en gestante avec le système Moduloself grâce à une identification électronique à l’oreille. « La pose de ces boucles sur les cochettes réalisée pour l’instant à leur arrivée se fera dans un futur proche chez le multiplicateur », affirme Rémy Chemin, le responsable génétique Cooperl. « Le suivi des performances des reproductrices pourra ainsi se faire individuellement depuis leur arrivée jusqu’à la réforme. Ces données permettront de consolider la valeur génétique des individus de race pure constituant les lignées génétiques du schéma Nucléus. » Ces résultats techniques sont répertoriés dans l’application C-Suite utilisé à la fois par Béatrice et les deux éleveurs sur l’ensemble de l’élevage. « L’arrivée du digital dans les élevages a révolutionné le métier d‘éleveur, estime Vincent. Je saisis en direct les performances de chaque truie sur mon téléphone », abonde Béatrice. Au sevrage, l’application suggère une liste de truie à réformer en fonction de leurs performances passées. « Elle est identique à la mienne, preuve de la fiabilité du système », apprécie-t-elle. L’application sert aussi à noter les événements nécessaires à la validation des cahiers des charges liés à la commercialisation des porcs charcutiers, tels que les traitements médicamenteux et les mouvements d’animaux. « C’est important car au-delà des plus-values techniques et de traçabilité VPF, celles apportées par les cahiers des charges Cooperl rapportent 7,7 centimes par kilo de carcasse », souligne Stéphane Jouanno.

Un nouvel engraissement en prévision

Au-delà de ces plus-values, les éleveurs se réjouissent des performances en engraissement avec un indice de consommation économique de 2,51 sur un an (mâles entiers), un poids de carcasse de 96 kg froid et un TMP de 61,3. « Sur un an, nous avons commercialisé 587 tonnes de viande, pour un objectif à mon installation de 474 tonnes. La différence provient du niveau de productivité élevé de nos truies », analyse Vincent. Revers de la médaille, la capacité d’engraissement de l’exploitation est insuffisante, et le recours au façonnage est systématisé. « Le prochain investissement sera la construction d’un nouvel engraissement de 1 000 places pour garder tous les porcelets chez nous. » La conception du bâtiment n’est pas encore définie. « Il faudra peut-être investir dans des Tracs (racleurs en V) pour exporter la fraction solide et ainsi éviter d’avoir à traiter le lisier. » L’éleveur souligne aussi que cet engraissement pourrait contribuer à réduire la dépendance énergétique de l’élevage en installant de la lisiothermie sous les préfosses qui récupère les calories du lisier. Une méthanisation passive de type Nénufar sur fosse à lisier est aussi envisageable pour remplacer la pompe à chaleur actuelle qui produit l’eau chaude pour la maternité. En parallèle, le jeune éleveur exploite 180 hectares de SAU. Mais il ne compte pas investir dans la FAF. « Ce n’est pas la priorité du moment. Les axes de progrès sont nombreux, et les objectifs des prochaines années vont être d’optimiser l’exploitation par rapport aux ressources disponibles afin d’en tirer un maximum de revenu. »

Rémy chemin, responsable génétique Cooperl

 
technicien génétique cooperl
Rémy chemin, responsable génétique Cooperl © D. Poilvet

« Un effort de sélection important sur le poids des porcelets à la naissance »

« La valeur génétique QMAT est essentielle pour la sélection des truies des lignées femelles du schéma génétique Nucléus. Elle intègre trois critères : le comportement des truies à la mise bas et tout au long de la maternité, la qualité des porcelets à la naissance (en particulier le pourcentage de porcelets de plus de 1 kg) et le taux de survie des porcelets en maternité. Cela fait plus de dix ans que les sélectionneurs des lignées femelles Nucléus pèsent tous les porcelets à la naissance. Le critère « pourcentage de petits porcelets à la mise bas » est un critère très discriminant dans la sélection des animaux. L’ensemble des femelles et verrats gardés sont sélectionnés sur ce critère. Grâce à ce travail de sélection génétique, la part des porcelets de poids inférieur à 1 kg à la naissance a baissé de 5 % en cinq ans et ça va continuer ! »

Fiche élevage

Gaec de Kervihan à Gouezec (Finistère)

2 associés (Roger et Vincent Prat)
1 salariée
200 truies naisseur-engraisseur partiel
Conduite en 4 bandes sevrage à 21 jours
170 hectares de SAU
Groupement, aliment : Cooperl
Génétique : Nucléus (cochette Sérénis et verrat Piétrain)

Repères

Les cahiers des charges Cooperl du Gaec de Kervihan

CEC (charte environnement Cooperl) : certification environnementale de niveau 2 reconnue par le ministère de l’Agriculture. C’est une étape vers la HVE (haute valeur environnementale).
RSE : démarche de responsabilité sociétale des entreprises mise en place par Cooperl et basée sur cinq piliers (qualité de vie au travail, bâtiment/environnement, nutrition, santé, bien être animal).
PSA Chine : porcs sans antibiotiques à partir de 42 jours avec un volet sanitaire accentué.

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