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Axiom se lance dans l’arrêt de la caudectomie des porcelets

À Usson-du-Poitou dans la Vienne, un des élevages de sélection des lignées femelles d’Axiom s’est engagé dans une démarche d’arrêt de la coupe systématique des queues des porcelets.

salarié élevage de sélection axiom
Olivier Thomas (à droite) et Pascal Trichet, de l'élevage de sélection Axiom de Chanteloup : «Les fondamentaux de l'élevage nous permettent d'arrêter la coupe systématique des queues.»
© D. Poilvet

« Dans nos élevages de sélection, les fondamentaux sont respectés pour réussir l’arrêt de la coupe systématique des queues des porcelets », analyse Clément Girres, directeur France Axiom : « un chargement de 0,8 m2 par porc en engraissement, suffisamment de place à l’auge et un abreuvement de qualité, une surveillance importante des animaux, un excellent sanitaire et des aliments sécurisés. »

Ce qui fait dire à Olivier Thomas, le chef de l’élevage de sélection de Chanteloup dans la Vienne qu’aucune mesure spécifique n’a été mise en place depuis qu’il a initié l’arrêt de la caudectomie. « Aujourd’hui, nous ne coupons plus la queue de 30 % des porcelets. L’objectif est d’arriver à 100 % dans très peu de temps. » Le responsable des post-sevrages, Pascal Trichet, souligne que la création d’un nouveau bâtiment pour les porcelets sevrés mis en service en décembre 2022 facilite son travail. « La ventilation de qualité, le confort apporté par les caillebotis chauffants et les nourrisseurs largement dimensionnés procurent des conditions d’élevage excellentes. » Les rares cas de caudophagie se déclenchent plutôt en engraissement. « On peut observer quelques lésions après 150 jours d’âge, consécutives à des mélanges de cases suite au testage et à la sélection des animaux, fait remarquer Olivier Thomas. Nous appliquons alors un répulsif cicatrisant. » En règle générale l’application de ce protocole résout rapidement le problème. « Il faut cependant être vigilant pour éviter l’apparition d’autres cas. » Olivier Thomas met l’accent sur l’utilité des jouets mis en place dans les cases. « Nous utilisons des objets en forme d’étoile en post-sevrage et des morceaux de bois suspendus en engraissement. Ces derniers sont très efficaces. Mais ils peuvent s’avérer encombrants pour les salariés quand ils entrent dans les cases. » Après l’étage de sélection, c’est désormais tout le réseau de multiplication du schéma Axiom qui se lance dans l’arrêt de la coupe des queues.

Fiche élevage

504 truies productives Axa en sélection et multiplication (production de Vénus)

8 UTH + 1 apprentie

Comprendre pourquoi le mordu se laisse faire

« Beaucoup d’études décrivent la caudophagie sous l’angle de l’agression », souligne Guillaume Lenoir, directeur génétique Axiom. « Mais tous les porcs mordillent leur environnement. Est-ce que le défaut n’est pas plutôt de se laisser mordre ? » En partant de ce postulat, Axiom a fait le choix de s’intéresser au porc mordu et non au mordeur pour qualifier un comportement à risque. Pour cela, toute trace de morsure récente ou passée présente sur les animaux issus des élevages de sélection est enregistrée depuis 2012. Ces observations se font en même temps que le contrôle morphologique, la pesée et les mesures de contrôle. « Avec 80 000 données enregistrées, il s’agit de la plus grande base de données connue sur le sujet. » L’objectif est d’étudier l’aptitude d’un animal à accepter ou résister à la caudophagie. En parallèle, Axiom travaille avec ses sélectionneurs sur l’adaptation de l’environnement aux animaux pour limiter les risques d’agression. « Nous avons construit un audit dont l’objectif est d’identifier les facteurs aggravants de ce comportement, et de soumettre aux éleveurs des recommandations pour l’éradiquer », explique François Guignard, expert technique et génétique du groupe Axiom. Cet audit a progressivement été étendu aux multiplicateurs, et désormais aux éleveurs clients. Il se base sur une observation des animaux et de leur environnement. « Le bien-être animal est un optimum d’élevage avant d’être une loi », rappelle le technicien. « Il faut aussi retenir que la vérité d’un jour n’est pas celle du lendemain, et qu’une remise en question permanente est un gage de réussite de l’arrêt de la coupe des queues. »

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