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" Avec mon noyau de truies GP, je renforce la biosécurité de notre élevage"

Le noyau de 40 truies Large-White du Gaec du Goadec renforce la biosécurité de l’élevage et assure le progrès génétique du troupeau reproducteur. Il permet d’introduire à chaque cycle sept cochettes dans chacune des dix bandes de 44 truies.

Depuis 2017, Mathieu et Bertrand Goachet, associés au sein du Gaec de Goadec à Coat-Méal, dans le Finistère, ont constitué un noyau de 40 truies Large-White fournies par le schéma génétique Topigs Norsvin.

Lire aussi L’Iberduroc de Topigs est sélectionné sur la qualité de la viande

« L’objectif initial était de renforcer la biosécurité externe de l’élevage afin de préserver notre statut sanitaire, tout en continuant de bénéficier du progrès génétique comme avec l’achat de cochettes TN70 », explique Mathieu Goachet. Ces truies grand-parentales sont inséminées avec de la semence Landrace pour produire des cochettes F1 destinées au renouvellement de leur cheptel de 500 truies conduites en dix bandes de 44 truies à la mise bas. « Elles sont réparties dans cinq bandes », explique Thierry Perrot, le responsable de l’atelier naissage. « L’objectif est d’en inséminer sept par lot pour assurer un renouvellement suffisant de l’ensemble du troupeau. » Un nombre de truies qui pourrait rapidement baisser à six, car l’objectif est d’introduire sept cochettes par bande de 44 truies à chaque cycle. Selon Thierry Bellec, responsable technique Topigs Norsvin en France, il faudrait en théorie sevrer entre 35 et 40 cochettes F1 à chaque lot pour avoir une marge de manœuvre lors du tri afin de ne mettre à la reproduction qu’entre 60 à 70 % d’entre elles. « Avec l’augmentation constante de la productivité des truies, nous en avons beaucoup plus à disposition », constate Mathieu. Un excès qui pourrait dégrader les performances globales d’engraissement et d’abattage, puisque les issus du noyau de truies grand-parentales non retenues en cochettes peuvent représenter jusqu’à 14 % des porcs charcutiers commercialisés. « Cependant, nos lignées femelles sont très maigres, notamment depuis que nous utilisons le Landrace norvégien Norsvin sélectionné depuis longtemps sur l’indice de consommation et sur la qualité des carcasses, affirme Thierry Bellec. Les issus du croisement de nos deux lignées femelles obtiennent des plus-values techniques de 12 à 13 centimes par kilo de carcasse en moyenne. »

Tri des cochettes à 22 et 26 semaines d’âge

Les petites cochettes F1 sont bouclées avec un numéro individuel au sevrage. Elles sont transférées sur un second site avec les autres porcelets. Elles sont cependant logées dans des cases spécifiques avec des densités moins importantes (15 animaux par case au lieu de 17). Le programme alimentaire est identique à celui des porcs charcutiers. « Par habitude, j’augmente la durée de distribution d’aliment premier âge, même si ce ne sont pas les plus petits porcelets du lot », indique Mathieu Goachet. La labellisation des cochettes est réalisée en fin d’engraissement, à deux âges différents (22 et 26 semaines d’âge, soit 154 et 182 jours) sur la base de leur poids. Thierry Bellec préconise pour l’évaluer simplement sans passer par une bascule de mesurer la circonférence de l’abdomen de la cochette à l’arrière des tétines avec un ruban gradué. Le tri se fait ensuite sur leur aspect général, la qualité des aplombs, de la vulve (pas trop petite), et du nombre de tétines. « Nous évitons notamment de retenir des cochettes présentant des tétines intercalaires. » Grâce à leur identification individuelle, Thierry Perrot souhaite prochainement ajouter à la sélection l’origine maternelle, qui tiendra compte de la qualité des performances des truies grand-parentales et leur capacité à sevrer de belles portées.

14,06 porcelets sevrés par portée

Avant d’être intégrées au troupeau de truies dans la verraterie, les cochettes F1 séjournent entre neuf et douze semaines dans une quarantaine. « Nous retrouvons alors une conduite similaire à celle des élevages qui achètent leurs cochettes : une phase d’observation, suivie d’une phase de contamination, et synchronisation des chaleurs. » « Les performances obtenues au Gaec du Goadec prouvent que le troupeau a suivi le progrès génétique du schéma Topigs Norsvin et de sa truie TN70 », constate Thierry Bellec : 15,86 porcelets nés totaux, 15,11 nés vifs et 14,06 sevrés par portée sur les six derniers mois. Ces performances se caractérisent par des taux de pertes très faibles (11,4 % sur les nés totaux et 7 % sur les nés vivants), « un point fort de la génétique femelle Topigs Norsvin grâce à une sélection basée sur l’autonomie des truies, leur qualité maternelle et leur production laitière ».

Fiche élevage

Gaec du Goadec

Mathieu et Bertrand Goachet
500 truies conduites en dix bandes de 44 truies à la mise bas
Noyau GP de 40 truies Large-White
Introduction de 7 cochettes par bande et par cycle

Avis d’éleveur : Mathieu Goachet, Gaec de Goadec

 
Mathieu Goachet, Gaec de Goadec © D. Poilvet

« Une technique simple à mettre en œuvre »

Nous redoutions la mise en place de l’autorenouvellement dans notre élevage. Mais une visite d’un élevage utilisateur de la génétique Topigs Norsvin et qui renouvelle son troupeau de truies avec un noyau de truies grand-parentales (GP) nous a convaincus. La principale contrainte a été de créer une seconde quarantaine pour accueillir les truies de race pure, qui doit être différente de celle des cochettes croisées autorenouvelées. Le point clé du succès de l’autorenouvellement est l’identification des truies grand-parentales. Il faut aussi évaluer précisément ses besoins en cochettes afin d’inséminer suffisamment de truies GP. Un bon renouvellement du troupeau permet de suivre le progrès génétique du schéma. Par ailleurs, ces truies sont aussi faciles à gérer que les TN70. Elle a le même comportement, ce qui nous permet de les incorporer sans problème dans les lots de truies gestantes selon leur gabarit.

Avis d’expert : Thierry Bellec, responsable technique Topigs Norsvin France

 

 
Thierry Bellec, responsable technique Topigs Norsvin France © D. Poilvet

« Une excellente mesure de protection sanitaire »

45 % des cochettes du schéma Topigs Norsvin utilisées en France sont produites en autorenouvellement dans les élevages de production. Cette technique a un avantage évident en termes de biosécurité externe. En limitant le nombre d’animaux introduits dans l’élevage, il contribue au maintien d’un bon statut sanitaire. Aux Pays-Bas, pour faire face à une épidémie de fièvre porcine classique dans les années 2000, une majorité des éleveurs avait fait le choix de faire de l’autorenouvellement. Cette technique est encore largement privilégiée dans ce pays actuellement, preuve qu’elle donne satisfaction aux éleveurs et qu’elle ne les empêche pas de bénéficier du progrès génétique.

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