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Accès des animaux au plein-air : Comment anticiper l’ouverture d’un bâtiment porcin sur l’extérieur

L’ouverture d’un bâtiment existant sur l’extérieur n’est pas simple à réaliser. Elle peut générer des perturbations du circuit de ventilation existant, à moins d’anticiper les travaux.

Dans la très grande majorité des études consommateurs, l’ouverture des bâtiments d’élevage sur l’extérieur apparaît comme la principale préoccupation.

En production porcine, l’organisation de la chaîne bâtiment (coque fermée et souvent monobloc) ne permet pas de prendre en compte ces nouvelles attentes sur des constructions existantes, ou très difficilement. Dans le cadre du projet BâtiPorc C4E piloté par l’Ifip, plusieurs éleveurs rencontrés ont anticipé ces nouvelles demandes et ont trouvé des astuces pour permettre une ouverture de leur bâtiment classique sur caillebotis intégral dans les prochaines années. Ces éleveurs ont été contraints d’imaginer leur projet en deux temps soit parce que leur trésorerie ne leur permettait pas d’investir immédiatement dans un élevage avec courette soit parce qu’ils ne disposaient pas, pour le moment, d’un contrat leur permettant de correctement valoriser leurs porcs avec un système ouvert (Label Rouge, Agriculture Biologique…).

Revoir la configuration du bâtiment

La principale difficulté lorsqu’on souhaite ouvrir un bâtiment est de trouver une solution pour permettre un accès à une courette à chacune des cases présentes dans la salle. En effet, généralement, le seul mur donnant sur l’extérieur se trouve en fond de salle. Par conséquent, pour permettre un accès à l’ensemble des animaux, il est nécessaire de revoir tout l’aménagement intérieur et l’agencement des cases. Une solution possible est de travailler en grand groupe (entre 100 et 450 porcs par case). Dans ce cas, la salle est composée d’une case unique ou de deux cases (une de chaque côté du couloir central). Il faut alors prévoir un système de tri des animaux et/ou un système d’alimentation avec des DAC. Certains éleveurs restent attachés à une gestion des engraissements en petites cases de douze à quinze porcs. Dans ce cas, il faut revoir la géométrie du bâtiment en espaçant les salles les unes des autres. Ce dégagement permet alors la construction des futures courettes. Afin de ne pas fragiliser la structure de la coque, il est préférable d’anticiper les futures ouvertures. Pour ce faire, il existe deux solutions :

Installation de panneaux béton avec un prédécoupage des portes. Ces panneaux disposent de deux maillages métalliques indépendants mais interconnectés : l’un assure la structure globale du panneau et l’autre est positionné au niveau de la future ouverture. Visuellement, il est possible de voir la délimitation entre les deux lorsqu’on est à l’intérieur du bâtiment. Pour ouvrir le bâtiment, il suffira donc de scier le béton le long de cette trace.
<em class="placeholder">La trace sur le panneau béton correspond à la future trappe d’accès des porcs vers la courette.</em>
Installation astucieuse des fenêtres : lorsqu’une ouverture (qu’il s’agisse d’une porte ou d’une fenêtre) est installée dans un panneau béton, il doit être renforcé pour permettre un report des charges de structure. Par conséquent, il est possible d’installer des fenêtres sur un bâtiment fermé puis de les transformer en porte d’accès vers les courettes lors de l’ouverture de la coque. En positionnant les fenêtres au milieu d’une séparation de case, il est alors possible de créer pour chaque fenêtre installée un accès à deux courettes différentes. Cette ouverture pourra également servir de passage d’homme pour les animaliers.
<em class="placeholder">Anticiper le positionnement des fenêtres permet de réaliser une ouverture des panneaux béton à moindre coût.</em>

Adapter le système de ventilation

L’ouverture d’un bâtiment sur l’extérieur peut fortement perturber la gestion de l’ambiance à l’intérieur. En effet, avec une ventilation en dépression, ce défaut d’étanchéité va engendrer des courants d’air parasites et provoquer un dysfonctionnement du circuit d’air du bâtiment. Pour éviter ce type de problème, il est préférable d’opter pour un système de ventilation en surpression ou en pression zéro. L’air pulsé dans le bâtiment par le ventilateur permet de maintenir une entrée d’air constante et de maîtriser les circuits d’air. Concernant l’extraction, une partie de l’air sortira par le circuit d’air initialement prévu (ventilateur ou trappe d’évacuation) tandis qu’une autre sortira par la porte d’accès vers les courettes. Un arrêt des ventilateurs existants et un passage en ventilation statique suite à l’ouverture du bâtiment sont à proscrire, à moins de réaliser une ouverture de très grande dimension sur toute la longueur du bâtiment. Dans le cas contraire, le principal risque est d’obtenir un renouvellement de l’air insuffisant, pouvant conduire à une montée en température et en humidité dans les salles, causant la mort des animaux.

Yvonnick Rousselière, yvonnick.rousseliere@ifip.asso.fr

Repères

Dans le cadre du projet Bâtiporc C4E cofinancé par le fond Casdar et en partenariat avec les chambres d’agriculture de Bretagne et de Pays de la Loire, une plate-forme web a été mise en place pour télécharger des fiches techniques afin d’accompagner les éleveurs et leurs conseillers dans la conception de nouveaux bâtiments porcins.

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