Aller au contenu principal

Six leviers pour limiter l’impact carbone des élevages de porcs

Les éleveurs porcins, majoritairement en système bâtiment avec production de lisier, disposent de six grands leviers pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Six leviers pour limiter l’impact carbone des élevages

 

1 Valoriser les effluents dans une méthanisation

L’incorporation des effluents d’élevage dans une unité de méthanisation permet de réduire les émissions de méthane. En cas de cogénération, les émissions de méthane sont transformées en émissions de CO2.

De plus, la chaleur produite peut être utilisée pour chauffer des bâtiments d’élevage, ce qui induit moins de consommation d’énergie fossile, et donc moins d’émissions de gaz à effet de serre (GES). En cas d’injection dans le réseau, le biogaz peut être utilisé comme une source d’énergie renouvelable. Des études confirment une diminution comprise entre 7 et 18 % des GES sur le cycle de vie d’un porc. Le gain serait donc potentiellement important pour les éleveurs qui s’engagent dans cette voie.

 

2 Utiliser des intrants alimentaires non associés à la déforestation

Selon le Céréopa (1), la dépendance protéique aux importations dans les aliments du commerce est de 19 % pour les élevages de porcs en 2015. Les teneurs en tourteau de soja brésilien sont inférieures à 5 % dans les aliments d’engraissement. Or ces tourteaux ont un impact élevé sur les émissions de gaz à effet de serre, en lien avec la déforestation. L’utilisation d’intrants alimentaires non associés à la déforestation entraîne moins d’impact sur le réchauffement climatique. Il baisse de 53 % pour le soja brésilien non associé à la déforestation, et de 64 % pour le tourteau de soja français produit avec la méthode ACP (aplatissage – cuisson – pression).

 

3 Des aliments à basse teneur en protéines

L’alimentation biphase est aujourd’hui largement répandue dans les élevages de porcs, et le multiphase devient de plus en plus fréquent. Plus les excrétions d’azote sont réduites (biphase à basse teneur en protéines, multiphase), moins les émissions azotées sont importantes. Pour les gaz à effet de serre, cela concerne le protoxyde d’azote (N2O), dont le potentiel de réchauffement est 265 fois supérieur à celui du CO2.

 

4 Réduire les émissions d’ammoniac

La réduction des émissions d’ammoniac limite également les émissions de protoxyde d’azote N2O indirectes. Plusieurs techniques sont disponibles : lavage d’air, évacuation fréquente des déjections, couvertures de fosses, utilisation de systèmes d’épandage avec pendillards ou enfouisseurs…

 

5 Réduire les consommations d’énergie

Réduire ses consommations d’énergie induit une baisse des émissions de gaz à effet de serre qui sont liées à la production d’énergie (électricité) ou à leur consommation (fuel). De nombreuses solutions existent, au niveau des pratiques d’élevage (couple chauffage/ventilation, entretien des matériels de chauffage…) et au niveau des équipements (isolation, chauffage localisé, échangeurs…). Les bâtiments les plus performants sont qualifiés de BEBC (bâtiments d’élevage basse consommation).

 

6 Améliorer les performances techniques

Deux voies possibles :

La réduction de l’indice de consommation : moins d’aliments consommés pour produire un kilo de viande diminuent l’impact carbone lié à la production de ces aliments.
L’amélioration de la productivité : l’augmentation du nombre de kilos de viande produit par truie diminue l’impact carbone lié aux truies.

Des améliorations importantes ont déjà pu être constatées ces dix dernières années, avec une augmentation moyenne du nombre de porcs charcutiers produits par truie de 2,5, et une baisse moyenne de l’indice de consommation de 0,156. Cette amélioration est constante et devrait se poursuivre dans les années à venir.

(1) Céréopa : Centre d’étude et de recherche sur l’économie et l’organisation des productions animales.
Rédaction Réussir

Les plus lus

truies en liberté dans des cases maternité en groupe de 6 truies, avec sevrage sur place
Truies en groupe et sevrage sur place, la maternité repensée

Sabine et Stéphane Demeuré ont mis au point leur modèle de maternité liberté qui associe truies en groupe et sevrage sur place…

<em class="placeholder">Jean-Marc et Stéphanie Langlais, éleveur de porcs</em>
« J’ai agrandi mon élevage de porcs pour avoir des salariés »

À Lamballe dans les Côtes-d’Armor, Jean-Marc Langlais a repris deux sites proches de son élevage pour atteindre une taille d…

<em class="placeholder">Steven Le Hir, éleveur porcin naisseur engraisseur et son équipe salariale</em>
« J’ai investi dans mon élevage porcin pour mieux accueillir des salariés »

Steven Le Hir, installé depuis octobre 2020 dans le Finistère, a souhaité très vite acquérir un autre site pour se…

<em class="placeholder">Morgane Rannou, présidente de Porélia</em>
Le groupement d'éleveurs de porcs Porélia défend la résilience de son modèle

Face à la baisse des cours du porc, Porélia réaffirme les fondamentaux de son modèle : maîtrise des coûts,…

<em class="placeholder">Un quart des 26 installations accompagnées par la Cooperl en moyenne tous les ans se font hors cadre familial</em>
Transmettre son exploitation à son salarié

Pour remplacer les éleveurs qui vont partir en retraite, les seules transmissions familiales ne suffiront pas. Les salariés…

<em class="placeholder">L&#039;éleveur Samuel Blaisot devant son nouveau bâtiment, entouré de Fabrice Collin et Philippe Delahaye de Cirhyo.</em>
« J’ai arrêté le naissage dans mon élevage porcin pour agrandir mon post-sevrage et mon engraissement »

En collaboration avec Cirhyo, Samuel Blaisot a arrêté le naissage et augmenté de 7 400 à 12 000 son nombre de…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​ TTC
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Porc
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Filière Porcine
Newsletter COT’Hebdo Porc (tendances et cotations de la semaine)