Aller au contenu principal

Reprise des abattages de porc en Europe

En 2025, la production porcine européenne devrait se stabiliser entre -1 % et + 0,7 % au premier semestre par rapport à 2024. L’évolution de l’offre dépendra principalement de la capacité de l’Espagne à maîtriser le SDRP, de la France à instruire les dossiers de reprise ou d’agrandissement, de l’Allemagne pour retrouver des débouchés commerciaux et des Pays Bas pour limiter les cessations d’activité.

<em class="placeholder">Les bons résultats des élevages européens favorisent la pause des décapitalisations des cheptels.</em>
Les bons résultats des élevages européens favorisent la pause des décapitalisations des cheptels.
© D. Poilvet

Après un recul massif de l’offre en porc à l’échelle de l’UE-27 en 2023, le mouvement est en pause en 2024. 

Lire aussi : Reprise des abattages de porc en Bretagne en 2024

Au cours des neuf premiers mois de l’année, les abattages de l’UE-27 sont en hausse de 0,7 % par rapport à l’année précédente, soit une hausse de 1,19 million de porcs abattus. La dynamique est renforcée par l’alourdissement des carcasses (+ 1,1 kg en moyenne à l’échelle de l’UE). 

Lire aussi : L’aval de la filière porcine française est en difficulté

Toutefois, les évolutions sont très hétérogènes selon les pays. Parmi les leaders du secteur, l’Allemagne (deuxième abatteur européen) et la Pologne (quatrième) affichent une reprise des abattages grâce à une hausse des importations d’animaux vivants en provenance du Danemark et des Pays Bas.

 

 
<em class="placeholder">Graphique = Évolution des abattages par pays% cumul 9 mois 2024/23</em>
Graphique = Évolution des abattages par pays% cumul 9 mois 2024/23 © Source : Eurostat

À l’inverse, le Danemark et les Pays Bas (sixième et septième abatteurs européens) ont été contraints de restructurer fortement le maillon de l’abattage-découpe et ont exporté davantage d’animaux vivants. Enfin, l’Espagne et la France affichent une stabilité de l’offre. En France, les dynamiques sont hétérogènes selon les groupes d’abattage. Ces différences sont en lien avec la forte croissance de l’offre en mâles entiers (+ 22 % en un an au cumul 10 mois dans la zone Uniporc) et des positionnements différents de la part des abatteurs (refus de Bigard d’abattre des mâles entiers par exemple).

Moins de décapitalisation des cheptels

Au niveau européen, les bons résultats en élevage, pour la deuxième année consécutive, favorisent la pause des décapitalisations des cheptels. Au printemps dernier, le nombre de truies recensées était en hausse (+ 1,4 % en un an, soit + 133 000 truies). La reprise du cheptel reproducteur est principalement impulsée par l’Espagne qui repeuple ses élevages récemment touchés par des problèmes sanitaires.

 

 
<em class="placeholder">Graphique = Évolution des cheptels truies en UE-13(1)Enquêtes de printemps</em>
Graphique = Évolution des cheptels truies en UE-13(1)Enquêtes de printemps © Source : Ifip d’après SSP, Eurostat (Enquêtes de printemps)

Les marchés allemands et danois indiquent aussi un accroissement du nombre de truies. Ce redéploiement est avant tout un mouvement de rééquilibrage des marchés après trois années de repli des capacités de production (nombre d’élevages et cheptels). La Pologne affiche aussi une reprise forte de son cheptel truie, principalement en lien avec le repeuplement de certains élevages auparavant touchés par la FPA et l’amélioration des marges en élevage. Toutefois, la filière polonaise est très volatile, du fait de sa structuration. Elle est aussi encline à décroître rapidement lorsque les conditions économiques se dégradent. En France et aux Pays Bas, de nouvelles baisses sont enregistrées, confirmant une certaine inertie dans le recul de la production du fait de difficultés liées à la reprise des élevages, mais aussi le manque de confiance en l’avenir de la part de certains éleveurs face aux incertitudes du marché (coûts de production, menace de la FPA, investissements nécessaires). En France, les données BD Porc indiquent une poursuite de la baisse du nombre d’élevages (- 4,6 % au cumul 10 mois 2024/2023), au même rythme que l’an dernier.

 

 
<em class="placeholder">Graphique = Prix perçu par les éleveurs en FrancePrévisions novembre 2024</em>
Graphique = Prix perçu par les éleveurs en FrancePrévisions novembre 2024 © Source : Ifip

Une demande internationale incertaine

Une stabilisation des exportations de l’UE vers les marchés tiers est attendue au premier semestre 2025. Depuis deux ans, la demande à l’export s’est amoindrie et les Européens ont été confrontés aux écarts de prix pratiqués par les exportateurs américains et brésiliens. La consommation en Chine est en berne et bien que d’autres pays d’Asie aient pris le relais des imports, la concurrence internationale est forte et les volumes ne compensent pas la baisse des importations chinoises. Les menaces que fait peser l’enquête antidumping portée par la Chine sur les exportations européennes sont fortes. Ces prévisions pourraient se dégrader si la Chine décidait d’imposer des droits de douane supplémentaires. Du côté de la consommation intérieure dans l’UE, la poursuite de la détente de l’inflation en 2025, combinée à la reprise économique devrait conforter la demande en produits alimentaires. La consommation de viande porcine devrait ainsi se stabiliser en 2025. Toutefois, le critère prix restera fort auprès des consommateurs et les potentielles mesures d’austérité instaurées par le gouvernement français pourraient affecter les dynamiques de consommation des produits carnés à l’échelle nationale.

Elisa Husson, elisa.husson@ifip.asso.fr

Détente attendue des cours du porc au premier semestre

En France, au premier semestre 2025, le prix du porc perçu par les éleveurs devrait atteindre entre 1,93 euro le kilo et 2,02 euros le kilo en moyenne selon les hypothèses, soit une baisse de 8,4 à 4,2 % par rapport au premier semestre 2024. Le maintien de l’offre en porc et la limitation des débouchés commerciaux sont des facteurs influant les prix à la baisse. Toutefois, les prix des matières premières devraient rester à des niveaux hauts et les autres postes de dépenses ne diminuent pas tous, comme le coût de la main-d’œuvre et les charges de structure. Enfin, malgré la dynamique légèrement haussière observée depuis début 2024, l’offre en porcs en Europe reste très inférieure aux normales (-7,6 % par rapport à la moyenne des porcs abattus ces cinq dernières années). Tous ces facteurs soutiennent à l’inverse les cours du porc aux niveaux actuels. Cependant, la prévision du prix du porc en France reste principalement dépendante des évolutions géopolitiques dans le monde et de la maîtrise sanitaire de la FPA en Europe.

E. H.

Les plus lus

<em class="placeholder">En permettant l’expression de comportements naturels les maternités liberté réduisent le stress et les lésions physiques. </em>
Truies en liberté en maternité : un bien-être amélioré mais une mortalité des porcelets à maîtriser

Malgré une mortalité néonatale parfois plus élevée, les systèmes libres en maternité améliorent la santé des truies et la…

<em class="placeholder">Gurvan Philippe et Cynthia, salariée spécialisée sur le naissage : « Les pesées des porcelets sont enregistrées sur un tableur, avec un suivi par truie et par rang de ...</em>
« Nous avons gagné 2,5 porcelets sevrés par portée en trois ans »

L’EARL Philippe, dans le Finistère, a amélioré sa productivité tout en réduisant le taux de perte sur nés vivants, grâce à une…

<em class="placeholder">Les élevages extensifs, malgré une productivité plus faible, peuvent être rentables grâce à des stratégies de différenciations</em>
La résilience n’a pas de modèle unique en élevage de porc

Une étude récente européenne montre que la durabilité économique des systèmes intensifs et extensifs ne suit pas une recette…

<em class="placeholder">Korentin Boutoux et Xavier Blouin, les deux gérants de la ferme de Keraziou, avec Lionel Ac&#039;h (Autret Soutions) à gauche et Yvon Dodier, Tecarmor &quot; Les banques ont accepté ...</em>
"Avec notre nouvelle faf, nous misons sur l’autonomie alimentaire pour notre élevage de 650 truies naisseur-engraisseur dans les Côtes d'Armor"

À la Ferme de Keraziou, la nouvelle fabrique d’aliment à la ferme conçue pour nourrir 650 truies et leur suite est une étape…

<em class="placeholder">Elevage porcin / engraissement / porcs Label rouge / caillebotis</em>
La marge brute des élevages porcins bretons décroche fin 2025

Après les bons résultats des dernières années, la rentabilité des élevages bretons s’est renversée au second semestre 2025, d'…

<em class="placeholder">L’Espagne valorise la plupart des produits de charcuterie-salaison à un niveau supérieur à celui des autres exportateurs européens.</em>
La filière porcine espagnole, un leader porté par sa stratégie à l’export

En trois décennies, l’Espagne est devenue un acteur central du commerce mondial du porc. Son modèle repose sur une stratégie…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Porc
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Filière Porcine
Newsletter COT’Hebdo Porc (tendances et cotations de la semaine)