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L’incidence environnementale des élevages doit être évaluée globalement

L’Ifip pilote un nouveau programme de recherche dont l’objectif est d’évaluer globalement les incidences environnementales de scénarios d’élevages pour demain.

L’enjeu pour raisonner les élevages de demain est de répondre à la fois aux attentes de la société, et à celles des éleveurs en termes de qualité de travail et de niveau de rémunération. © D. Poilvet
L’enjeu pour raisonner les élevages de demain est de répondre à la fois aux attentes de la société, et à celles des éleveurs en termes de qualité de travail et de niveau de rémunération.
© D. Poilvet

Pour réduire l’empreinte environnementale de notre alimentation, les solutions concernant les élevages se résument souvent à une réduction de leur effectif ou à une conversion en agriculture biologique. Pour autant le saviez-vous ? Un élevage de porc peut réduire jusqu’à 20 % ses émissions de gaz à effet de serre sans baisse de production, grâce à la mise en place de bonnes pratiques. Un kilogramme de porc biologique, qui a par ailleurs d’autres avantages, génère en moyenne 40 % de gaz à effet de serre de plus qu’un kilogramme de porc conventionnel, en raison d’un indice de consommation plus élevé et de la présence de litière. De quoi regarder les choses de plus près et surtout plus globalement.

C’est la mission que s’est donnée le nouveau réseau Maele (Macro élevage environnement). Porté par l’Ifip, il est agréé pour cinq années par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation et rassemble une vingtaine d’organismes de recherche, développement, conseil et enseignement. L’objectif est d’évaluer à des échelles globales (territoire, pays, Europe) les incidences environnementales de scénarios d’élevages pour demain. Les spécificités des élevages porcins seront prises en compte avec les différents modes de production (conventionnelle, biologique, porc fermier label rouge) et l’utilisation de bonnes pratiques (stratégies d’alimentation à basses teneurs en protéines, évacuations fréquentes des déjections du bâtiment, traitement de l’air, couverture de fosse, équipements économes en énergie…). Les élevages herbivores, avicoles et piscicoles, ainsi que les productions végétales, seront également considérés. L’échelle macroscopique permet de prendre en compte deux aspects d’importance dans la consolidation des résultats obtenus. Le premier a trait au territoire et considère sa surface agricole disponible, son potentiel de production, le respect de rotations culturales et le recyclage des nutriments. Le deuxième concerne le système alimentaire : il s’agit d’évaluer pour chaque scénario, la capacité à fournir des régimes alimentaires équilibrés et suffisants en quantité pour alimenter la population.

Répondre aux attentes sociétales sur des bases scientifiques

Le réseau Maele naît d’un contexte où les systèmes d’élevage sont fortement remis en cause par les consommateurs sur des questions d’environnement, certes, mais également de bien-être des animaux, et de modèles d’élevage. L’enjeu pour raisonner les élevages de demain est de répondre à la fois aux attentes de la société, et à celles des éleveurs en termes de qualité de travail et de niveau de rémunération. L’écueil à éviter est d’aller vers des réponses partielles qui conduiraient à des transferts de pollution ou une délocalisation de la production et un accroissement des importations (avec des implications sur l’environnement). L’intérêt du réseau est de fournir différentes visions d’avenir pour les élevages reposant sur des bases scientifiques et techniques génériques et robustes. Les résultats alimenteront la réflexion de la place des élevages dans le système alimentaire de demain : il s’agit d’éclairer les porteurs d’enjeux et les consommateurs pour les aider à prendre les bonnes décisions. Le réseau Maele aidera la vision globale en connectant systèmes d’élevage, territoires, et systèmes alimentaires autour de la question environnementale.

Le réseau fonctionnera autour de quatre axes de travail collectif. Un premier axe a permis de consulter près de 200 porteurs d’enjeux (représentants des filières animales, administrations, associations de protection de l’environnement, collectivités) afin de lister toutes les questions auxquelles le réseau doit répondre : ces dernières sont consultables sur le site internet du réseau. Le deuxième axe calera la méthodologie pour construire et évaluer différents scénarios. Le troisième axe collectera des éléments de réponse au sein de projets et le dernier axe communiquera sur les résultats du réseau. Les premiers résultats devraient arriver courant 2024.

Partenaires

Les participants au réseau Maele

Ifip, Idele, Itavi, Itab, Inrae, Cirad, Citepa, Irda, Chambres d’agriculture de Bretagne et des Pays de la Loire, Actalia, Cuma Ouest, l’Institut Agro, Cereopa, Agrosolutions, Établissements publics de Bretagne, Association cohérence, Cifog

Côté Web

www.maele.fr

Les principales questions abordées par le programme Maele

Maele

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