Aller au contenu principal

Gestion de la chaleur : en élevage de porcs, identifier les causes pour mieux agir

En identifiant les défauts de conception des bâtiments, on peut améliorer le confort thermique sans forcément recourir à des solutions coûteuses.

Avec l’arrivée des périodes chaudes, certains élevages porcins subissent de plein fouet les conséquences de la chaleur sur les animaux et les performances zootechniques.

Pourtant, ces effets ne sont pas inéluctables. Une analyse fine des bâtiments révèle souvent des erreurs de conception ou de mise en œuvre qu’il est possible de corriger pour améliorer le confort thermique sans forcément recourir à des solutions coûteuses.

Une conception mal adaptée à la chaleur

Les problèmes liés à la chaleur ne se rencontrent pas dans tous les élevages. Ils concernent principalement les bâtiments non équipés de systèmes de refroidissement actifs (type brumisation ou cooling) et dont la conception ne permet pas une gestion optimale des flux d’air.

Dans ces cas, les difficultés ne relèvent pas uniquement de la ventilation, mais parfois d’erreurs structurelles : absence d’une isolation performante, mauvaise exposition de l’entrée d’air, matériaux de construction à forte inertie thermique, surfaces vitrées non protégées ou bien encore des circuits de circulation d’air peu efficaces, etc. Avant toute intervention, un diagnostic de ventilation s’impose. C’est un outil précieux pour identifier les failles du système, surtout en amont des périodes à risque.

Ventilation accrue : une fausse bonne idée ?

« Par temps chaud, j’augmente la ventilation pour abaisser la température. » Cette logique, couramment admise, montre rapidement ses limites, notamment en engraissement. Par exemple, en passant de 40 à 60 m³/porc/heure de débit d’air, la température dans le bâtiment sera réduite au mieux d’un degré.  Un gain marginal face à une température extérieure élevée ! En maternité, où le renouvellement d’air est naturellement plus faible (deux à trois fois moins que pour l’engraissement), l’augmentation du débit produit un effet plus sensible. Il est alors recommandé d’atteindre 300 m³/heure/truie allaitante pour garantir un confort minimal en période estivale.

Vitesse d’air : efficacité limitée en période chaude

Si l’augmentation du débit peut théoriquement accroître la vitesse d’air ressentie par les animaux, cela ne se vérifie pas toujours dans les faits. La vitesse perçue dépend davantage du circuit de l’air que du simple volume brassé. Et les entrées d’air sont souvent pensées pour éviter les courants d’air directs, de manière à ne pas gêner les porcs en hiver. Ces dispositifs limitent de fait la vitesse d’air au niveau de l’animal en été. En théorie, augmenter la vitesse de l’air rafraîchit le porc par effet de convection. Mais cet effet reste nettement atténué lorsque l’air ambiant est déjà chaud.

Des erreurs de base qui coûtent cher

Par temps chaud, il n’est pas rare que l’air entrant prenne quelques degrés supplémentaires quand il entre dans les bâtiments. La première erreur consiste à aménager l’entrée d’air trop près du toit. La toiture est chauffée par le rayonnement du soleil et porté à une température très élevée. L’air alentour augmente de plusieurs degrés avant même son entrée dans le bâtiment. Résultat : au lieu de rafraîchir les salles, l’air entrant accentue la chaleur. Il est ainsi préférable de prélever l’air extérieur à plus de 50 cm au-dessus du toit, dans une zone bien ventilée. Il arrive aussi que l’air extérieur surchauffé passe entre les plaques isolantes de la salle. Pour éviter ce phénomène, il faudrait rendre étanche la paroi isolante. En pratique, c’est très difficile. Il est toutefois possible de réduire fortement l’impact des entrées d’air parasite en ouvrant le plus possible les entrées d’air. Aussi, un effort particulier doit aussi être réalisé aux abords des entrées d’air du bâtiment afin de ne pas réchauffer l’air entrant durant les mois les plus chauds de l’année. Enfin, il est préférable de privilégier des étendues herbacées ou arborées autour de son bâtiment plutôt que des aires bitumées. Ces dernières disposent d’une forte inertie thermique qui provoque le relargage de nombreuses calories durant la nuit et réduit alors le refroidissement du bâtiment.  Ainsi, avant de refroidir l’air présent dans les bâtiments, pensons à ne pas le réchauffer.

Claire Walbecque, claire.walbecque@bretagne.chambagri.fr

Côté web

Que vous soyez éleveurs de volailles de chair, de porcs ou de vaches laitières, vous trouverez sur ClimatBat toutes les informations et solutions pour prévenir et gérer le stress thermique en élevage. Avec l'application ClimatBat, anticipez et gérez les moments où vos élevages souffrent des fortes chaleurs climatiques.

Pensez au cooling dès la construction

"Sur du bâtiment neuf, il est opportun de se poser la question du cooling. Placé en entrée d’air, Il doit être bien dimensionné et activé dès les premières chaleurs, idéalement avant 25 °C, pour garantir efficacité et maintien des performances. Le retour sur investissement n’est pas si simple à calculer, mais c’est sans compter le confort de travail associé !"

Les plus lus

<em class="placeholder">Marie et Jérôme Brichet et leurs trois enfants Tom, Hugo et Grégoire. « Cette maternité entre dans le cadre de la restructuration de l&#039;élevage sur un second site qui ...</em>
"Nous investissons dans une maternité de truies en liberté en prévision de l'installation de nos deux fils"

La porte ouverte organisée par les membres du Gaec de la Ruchère a permis de découvrir une maternité qui associe bien être…

<em class="placeholder">Régis Cueff dans son élevage porcin. </em>
« J'ai restructuré mon élevage porcin en un seul site avec mon nouveau bâtiment de post-sevrage »

La construction d’un bâtiment de post-sevrage permet à Régis Cueff d’atteindre son objectif de longue date : centraliser…

<em class="placeholder">Des bonnes pratiques environnementales ont progressivement été adoptées par les éleveurs (ici, un laveur d&#039;air biologique permettant de capter les poussières et ...</em>
Agribalyse 3.2 : le porc français plus vert que jamais

La filière porcine française a fait des progrès considérables en termes d’impacts environnementaux. Ces progrès ont été…

<em class="placeholder">Martin Cloitre (à gauche) avec Charlène Poulhazan, d&#039;Evel&#039;Up et Johan, salarié de l&#039;élevage : « Nous avions tendance à trop brider la consommation au démarrage. »</em>
« Des croissances élevées des porcs en engraissement malgré nos cases atypiques »

Au Gaec de Kerdanevez, les croissances quotidiennes en engraissement et l’homogénéité des lots ont fortement augmenté depuis…

<em class="placeholder">Pertmat fait l&#039;analyse des critères de pertes calculés par la GTTT et identifie les facteurs de risque de l&#039;élevage.</em>
Pertmat de l'Ifip: la première étape d’analyse pour améliorer la survie des porcelets en maternité

Proposé il y a 5 ans par l’Ifip, Pertmat est un outil expert simple pour progresser sur la survie des porcelets. Il permet un…

<em class="placeholder">salarié en train de préparer une dose d&#039;insémination devant une truie en chaleur </em>
Elevage de porcs : « Nous apprécions le gain de temps lors des inséminations »

La SCEA Ar Kouerien a divisé par deux le temps de travail dédié à l’insémination depuis qu’elle utilise la sonde « tout…

Publicité
Titre
OFFRE ÉTÉ – EXCLUSIVITÉ WEB
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
[OFFRE ÉTÉ – EXCLUSIVITÉ WEB] : Profitez maintenant de -15% sur votre abonnement annuel*. Code promo SUMMER2026
Version numérique de la revue Réussir Porc
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Filière Porcine
Newsletter COT’Hebdo Porc (tendances et cotations de la semaine)