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Phosphore : « Je privilégie l’utilisation d’engrais simples pour répondre au juste besoin de mes cultures en Eure-et-Loir »

Exploitant 200 hectares à Digny (Eure-et-Loir), Alexis Bouchard raisonne ses apports de phosphore sur ses cultures avec l'aide du service Ferti Expert de la chambre d'agriculture de son département.

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Alexis Bouchard, agriculteur à Digny (Eure-et-Loir),"je privilégie l’utilisation d’engrais simples de type P38. Les apports sont quasi systématiques sur betterave, colza, pois et orge. Sur des blés assolés, je fais l’impasse."
© C. Gloria

« Pour les apports de phosphore à mes cultures, je privilégie l’utilisation d’engrais simples de type P38, pour fournir la quantité au plus juste à la parcelle. Les apports sont quasi systématiques sur betterave, colza, pois et orge. En céréales d’hiver, l’engrais est épandu après les semis. Sur des blés assolés, je fais l’impasse en phosphore. Pour la fourniture de phosphore et d’autres éléments nutritifs, j’utilise également de l’écume de betterave et des fientes de volaille (Humocal B). L’écume est privilégiée avant betterave, car cette plante est exigeante en phosphore et l’écume répond rapidement à ses besoins. Les fientes de volaille sont apportées avant colza, pour leur effet booster sur le démarrage de cette culture.

Pour les apports, je prends en compte les résultats des analyses de terre que je commande tous les cinq ans sur chacune de mes 17 parcelles. Je remarque que mes sols ne sont pas trop en situation de risque en phosphore malgré quelques impasses. Certains montrent des teneurs un peu basses et nécessitent un renforcement des doses préconisées, sur betterave et colza notamment.

Je fais appel au service Ferti Expert de la chambre d’agriculture d’Eure-et-Loir tous les ans, qui reprend la méthode Comifer pour les préconisations du plan de fumure, ce qui me coûte 427 euros pour l’ensemble de l’exploitation. C’est le prix de la tranquillité pour vérifier, entre autres, que je ne vais pas dans le mur en pratiquant parfois des impasses en phosphore. Le poste fertilisation se chiffre à 123 euros par hectare. C’est un coût dans la moyenne basse des exploitations agricoles, selon mon comptable. Le phosphore est apporté en moyenne à raison de 43 unités à l’hectare en prenant l’exemple des commandes d’engrais de la campagne 2025-2026. L’engrais P38 coûtait 1,26 euro à l’unité de phosphore (485 euros la tonne), Humocal B était à 62 euros la tonne à 15 U de P (3 t/ha) et les écumes à 13 euros la tonne à 10 U de P. »

EARL Bouchard. 200 ha dont 80 de blé tendre, 30 d’orge d’hiver, 30 de lin textile, 25 de colza, 11 de betterave sucrière, 11 de pois de printemps, 8 de féverole. Sols de limons battants hydromorphes profonds (potentiel à 90 q/ha en blé).

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