Prédation du loup : les départements alpins demandent d’augmenter le plafond de prélèvement
Dans une lettre du 9 février adressée au Premier ministre Sébastien Lecornu, huit départements alpins demandent une augmentation du plafond annuel de prélèvement du loup, de 19 à 30 % de la population estimée. Les présidents signataires veulent que la récente révision du statut du loup serve à instaurer « une vraie démarche de réduction de la menace lupine ».
Dans une lettre du 9 février adressée au Premier ministre Sébastien Lecornu, huit départements alpins demandent une augmentation du plafond annuel de prélèvement du loup, de 19 à 30 % de la population estimée. Les présidents signataires veulent que la récente révision du statut du loup serve à instaurer « une vraie démarche de réduction de la menace lupine ».
« Le déclassement ou reclassement de l’espèce lupine, […] ouvre de nouvelles perspectives pour mettre en œuvre dans notre pays une vraie démarche de réduction de la menace lupine », soutiennent huit départements alpins dans une lettre du 9 février. Adressé au Premier ministre Sébastien Lecornu, le courrier est signé par les présidents d’Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes, des Alpes-Maritimes, de la Drôme, de l'Isère, de la Savoie, de la Haute-Savoie, et du Vaucluse. Ils réclament dans ce sens un « relèvement significatif dès 2026 » du plafond de prélèvement du loup, « à hauteur de 30% ». Actuellement fixé à 19 % de la population estimée, la ministre de l’Agriculture avait déclaré le 9 janvier l’augmenter à 21%, en plus d’autres annonces visant à « atténuer les tensions » après une période de forte contestation agricole.
La mesure du gouvernement « insatisfaisante et insuffisante » pour les départements face aux attaques de loups
Une mesure « insatisfaisante et insuffisante », jugent les départements face à la « multiplication des attaques de loups, en lien direct avec la croissance très dynamique de la population lupine ». S’ils saluent le passage à un régime déclaratif pour les tirs de défense dans le projet d’arrêté du gouvernement, les départements regrettent surtout « l’absence de révision significative du plafond de prélèvement ». Des critiques qu’avaient aussi émises en janvier la FNSEA, les Jeunes agriculteurs, la Fédération nationale ovine (FNO) et Chambres d’agriculture France, relatent nos confrères d’Agra Presse. Comme l’alliance syndicale, les huit départements demandent que leurs requêtes soient intégrées à la prochaine loi d’urgence agricole. « Ce geste fort concrétisera sans ambiguïté […] le primat accordé à la protection des filières pastorales et d’élevage sur la préservation d’une espèce déclassée », affirment les auteurs de la lettre.
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Les départements demandent au gouvernement de définir « l’état de conservation favorable de l’espèce »
« Loin de nous l’idée de vouloir préparer l’extinction de l’espèce lupine sur notre sol ! » affirment les présidents signataires, qui défendent vouloir « tirer les conséquences en droit français du déclassement du loup ». Les départements réclament « une marge de manœuvre indispensable pour assurer efficacement la protection des troupeaux », soulignant que le massif alpin « concentre plus de 80% des attaques et des dégâts recensés en France ».
Le massif alpin « concentre plus de 80% des attaques et des dégâts recensés en France »
Et souhaitent que le gouvernement définisse « l’état de conservation favorable de l’espèce » par un effectif de population lupine « aussi précis et incontestable que possible ». Car les présidents signataires estiment que la confiance des territoires pour le gouvernement sur ce sujet a été « passablement érodée ». « L’ensemble des acteurs, y compris l’OFB (Office français de la biodiversité, ndlr), ont reconnu la sous-estimation manifeste de cette population », affirment les départements.
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