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Pâturage de couverts : quelques points de vigilance

Si l’intérêt agronomique du pâturage de couverts végétaux par une troupe ovine n’est aujourd’hui plus à démontrer, une attention particulière est à porter à la composition des couverts, à la portance du sol et à la réglementation en vigueur.

<em class="placeholder">Une troupe ovine pâture un couvert.</em>
Le pâturage des couverts végétaux par des ovins est une alternative à leur destruction chimique ou mécanique.
© Archives Pâtre

« Les brebis s’adaptent bien à différents types de couverts », affirme Laurence Sagot, de l’Idele/Ciirpo, lors d’un webinaire du projet Glyphovin, piloté par le Ciirpo. Avoine, seigle, lentille, pois, radis, trèfle, brassicacées, tournesol… les brebis ne sont pas difficiles. « Elles aiment moins la féverole et la phacélie, mais s’y habituent. » Seules quatre espèces doivent faire l’objet d’une attention particulière. D’abord, la moutarde et le sarrasin semés en pur. La moutarde contient des glucosinolates qui peuvent causer des problèmes de tyroïde. Quant au sarrasin pur, il peut provoquer des problèmes de sensibilisation. À noter que ces espèces ne posent pas de problème quand elles sont mélangées à d’autres.

Ensuite, deux espèces sont potentiellement toxiques si les brebis consomment leurs graines : la vesce velue et la gesse. Attention également aux sorghos fourragers, quand ils sont pâturés en dessous de 60 centimètres de haut. En plus, ces espèces mobilisent de l’azote lors de leur décomposition. En cas de grosses gelées, les raves et les radis chinois permettent de garantir une ressource fourragère : les brebis peuvent en consommer leurs racines.

Bien choisir la parcelle à pâturer

Il est recommandé de privilégier des parcelles portantes, qui ont été semées en semis direct, c’est-à-dire en même temps que la moisson. « Quand les parcelles sont très travaillées, elles sont moins portantes. Les brebis les supportent moins », note Bertrand Patrenotre, céréalier et ancien éleveur ovin en Champagne crayeuse. Les boiteries sont un autre point de vigilance à avoir : elles sont plus fréquentes lors du pâturage de couverts. « Les boiteries observées n’étaient pas forcément du piétin, mais plutôt des échauffements », précise Maurine Guillaumain, de l’Inrae.

Il convient aussi d’éviter les parcelles sensibles à l’engorgement hivernal pendant les périodes pluvieuses. Enfin, contrairement à ce que l’on pourrait croire, le pâturage ovin sur couverts n’augmente pas le tassement du sol. C’est avéré par des recherches menées par Agrof’île. Leur piétinement aurait quand même du bon : il limiterait le nombre de limaces sur les parcelles pâturées.

Respecter la loi

Le cadre réglementaire du pâturage des couverts est souvent méconnu.

Sont autorisés les cas de figure suivants :

 

  • la mise à disposition des parcelles à titre gratuit,
  • la mise en pension des brebis chez le céréalier, à condition que celui-ci ait un numéro d’élevage,
  • la prestation de service par l’éleveur

 

Si le céréalier est locataire, il lui est interdit de mettre à disposition ses parcelles avec une contrepartie financière, car cela s’apparente à de la sous-location. Dans tous les cas, rédiger un contrat écrit permettra d’entamer une démarche judiciaire auprès du tribunal paritaire des baux ruraux en cas de litiges. Certes, il n’évite pas tous les risques mais clarifie les rôles de chacun.

Quant à la déclaration Pac, elle ne fait l’objet d’aucune modification pour le céréalier. L’éleveur doit déclarer la localisation des parcelles pâturées chez le céréalier pendant la période de rétention pour la prime à la brebis. Il doit aussi envoyer un bordereau de localisation à la DDT (M) avant de déplacer ses animaux pendant cette période.

Le saviez-vous ?

Détruire un couvert par le pâturage permet d’économiser 30 euros par hectare par rapport à un broyage mécanique, et 25 euros par rapport à une destruction chimique.

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