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« Nos brebis mangent comme les vaches ! »

Au Gaec du Bahac, Huguette et Thierry Simon se sont lancés avec passion et technicité dans la production ovine en complément de leurs vaches laitières.

Éleveurs de 42 vaches laitières à Saint-Méen (Ille-et-Vilaine), Huguette et Thierry Simon ont découvert l’élevage ovin lors d’une porte ouverte en 2006. « Nous n’avions que 260 000 litres de quota et nous cherchions une diversification, se souviennent-ils. Nous avons vu que les moutons mangeaient comme les vaches ! De plus, cette production est plus souple, sans astreinte forte. » Dès 2007, les premières agnelles romanes arrivent sur l’exploitation. Ils construisent alors une bergerie, puis une deuxième en 2011 et deviennent ensuite multiplicateurs puis sélectionneurs romane en 2014. « Nous trouvions cela plus valorisant que de les voir partir à l’abattoir ». S’ils ont aujourd’hui 320 mères dans trois bergeries, ils ont le projet de porter la troupe à 450.

Les brebis reçoivent la même alimentation que les vaches, distribuée avec le même matériel (désileuse-pailleuse) ce qui permet de diluer les charges de structure. Ainsi, la ration au pic de lactation est constituée de 2,5 kilos d’ensilage de maïs, 0,8 kilo d’enrubannage ou d’ensilage d’herbe, 400 grammes de correcteur azoté et 30 grammes de minéraux. À l’extérieur de mars à octobre, les brebis pâturent six hectares de ray-grass anglais et de trèfle blanc qui leur sont réservés. Elles passent aussi derrière les génisses, ce qui permet de nettoyer les refus et d’avoir toujours des parcelles propres. Elles sont rentrées un mois avant l’agnelage. Jusqu’au sevrage, les agneaux sont intégralement élevés en bergerie.

Quatre caméras de surveillance pour suivre les mises bas

Toutes les brebis sont accélérées pour faire trois agnelages en deux ans. Les mises bas ont lieu en janvier, mai et septembre. Cette répartition est raisonnée pour s’intercaler entre les pointes de travail aux vaches et aux champs (semis de maïs, de blé…) et étaler les sorties d’agneaux. Quatre caméras de surveillance ont été installées dans les bergeries, la stabulation et les abords de l’exploitation pour un coût de 4 000 euros afin de faciliter notamment la surveillance des naissances. Tous les agneaux sont passés en case d’agnelage pendant un jour et demi avant d’être mis en lots de 12 mères et leurs suites. Sevrés vers deux mois et demi, ils reçoivent ensuite un aliment à volonté composé à 60 % de céréales produites sur l’exploitation et à 40 % d’un complémentaire azoté. À quatre mois, les agnelles sont séparées des agneaux. Les agnelles de reproduction sont vendues via l’OP Geode, vers 35 kilos pour un prix de 136 euros. Les agneaux sont commercialisés via l’OP Ovi-Ouest en CCP, à un poids et prix moyen de 18,5 kilos et 109 euros par tête. Le taux de prolificité était de 229 % en 2015 et la mortalité agneaux de 22 %, un peu élevée du fait du grand nombre d’agneaux. La consommation de concentré, de 258 kilos par brebis, est également assez élevée mais diluée par le nombre d’agneaux produits.

« Nous avons tout appris au fur et à mesure à l’aide des techniciens de la chambre d’agriculture et de la coopérative. Mais c’est une diversification qu’on ne regrette pas. C’est motivant de découvrir une autre production, c’est comme apprendre un nouveau métier. Et c’est intéressant de ne pas avoir tous ses œufs dans le même panier. En ce moment, les brebis rapportent plus que les vaches : la marge brute par hectare a été de 4 840 euros sur l’atelier ovin et 1 820 euros sur l’atelier bovin en 2015. »

Chiffres clés

320 brebis romanes
42 Vaches laitières
89 hectares dont 30 d’herbe
2 UTH (Gaec entre époux)
2,26 agneaux produits par brebis par an
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