Les dix points clés pour un bon abreuvement
Un abreuvement suffisant et de qualité est indispensable pour des brebis en bonne santé. Dix points clés sont à respecter.
Un abreuvement suffisant et de qualité est indispensable pour des brebis en bonne santé. Dix points clés sont à respecter.
« L’eau est le principal aliment des ovins », rappelle Céline Pouget, vétérinaire au Groupement de défense sanitaire (GDS) d’Aveyron. « Les ruminants sont des animaux prédatés qui consacrent peu de temps à s’abreuver. » Les brebis en lactation ont besoin de consommer dix à douze litres d’eau par jour et, pour ce faire, s’abreuvent entre cinq et vingt fois par jour. Il est important de noter qu’elles n’augmenteront pas cette fréquence d’abreuvement, même en cas d’insuffisance. D’où l’importance de leur garantir un accès facilité à une eau de qualité.
Une répartition homogène des abreuvoirs
Les abreuvoirs doivent être répartis dans tout le bâtiment, idéalement tous les dix mètres. « Ils sont souvent placés en bout d’aire et peu au niveau central, limitant l’accessibilité », remarque la vétérinaire. Attention à la localisation de la pierre à sel : juste à côté d’un abreuvoir, elle peut provoquer des comportements potomanes chez la brebis, qui ne cessera de boire.
Un accès facile et dégagé
L’objectif est de permettre la bonne circulation des brebis et éviter qu’elles ne s’entassent à l’abreuvement, ce qui peut occasionner du stress. Par exemple, il vaut mieux éviter de disposer l’abreuvoir dans un coin. Pour éviter les courants parasites, deux recommandations sont à suivre : à l’extérieur ne pas mettre d’abreuvoir sous les clôtures électriques et en bergerie ne pas mettre de poste électrique de clôtures.
Un abreuvement adapté à la période
Les besoins en abreuvement dépendent du stade physiologique, du poids et de l’âge. Il est crucial en début de lactation : il faut veiller à garantir un accès à l’eau dans chaque case d’agnelage. Au cours de la journée, les brebis ont tendance à s’abreuver de manière grégaire, au moment de la prise alimentaire et après la traite. À l’extérieur, les abreuvoirs doivent être plutôt placés à l’ombre. « Si en rentrant, les brebis se jettent sur l’abreuvoir, c’est qu’il en manque à l’extérieur. »
En nombre suffisant
« Les recommandations à ce sujet sont variées », reconnaît la vétérinaire. Elles peuvent aller d’un abreuvoir pour dix brebis en lactation à un abreuvoir pour 40 brebis. L’Institut de l’élevage recommande un abreuvoir pour 40 à 50 brebis ou agneaux en ovin viande, et un abreuvoir à niveau constant pour 35 brebis en ovin lait.
À la bonne hauteur
La hauteur doit être de 60 centimètres pour les adultes et 40 centimètres pour les agneaux. « Les agneaux, même petits, ont besoin d’un accès à l’eau. Trop peu d’éleveurs mettent à disposition des abreuvoirs pour leurs agneaux pensant que l’apport en lait est suffisant. Ils apprennent à s’abreuver avec leur mère, par imitation. » On peut par exemple disposer une palette devant l’abreuvoir pour surélever l’agneau et lui permettre d’y boire.
Le bon type d’abreuvoir
Le GDS Aveyron a comparé différents abreuvoirs : à niveau constant et à pipette. Résultat : les brebis abreuvées avec des pipettes avaient des urines moins diluées que celles abreuvées avec des abreuvoirs à niveaux constants, qu’ils soient individuels ou longs. Les vétérinaires du GDS recommandent donc les abreuvoirs à niveau constant : « ils ont une réserve et sont mieux adaptés aux ovins qui vont pouvoir immerger leur nez pour boire », précise Céline Pouget. L’abreuvement par pipette nécessite une bonne gestion du débit d’eau, qui doit être de six litres par minute. « Mais un tel débit provoque souvent des éclaboussures, ce qui fait que les éleveurs ont tendance à le régler sur trois litres par minute. C’est insuffisant. »
Une eau propre et tempérée
L’eau doit être autour de 10-15 °C. Il faut bien nettoyer la paille au fond des abreuvoirs et les biofilms, qui ont souvent tendance à se développer dans les abreuvoirs en plastique. Éviter d’utiliser des abreuvoirs métalliques en extérieur car ils chauffent au soleil.
Une eau de bonne qualité
L’eau fournie doit être de bonne qualité physico-chimique et bactériologique. Son pH doit être compris entre 6 et 9, et sa dureté autour de 15 °f. Le taux de fer doit être inférieur à 200 microgrammes par litre et celui de cuivre, à 0,3 milligramme par litre.
Du sel toute l’année
« C’est l’apport en sel qui déclenche l’abreuvement, dès que les agneaux passent à une alimentation solide. » Les doses recommandées sont de 10 grammes par jour et par brebis en lactation, et 5 grammes par jour et par agnelle. L’eau et le sel ne sont jamais surconsommés, sauf si les ovins en sont privés pendant une partie de l’année. Le sel peut être de carrière ou marin, sous forme de bloc ou de paillettes. L’important est qu’il soit accessible.
Un abreuvement suivi
Le débit peut être vérifié avec un compteur, et l’absence de courant électrique, avec un voltmètre. Le niveau d’hydratation des animaux peut être suivi en récoltant leurs urines et en les analysant au réfractomètre. Le Brix doit être entre 4 et 10 %.
Le saviez-vous ?
Dans les pays anglophones, on raisonne plutôt en termes de volume total d’eau en fonction du nombre de brebis, et non en nombre d’abreuvoirs comme en France.