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La question à
Le Maroc, pays aux 23 millions d’ovins

Quelles sont les perspectives d’évolution de la production ovine marocaine ? Saïd Chatibi, directeur de l’association nationale ovine et caprine du Maroc, nous répond.

"Le Maroc compte 23 millions d’ovins et 1,2 million d’éleveurs, toutes productions animales confondues (chèvres, bovins et camélidés). Environ 15 630 éleveurs ovins sont adhérents à l’Association nationale ovine et caprine (Anoc) qui aide à l’organisation de la filière et leur propose un accompagnement technique.

On constate que 60 % des adhérents ont des troupes ovines inférieures à 100 têtes. Or l’ovin a sa place dans la société marocaine car pour beaucoup de foyers ruraux, cette production constitue la seule source de revenu. Le mouton revêt une dimension culturelle et religieuse (artisanat, baptême, naissance, mariage, fête du sacrifice, etc.). Mais les dimensions environnementales, avec le pâturage et la régénération des espaces pastoraux, et nutritionnelles sont également importantes.

Une intensification due à la sécheresse

D’un autre côté, le Maroc fait face à une sécheresse qui dure depuis près de sept ans, à laquelle s’ajoute la flambée des prix des intrants. L’élevage ovin, historiquement extensif, s’intensifie faute de ressources en herbe au pâturage.

Face à cela et pour répondre à la demande croissante de la population, l’Anoc a mis en lumière des axes prioritaires avec une réduction des pertes (mortalité et improductivité des brebis), l’augmentation de la production numérique et l’amélioration de la génétique en démocratisant l’insémination animale, grâce à un travail entrepris avec Rom Sélection.

Nous souhaitons également préserver les huit races ovines marocaines et régionales et améliorer leurs performances zootechniques. Nous avons par exemple réduit de 24 jours la durée d’engraissement des agneaux entre 2012 et 2022 et multiplié par deux le poids des béliers en 30 ans, passant de 60 à 120 kilos en moyenne."

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