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La sélection génétique, un retour sur investissement rapide en ovin allaitant

Une étude a démontré les différences de qualité et de conduite entre des agneaux issus de bons béliers et ceux issus de moins bons pères.

 

 

« Bien choisir son bélier est indispensable, car sans dénigrer l’importance de la voie femelle, celle-ci va produire entre 6 et 15 agneaux en moyenne dans sa carrière, tandis qu’un bélier va en produire 200 à 500 », appuie Agathe Cheype, de l’Institut de l’Élevage. Le choix du bélier va donc entraîner des conséquences directes sur l’élevage, tant au niveau technique, environnemental qu’économique.

 

L’experte en sélection ovine coordonne le projet Gédurab, qui vise à montrer les différences existantes entre des agneaux issus de béliers de très haut niveau génétique (SCI+) et des agneaux issus de béliers de niveau génétique moindre (témoins).

Six jours d’engraissement en moins

Pour ce faire, la descendance directe des 10 meilleurs béliers en testage en station de contrôle individuel (SCI) du mouton vendéen est comparée à celle des neuf moins bons béliers de la même SCI. Chaque bélier a permis d’inséminer une cinquantaine de brebis, soit 951 femelles réparties dans 12 élevages, en insémination artificielle (IA).

Les agneaux issus de ces IA sont élevés sous la mère, suivis au contrôle de performance pour le poids à 30 jours et 70 jours, dates de leur entrée en centre d’engraissement.

Les conditions d’engraissement ont été drastiquement les mêmes pour tous les agneaux. Les femelles ont été abattues à 33 kg et les mâles à 39 kg.

Les agneaux issus des meilleurs pères ont atteint le poids objectif en moyenne 8 jours plus tôt que les agneaux issus des pères inférieurs. En effet, l’âge d’abattage des agneaux témoins était en moyenne à 129,4 jours contre 121 pour les agneaux SCI+. « Sur la conformation carcasse, les écarts de résultats entre les deux séries ne sont pas significatives, mais il faut garder en tête que même les béliers du lot témoin sont quand même de bons béliers améliorateurs boucherie », souligne Agathe Cheype. On peut néanmoins noter que les agneaux SCI+ sont moins gras que les témoins.

Plus de 1 000 euros gagnés pour 300 agneaux

En termes de consommations alimentaires, si les agneaux SCI+ consomment 100 g de concentrés en plus par jour, cet écart est gommé par leur durée d’engraissement moindre. Au final, à poids d’abattage égal, les agneaux issus des meilleurs pères auront consommé 6,4 kg de concentrés en moins sur la durée de leur engraissement. Concernant la paille, les agneaux SCI+ en consomment 100 g de moins par jour que les témoins soit 4,5 kg de moins sur la durée de l’engraissement.

« Quand on connaît le coût de la paille et des aliments concentrés, l’économie réalisée avec des agneaux issus de très bons pères prend vite des proportions importantes », soutient l’ingénieure agricole de l’Institut de l’élevage.

Avec un prix moyen du concentré à 420 euros la tonne et une moyenne entre le prix de la paille autoconsommée (0 €) et celle produite en Limousin (95 €/t) ou dans l’Ouest (75 €/t), le gain pour l’engraissement de 300 agneaux SCI+ est compris entre 960 et 1 080 euros !

« Le gain est déjà très important entre deux groupes de béliers de très haute qualité génétique et de bonne qualité génétique. Imaginez l’écart si nous testions des agneaux issus de pères tout-venant, sans papiers génétiques ! », s’exclame Agathe Cheype. L’étude a été reconduite en comparant des agneaux de béliers AMBO (amélioration boucherie) du centre d’insémination avec les agneaux témoins. Le résultat sur la durée d’engraissement est sans appel : 11,8 jours de moins pour les agneaux AMBO.

LE SAVIEZ-VOUS ?

La génétique ovine est bonne pour l’environnement

Les performances environnementales ont également été étudiées durant le projet Gédurab. Il en ressort que les agneaux SCI+ émettent moins de gaz à effet de serre, consomment moins d’énergies fossiles, impactent moins la qualité de l’air, cela grâce à la durée d’engraissement inférieure au lot témoin. Ils permettent également de nourrir 59 personnes en moyenne contre 57 pour les agneaux témoins.​​​​

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