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Ovins
La race Ile-de-France allie polyvalence et performance

Race haut de gamme par ses performances bouchères et ses aptitudes à la reproduction, l´Ile-de-France répond aux exigences de l´élevage moderne. Ses atouts lui valent d´être appréciée tant en France que dans le monde.


La race Ile-de-France est le fruit d´un métissage judicieux entre des reproducteurs Dishley (issus de la race anglaise New Leicester améliorée par Bakewell) et des Mérinos de Rambouillet, puis de Mauchamp.
Ce métissage commencé en 1832, conduit dès 1900 à la fixation d´une nouvelle race, le Dishley-Mérinos. Son succès est tel que ce croisement se répand dans les plaines du Bassin parisien pour utiliser les sous-produits des cultures. Les éleveurs de la région s´organisent alors, créent le Flock Book en 1922, donnent au Dishley-Mérinos son nom définitif de race Ile-de-France. La race prend alors des initiatives et des orientations qui sont à l´origine de son grand essor.
En 1933, elle crée le contrôle de performances. En 1960, la race met en place un schéma collectif de testage sur descendance. En 1972, elle se dote d´une Station de testage à Verdilly et, en 1990, introduit dans son programme la SCI.
©Upra


Son format et sa laine
La tête de l´Ile-de-France est forte et large, de couleur blanche, toujours couverte de laine, le nez large et plissé.
Adultes, les animaux pèsent de 110 à 150 kg pour les mâles et de 70 à 90 kg pour les femelles.
Toujours blanche, la laine présente des toisons fermées et tassées à mèches carrées dont la finesse varie entre 23 et 29 microns et se rapproche par sa qualité de celle des Mérinos, dont elle est issue. Le poids moyen des toisons pour les béliers est de 5 à 6 kg, celles des brebis de 4 kg.

Extension
Après une rapide extension dans le Bassin Parisien dans ses débuts, la race a investi l´ensemble des régions françaises. Le RGA 2002 estime la population Ile-de-France à 236 000 têtes dont 28 561 contrôlées et 17 385 en Upra.

Ses aptitudes
La race Ile-de-France se caractérise par un panel de qualité très étendu : race à viande par excellence, elle associe à des potentiels de croissances et de carcasses, des aptitudes maternelles et une grande facilité d´élevage et de désaisonnement qui en font un outil de choix pour la production d´agneaux de boucherie. La viande claire de ces agneaux est très appréciée.
Race lourde et précoce, l´Ile-de-France exige une alimentation adaptée tant en qualité qu´en quantité pour exprimer tout son potentiel.

La prolificité moyenne des brebis contrôlées Upra sur oestrus naturel 171 % s´élève à plus de 200 % dans les meilleurs troupeaux, même en contre saison sexuelle.
L´aptitude laitière des brebis est bonne et est un des choix prioritaires de sélection pour faciliter l´allaitement des portées multiples sans intervention et favoriser la croissance rapide des agneaux.
Le GMQ 10/30 en 2003 varie selon le mode d´élevage de 240 à 260 g/jour pour les doubles, de 290 à 310 g/jour pour les simples. Le désaisonnement est une caractéristique de la race Ile-de-France conservée de ses origines Mérinos. Cette qualité est largement utilisée : 70 % des mises bas ont lieu entre septembre et novembre. Les agneaux sont conduits en bergerie.
Un mouton de bergerie apte aussi au pâturage. ©Upra

Ses systèmes d´élevage
La taille des troupeaux varie de 50 à 500 mères. La moyenne de ceux en sélection s´établit à 213 brebis.
Deux systèmes de conduite dominent. En premier, un système traditionnel des zones de cultures : l´élevage en bergerie. Les brebis sont mises à l´herbe en avril-mai jusqu´en septembre. Les agnelages ont lieu en bergerie. Les agneaux, élevés à l´intérieur, soumis à un mode d´alimentation intensif atteignent le poids idéal d´abattage de 18 à 20 kg de carcasse de 100 à 120 jours. En second, un système des zones herbagères ou mixtes : élevage de plein air. Les brebis restent toute l´année en pâturage, les naissances ont lieu en mars-avril.
Un nez large et plissé avec un front couvert de laine. ©Upra

Organisation de la sélection
Les objectifs de sélection portent à la fois sur les caractères d´élevage et de reproduction (lait, prolificité) et sur les caractères bouchers (croissance, qualité des carcasses, gras). Il s´agit de produire des agneaux de grande qualité répondant aux exigences les plus élevées du marché (majoritairement classés E ou U et Label) et de procréer des reproducteurs à haut potentiel génétique pour utilisation en race pure ou croisement terminal. Le schéma de sélection racial s´appuie :

- sur une base de sélection de 17 000 femelles pour 73 élevages ;
- le Contrôle Individuel : 500 béliers par an répartis sur trois sites Mazeyrat d´Allier (43), Neuvy (03) et Verdilly (02) en 2004 ;
- deux unités de testage sur descendance en ferme [Fedatest (qualités bouchères) et Verdilly (qualités maternelles)] chargées de tester conjointement et respectivement 11 et 16 béliers ;
- un programme de testage et d´accouplements raisonnés par IA pour le testage qualités maternelles et la diffusion du progrès génétique dans la base. Tous les troupeaux sélectionneurs sont soumis à un Cahier des Charges et tenus à réaliser des IA de testage (15 % minimum), effectuer des IA raisonnées (minimum 15 %), à utiliser 100 % des béliers de lutte qualifiés Recommandés issus de SCI, à souscrire au programme national d´amélioration génétique pour la résistance à la tremblante par génotypage, et aussi au programme sanitaire brucellose, tremblante visna-maedi.

La diffusion
L´Upra qualifie chaque année 1600 béliers et 3200 femelles. Elle diffuse également 3000 agnelles après sevrage. Parmi les béliers qualifiés :
- 35 % sont issus d´IA raisonnées prioritairement destinés à la SCI et aux contrats de production ;
- 75 % sont des béliers de type mixte destinés au renouvellement des troupeaux en pur ou à la procréation de femelles F1 ;
- 100 % des béliers admis en SCI sont typés tremblante R/R et à 70 % issus d´IA ;
- 80 % des béliers autres qualifiés sont R/R. La qualification des mâles S/S est interdite ;
- 15 000 IA Ile-de-France sont pratiquées chaque année par les divers CIA dont 6330 IA reproducteurs (43,5 %).

Impact à l´étranger
Depuis 1951, la race a diffusé des reproducteurs et de la semence dans 32 pays répartis sur les cinq continents. Les plus importants peuplements ont été effectués en Afrique Australe, Brésil, Europe et dans tous les Pays de l´Est. Beaucoup de pays ont créé une association d´éleveurs.
Une croissance très active.

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