Royaume-Uni
« Une fois que l'agneau est retiré des rayons de supermarché, il n’y a pas de retour en arrière » : pourquoi le Royaume-Uni promeut la consommation d'agneau en France
La France est le premier marché à l'export pour l'agneau britannique. L'AHDB, l'interprofession britannique, soutient les initiatives pour promouvoir l’agneau auprès des bouchers et chefs français.
La France est le premier marché à l'export pour l'agneau britannique. L'AHDB, l'interprofession britannique, soutient les initiatives pour promouvoir l’agneau auprès des bouchers et chefs français.
Un agneau sur deux exporté par le Royaume-Uni a pour destination la France, soit 47 000 tonnes d’agneaux par an en moyenne. Ce qui fait de la France le premier débouché pour l’agneau britannique à l’export. Pourtant, « le Royaume-Uni n’est pas en compétition avec la France sur le marché de la viande ovine, contrairement à celui de la viande bovine, par exemple », souligne Lucille Brillaud, chargée de marketing et communication France à l’interprofession des viandes britanniques, l’Agriculture and Horticulture Development Board (AHDB). La production française ne couvre que 40% de sa propre demande en agneau.
Lire aussi : Les importations françaises de viande ovine étaient en hausse au 1er trimestre 2026
Faire front commun pour défendre l’agneau
Le Brexit a mis fin aux campagnes de promotion européennes du Royaume-Uni, cofinancées avec l'Irlande. L'AHDB s'est alors rapprochée d'Interbev, rejoignant en 2022 la campagne « Nos clients changent, changeons l'agneau », destinée aux bouchers. « Nous travaillons sur l’offre, qui est parfois un frein à l’achat d’agneau. » Le but commun des deux interprofessions : maintenir l’agneau dans les rayons des supermarchés. « Car une fois qu’il en est retiré, il n’y a pas de retour en arrière », prévient Lucille Brillaud.
Lire aussi : Comment les coopératives peuvent-elles produire 500 000 agneaux de plus ?
L’objectif de cette campagne de communication est de suggérer aux bouchers de meilleures préparations de l’agneau, afin « d’améliorer leur marge » et « de proposer des solutions adaptées à leur clientèle ». Par exemple, minimiser les pertes en préparant des restes sous forme de hachés, ou proposer des portions individuelles. « Ce sont des savoir-faire de présentation de l’agneau sur lesquels le Royaume-Uni est plus avancé, car on y consomme traditionnellement plus d’agneau. » L’AHDB cofinance ainsi des stages pour les bouchers et des formations dans des CFA dans le nord de la France, en coopération avec Interbev. Enfin, l’interprofession travaille auprès des importateurs pour proposer des découpes prêtes à l’emploi pour les chefs cuisiniers.
Un nouveau label pour l’agneau britannique
Depuis 2025, la viande britannique bénéficie du label « Quality Meat from Britain » [Viande de Qualité de Grande-Bretagne], créé par l’AHDB. Ce label valorise le modèle britannique d’élevage à l’herbe et la qualité de ses produits. « Nos agneaux sont dehors 95% du temps, et 100% nourris à l’herbe », détaille Lucille Brillaud. « Nos races ovines permettent d’engraisser les agneaux à l’herbe, ce qui est un gage de rentabilité pour nos éleveurs. » Les faibles charges d’alimentation et de main-d’œuvre, sans compter l’absence de prédation, maintiennent un prix de l’agneau britannique compétitif. En 2025, la cotation entrée abattoir de l’agneau britannique oscillait entre 7,5 et 9 euros le kilo, contre 8,5 à 11 euros le kilo en France.
Lire aussi : Royaume-Uni : La faible consommation libère des volumes à l’export
Autre atout : la régularité des carcasses produites. « Nos carcasses sont homogènes tout au long de l’année, un atout pour la commercialisation en grande et moyenne surfaces. Elles sont en moyenne plus lourdes et plus grasses que celles du marché français. » Le pic de production de viande ovine britannique a lieu d’août à novembre, en décalage avec la France.
Vers un accord facilitateur ?
Contrôles aux frontières, certificats sanitaires coûteux : les conséquences du Brexit pèsent toujours sur les exportateurs britanniques. Ils espèrent l’adoption prochaine du Sanitary and Phytosanitary Agreement [accord sanitaire et phytosanitaire], un accord entre l’Union européenne et le Royaume-Uni qui lèverait une partie des contrôles sur les produits exportés. « Cet accord obligerait le Royaume-Uni à appliquer les mêmes normes sanitaires et phytosanitaires qu’en UE… ce qui est déjà le cas, car rien n’a changé depuis le Brexit », estime Lucille Brillaud.
Lire aussi : Un élevage ovin au cœur d’un site historique anglais