Eleveur ovin et maire : « Tout est possible à condition de s’organiser »
Éleveur ovin viande, formateur en production animale et maire de sa commune, Christophe Duffaut jongle depuis dix-huit ans entre ses trois responsabilités. Un engagement au service de son troupeau, de la transmission et de la vie locale.
Éleveur ovin viande, formateur en production animale et maire de sa commune, Christophe Duffaut jongle depuis dix-huit ans entre ses trois responsabilités. Un engagement au service de son troupeau, de la transmission et de la vie locale.
À Izaut-de-l’Hôtel en Haute-Garonne, Christophe Duffaut déchausse ses bottes avant d’entrer dans la mairie. Quelques minutes plus tôt, il préparait ses clôtures mobiles. Maire de ce village de 305 Izautois, il entame aujourd’hui son deuxième mandat, tout en poursuivant ses activités d’éleveur ovin et de formateur au CFA de Saint-Gaudens. Situé dans le pays de Comminges, le village compte une école, un restaurant municipal en recherche de repreneur et une dizaine d’exploitations agricoles.
Quatrième génération d’agriculteurs dans la famille, Christophe a repoussé le plus longtemps possible son installation. « J’étais aide familial et agent peseur au contrôle laitier jusqu’à ce que mon père prenne sa retraite. » À présent, les rôles se sont inversés, son père l’aide à son tour. « S’il n’était pas là, j’aurais sûrement dû abandonner mon métier de formateur », confie celui qui recherche actuellement un salarié à temps partiel.
S’organiser pour mener trois métiers
Élu conseiller municipal en 2001, puis adjoint durant deux mandats, Christophe Duffaut est devenu maire en 2020. Lorsque son père prend sa retraite en 2008, il reprend l’exploitation. « J’avais la crainte de ne pas avoir le temps de tout faire, alors j’ai réduit mes horaires de formateur. Tout est possible à condition de s’organiser, il faut anticiper les choses, même si, dans le domaine animal, rien n’est vraiment prévisible », ajoute l’édile.
« Je suis né ici et j’avais envie de participer humblement à la vie de mon village. En étant éleveur, nos animaux nous condamnent à être présents tous les jours au village, donc j’ai souhaité le combiner en étant utile localement. De ce fait, je suis toujours disponible en mairie. » L’élu souligne qu’être maire est « un sacerdoce et un don de soi ».
Mais l’envie de poursuivre le travail engagé l’a poussé à repartir pour un mandat. « Tout ce que je fais, je le fais par plaisir et non pas par obligation. » Quelques années plus tard, en 2015, il fait bâtir une bergerie. « Je l’ai choisie en bois pour l’intégration paysagère, elle m’a permis de limiter la pénibilité et d’être plus efficace pour me partager entre la mairie et la formation. »
Un troupeau conduit à l’herbe et en estive
Les brebis de Christophe sont exclusivement à l’herbe en prairie naturelle, conduites en pâturage tournant dynamique. Elles sont mises à l’herbe au printemps avec une mise à la reproduction mi-avril, puis elles partent en estive de début juin à début octobre sur la station de ski pyrénéenne de Superbagnères.
En début d’automne, les brebis reviennent gestantes et agnèlent sur l’exploitation. « On bénéficie des regains d’automne qui vont permettre la production de lait des brebis pour nourrir leurs agneaux. J’ai un objectif minimum d’un agneau par brebis par an pour assurer la production et j’y arrive. En un mois et demi, environ 200 agneaux naissent. »
Une exploitation sans repreneur
Pour le renouvellement, l’éleveur choisit des béliers tarasconnais (environ 20 % du cheptel), et ses béliers Montagne noire et Berrichon pour la production d’agneaux de boucherie (environ 300 par an entre 16 et 20 kilos carcasse) destinés à la vente sous IGP Agneaux des Pyrénées et Label rouge Sélection des bergers via la coopérative Arterris.
Christophe s’épanouit également en tant que formateur en production animale auprès des apprentis du CFA de Saint-Gaudens, où il apprécie l’échange et la transmission. « Les apprentis ont des expériences de vie en entreprise, ils sont vaillants et très motivés, c’est donc riche d’échanges. J’aime les accompagner et transmettre », explique-t-il. Aujourd’hui, à 54 ans, après avoir « bâti quelque chose de familial », ne pas avoir de repreneur tourmente l’éleveur. Il lance donc un appel aux futurs éleveurs ovins.
En chiffres :
- 330 brebis tarasconnaises
- 3 béliers tarasconnais, 3 Montagne noire et 2 Berrichon
- 50 hectares
- 2e mandat de maire d’un village de 305 habitants
- 300 agneaux par an entre 16 et 20 kilos carcasse
Une bergerie pensée pour limiter la pénibilité
La bergerie, construite en 2015 par Bati Causses, mesure 950 m2 et dispose d’une charpente en bois lamellé-collé. L’intérieur sert de stockage et dispose d’une bergerie équipée de deux tapis d’alimentation automatique Albouy Équipement. L’alimentation des agneaux au grain est assurée par une cellule automatique Cabi Group.