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Faites croquer la betterave fourragère à vos brebis

Source d’énergie dans la ration des brebis, la betterave fourragère revient dans les exploitations après en avoir quasiment disparu. Ces bons rendements et sa conduite souple en font un fourrage intéressant.

La betterave fourragère présente des qualités intéressantes dans la ration et au niveau de la conduite agronomique.
La betterave fourragère présente des qualités intéressantes dans la ration et au niveau de la conduite agronomique.
© B. Morel

La pulpe de betterave sucrière, riche en énergie, devient trop chère pour les éleveurs depuis qu'elle est utilisée en méthanisation.
La pulpe de betterave sucrière, riche en énergie, devient trop chère pour les éleveurs depuis qu'elle est utilisée en méthanisation. © B. Morel
La perte de disponibilité de la pulpe de betterave, issue de l’industrie sucrière, pousse les éleveurs à chercher d’autres sources d’énergie telle que la betterave fourragère. Très répandue dans les élevages ovins et bovins des Hauts-de-France et de Normandie, la pulpe est passée du statut de déchet, souvent donnée gratuitement aux éleveurs, à une matière première d’intérêt pour la méthanisation, rendant son prix inaccessible pour l’alimentation animale.

En termes d’apports, la betterave fourragère oscille entre 1,20 et 1,27 unité fourragère par kilo (UF/kg) de matière sèche (MS) et présente un PDIA entre 11 et 14 g/kg de MS et un PDI entre 75 et 77 g/kg de MS. Les brebis en lactation vont recevoir entre 4 et 5 kg de betterave fourragère brute, pour 0,6 à 1 kg de MS par jour. « La betterave fourragère apporte également de la protéine, soit 50 % de plus que du maïs, par exemple. Elle est très appétente pour les ovins », souligne Bruno Osson, de Semae. La transition alimentaire nécessite quatre semaines, en commençant par une racine par jour. Il est préférable de hacher les racines pour les brebis les plus âgées.

100 à 120 tonnes par hectare

« La betterave fourragère peut aussi bien être pâturée que distribuée à l’auge », soutient Bruno Osson. « À l’auge, j’ai remarqué que la betterave fourragère a tendance à salir car il reste toujours un peu de terre sur les racines. Il faut donc nettoyer quasiment tous les jours », met également en garde Jean-Yves Grognet, éleveur ovin dans la Somme, qui a arrêté de distribuer ce fourrage pour cette raison.

Cette plante est bisannuelle et pousse principalement à l’automne, lorsque la minéralisation du sol est la meilleure. Son rendement est très important, la moyenne est de 100 à 120 tonnes par hectares, soit entre 18 000 et 20 000 UF/ha. « Il peut alors être intéressant de se regrouper à plusieurs éleveurs pour exploiter une parcelle de bonne taille plutôt que chacun avoir une petite surface chez soi », conseille Bruno Osson. La betterave fourragère résiste bien à la sécheresse et offre un fourrage de qualité pour la fin d’été et l’automne. « Elle parvient à stocker l’eau en cas de manque et repart en développement dès lors que les conditions sont plus favorables. » Les principaux écueils rencontrés par cette culture sont le désherbage, qui doit être très précis et la conservation de la betterave, qui ne dépasse pas quatre à six mois, mais des essais sont en cours pour nettoyer, broyer et ensiler la betterave fourragère pour pouvoir en distribuer toute l’année.

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