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Du lait de brebis biologique pour la gamme Vrai

Atypique en Bretagne, l’EARL Monthierry produit du lait de brebis bio livré à la laiterie Triballat à Noyal.

Émilie et Nicolas Michaud le reconnaissent, ils n’avaient pas vraiment vocation à s’installer avec des brebis. Leur première Epi (étude prévisionnelle d’installation) avait été pensée avec des vaches laitières. Mais avec seulement 24 hectares disponibles, l'étude ne passe pas. « Nous étions motivés par le bio mais pas branchés circuits courts. Nous sommes éleveurs, pas commerciaux. Il y a un certain confort à avoir le camion qui passe collecter le lait trois fois par semaine et la paie qui tombe tous les mois ». Ils se renseignent donc auprès de la laiterie Triballat à Noyal qui recherche alors des producteurs de lait de brebis. Tout s’enchaîne ensuite très vite. Après un déplacement dans l’Aveyron, ils reviennent avec un lot d’agnelles lacaune, refont leur Epi et s’installent dans la foulée en 2004. Aujourd’hui, ce sont 300 brebis qui sont traites à l’EARL Monthierry, à Saint-Germain-en-Coglès (Ille-et-Vilaine).

Les brebis sont mises à la reproduction mi-mai, dans l’objectif de commencer la collecte le plus tôt possible, vers la fin octobre. « C’était une des conditions posées par Triballat à notre installation, ils voulaient du lait précoce pour étaler leur collecte sur l’année. D’un côté, c’est intéressant car il y a une plus-value sur le lait d’hiver mais, en même temps, cela nous oblige à produire plus de la moitié de notre lait sur stocks » regrette l’éleveur. Les luttes sont naturelles et si 80 % des agnelages ont lieu en un mois, il y a quelques agneaux jusqu’en mars. « Je préfère des brebis qui font une demi-lactation que pas de lactation du tout. » Depuis cette année, les éleveurs adhèrent au contrôle laitier. « Après dix ans d’installation, on entre dans une phase d’optimisation. Le contrôle laitier peut permettre par exemple d’améliorer la sélection des agnelles de renouvellement qui jusqu’à présent était effectuée sur critères visuels. »

La génétique, le matériel et le conseil venus de l'Aveyron

Les brebis sortent au pâturage dès que le temps le permet. L’herbe va représenter la moitié de la ration dès mi-avril et elles sont sorties jour et nuit à partir de juin. « Nous gérons le pâturage avec fil avant et fil arrière pour éviter les problèmes de parasitisme ». Cependant les éleveurs distribuent toute l’année un peu de foin et du concentré de production en salle de traite. Ils ont investi en 2008 dans un séchoir pour optimiser la qualité des fourrages et le bâtiment est équipé d’un tapis d’alimentation pour faciliter la distribution.

Les agnelets sont collectés vers trois semaines par l’OP Ovi-ouest qui travaille avec l’abatteur Loeul-et-Piriot. Avant leur départ, les brebis sont traites un jour sur deux. Les agneaux parqués le temps de la traite sont remis avec leur mère après quelques heures. En fin de lactation, en juin, le cheptel est passé en monotraite. Mi-juillet, la collecte est arrêtée et les éleveurs espacent les traites progressivement en ne trayant qu’un jour sur deux puis un jour sur quatre et en congelant le lait pour les agneaux orphelins.

Les éleveurs adhèrent à l’Avem, une association de vétérinaires de l’Aveyron, qui vient dans la région une fois par an et qu’ils peuvent solliciter par téléphone pour toute question. « On ne peut pas attendre des institutions locales des informations sur les ovins laits. La génétique, le conseil, le matériel, nous devons aller le chercher dans le bassin aveyronnais. »

Chiffres clés

280 brebis lacaune
55 ha dont 40 d’herbe
2 UTH
1,19 €/L de prix moyen 2015

Une filière longue pour le lait de brebis bio en Ille-et-Vilaine

Triballat collecte sur son site de Noyal, en Ille-et-Vilaine, plus de 60 millions de litres de lait par an. 45 millions en vaches, 6 millions en chèvres et 600 000 litres en brebis bio. « Nous faisons du lait de brebis dans la région depuis 1998-1999, se souvient Marc Belhomme, responsable des relations producteurs chez Triballat. Nos commerciaux souhaitaient élargir la palette de produits au-delà du lait de vache et avec la gamme Vrai (produits frais bio), nous avions des consommateurs plus enclins à s’intéresser aux laits d’autres espèces. Nous avons battu la campagne pour faire connaître le projet avec la chambre d’agriculture et la coopérative Ovi-Ouest intéressée pour récupérer des agneaux bio. Nous avons commencé avec six producteurs, des éleveurs en reconversion après une première partie de carrière dans une autre production et des jeunes en installation. Nous avons planifié avec eux la conversion des terres et l’arrivée des brebis pour que le premier litre de lait collecté soit bio. Nous avons beaucoup échangé avec le bassin de Roquefort pour la génétique, l’alimentation, le matériel… En parallèle, Triballat a eu l’opportunité de racheter au début des années 2000 une petite laiterie en Lozère, qui n’a cessé de se développer et collecte aujourd’hui 56 producteurs et six millions de litres. Avec les deux bassins, nous avons multiplié notre collecte de lait de brebis bio par dix en 12 ans. »

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