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Des Shropshires au service d’une ferme cidricole et céréalière

Les 400 brebis Shropshires du SCEA du Clos Bernard alternent entre vergers bio et couverts végétaux. Les moutons font baisser la pression parasitaire.

Bilan de la conversion bio et de l'introduction des brebis © SCEA du Clos Bernard
Bilan de la conversion bio et de l'introduction des brebis
© SCEA du Clos Bernard

Installés depuis 10 ans, Sébastien Vanlerberghe et son équipe cultivent une centaine d’hectares de grandes cultures et 107 hectares de vergers pommes à cidre, dont une douzaine d’hectares en haute tige. En 2012, des analyses dans les eaux de la nappe de captage montrent des traces de désherbant. « Ça a été une prise de conscience et je suis allé voir un éleveur de Shropshire », explique le gérant de la SCEA du Clos Bernard lors d’un webinaire Arbres et élevages organisé par Agrof’île le 11 février dernier.

En 2013, il traverse la Manche et achète un troupeau qu’il va progressivement faire grandir. « Nous avons fait des essais pendant deux ans et nous sommes passés en bio en 2015 ». De 150 têtes en 2014, la troupe passe à 400 brebis aujourd’hui. « Je n’étais pas du tout éleveur et j’ai dû me faire un peu la main », raconte l’agriculteur de l’Oise. Les brebis sont en plein air intégral mais l’élevage est quand même doté d’une bergerie tunnel, acheté d’occasion, pour accueillir les jeunes agneaux et leur mère.

Les brebis mangent les fruits véreux et les feuilles tachetées

Les brebis pâturent les vergers de la mi-novembre à la mi-février puis de la mi-mars à la mi-septembre. À raison de trois à quatre brebis maximums par hectare, les Shropshires vont dégrader les feuilles en piétinant et ainsi faire baisser la pression de maladie, le tout sans écorcer les arbres. « Les brebis réduisent l’enherbement et, en cassant les galeries au pied des arbres, il y a moins de mulots, énumère l’arboriculteur-éleveur. En se frottant contre les troncs, elles enlèvent un peu de cochenilles. En mangeant les fruits véreux, elles limitent à deux le nombre de traitement contre les carpocapses. Enfin, en mangeant les feuilles jusqu’à 1,3 mètre environ, la tavelure est limitée grâce au piétinement et à la dégradation des feuilles plus rapide pendant l’hiver. Avant, il nous restait toujours des feuilles au sol de l’année précédente. Or, au printemps, les contaminations reviennent des feuilles de l’année précédente. »

Un plein air intégral coûteux en agneaux

Vers la fin février-début mars, les brebis agnèlent sur les couverts végétaux, principalement du colza fourrager et du trèfle d’Alexandrie, avec du pâturage de la luzerne. Elles retourneront sur ces couverts végétaux pour le flushing et la lutte, pendant la récolte des pommes, de la mi-septembre à la mi-novembre. « Les béliers ne vont pas dans les vergers car ils écorcent les arbres pour marquer leur territoire et les brebis les imitent ». La crainte que les animaux touchent les arbres demeure, surtout sur les jeunes vergers. « On ne met pas trop de densité et, dès que brebis ou les agneaux commencent à toucher les arbres, on sort le lot et on les change de parcelle ».

Avec une prolificité de 1,7 et une productivité de 1,1, il y a encore une perte importante d’agneaux qui naissent et meurent dans l’humidité et le froid. « On doit encore s’améliorer pour avoir moins de pertes », reconnaît Sébastien Vanlerberghe. Les mères et leurs petits qui passent deux jours dans le tunnel pourraient peut-être à l’avenir prolonger leur repos post-partum dans des cabanes mobiles. Une partie des agnelles sont vendues pour la repro et environ 70 agneaux partent en caissette. Le reste part avec la coopérative EMC2.

« La gestion de l’herbe nous prenait du temps et pouvait casser les arbres, se souvient Sébastien Vanlerberghe. Aujourd’hui, les moutons, c’est une vraie plus-value ». Paroles de convaincu.

Damien Hardy

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