Dossier | La recette d'une agnelage réussi
Des pratiques et du matériel pour faciliter le travail à l’agnelage
Si les pratiques des éleveurs autour de l’agnelage sont adaptées à leur conduite, certains fondamentaux sont communs : surveiller les mises bas et avoir à disposition le matériel et les médicaments nécessaires.
Si les pratiques des éleveurs autour de l’agnelage sont adaptées à leur conduite, certains fondamentaux sont communs : surveiller les mises bas et avoir à disposition le matériel et les médicaments nécessaires.
Quel que soit le type génétique, les brebis et leurs nouveau-nés ont besoin d’attention autour de la naissance. La surveillance n’est pas nécessaire en pleine nuit. Une étude en élevage avait en effet montré que seule une absence de plus de sept heures était considérée comme à risque. Lorsque les brebis mettent bas en bergerie, plusieurs pratiques facilitent le travail de surveillance. Par exemple, la réalisation de lots de petite taille, de 15 à 20 brebis, limite les mélanges d’agneaux entre brebis lors des mises bas. De même, la séparation systématique des brebis qui allaitent avec celles qui sont gestantes est une aide pour identifier un nouveau-né ou une mise bas imminente.
Lorsque la brebis a mis bas, un passage en case d’agnelage, a minima pour les portées multiples, facilite le lien entre la mère et ses agneaux et la surveillance de l’éleveur. Si toutes les femelles y séjournent, il faut en installer 20 % du lot pour une lutte naturelle et entre 30 et 50 % lorsque les brebis sont synchronisées. De nombreux modèles de cases d’agnelage sont mis en place en élevage, certains avec abreuvoir pour limiter l’astreinte de l’abreuvement. La brebis et sa portée y séjournent environ 48 heures. Lors de la rentrée en case, la palpation de la mamelle permet de s’assurer de la présence de colostrum. Dans le cas contraire, l’agneau est rapidement complémenté à raison de 100 grammes par kilo de poids vif (soit environ 400 millilitres pour un agneau né double). Les cases, d’une surface d’1,5 à 2 m² sont paillées une à deux fois par jour.
La page WEB EquipInnOvin vous propose différents types de cases d’agnelage.
La pharmacie « spécial agnelage »
Le petit matériel
• Des gants à usage unique afin de prévenir la transmission d’une maladie infectieuse : des longs, dits "gants de délivrance", et des petits à mettre par-dessus,
• Une réserve de colostrum de brebis, de vache ou de chèvre stockée au congélateur pour complémenter les agneaux si besoin,
Bouteilles de colostrum. ©Ciirpo
• Des seringues et des aiguilles jetables (jaunes, bleues et roses de 2, 5, 10, 20 millilitres),
• Un thermomètre pour décider du traitement d’un animal malade,
• Un biberon pour faire téter un agneau,
• Un pélican pour sonder un agneau,
• Une lampe chauffante pour réchauffer un agneau refroidi ou le coin des « biberons »,
• Des élastiques si équeutage,
• Un moyen de contention pour réaliser une adoption : case d’adoption et corde,
• Une cordelette pour aider à faire naître un agneau,
• Des pessaires ou harnais pour contenir un prolapsus vaginal.
Balance à crochet. ©Ciirpo
Les produits
• Du gel obstétrical pour faciliter un agnelage difficile,
• Un analeptique cardiorespiratoire pour réanimer un nouveau-né,
• Un soluté glucosé à 5 % pour réveiller un nouveau-né refroidi,
• Des antibiotiques à large spectre pour lutter contre les affections microbiennes prescrits par le vétérinaire traitant dans le cadre d’un protocole de soins,
• Un soluté calcique et une préparation à base de monopropylène glycol en cas de toxémie de gestation ou d’hypocalcémie chez une brebis,
• Un produit désinfectant et asséchant pour les cordons ombilicaux,
• Un produit désinfectant pour la pose des boucles d’identification,
• Une solution pour les complications après la mise bas de type non-délivrance,
• Un anti-hémorragique si besoin.
Lubrifiant et pistolet manuel. ©Ciirpo
Des « pense-bêtes » pour les périodes d’agnelage
Ces exemples de pense-bêtes assurent un accès facile aux informations et permettent d’identifier d’un coup d’œil les points critiques.
- Le bardage ou la barre d’auge sont peints à la peinture à tableau noire (disponible dans les rayons de bricolage). Une ardoise peut aussi être accrochée au-dessus de la case. Y sont écrits : une mammite, un biberon à donner, une brebis malade à soigner…
Ardoise. ©Ciirpo
Des fanions amovibles signalent les cases à risques : brebis avec un seul quartier, manque de lait, agneau à faire téter… Plusieurs couleurs peuvent être utilisées (vert, rouge).
Fanion. ©Ciirpo
- Un élastique à bocal porté en collier peut être utile pour repérer rapidement certains agneaux. Par exemple, les agneaux à la louve qui ne savent pas téter, un nouveau-né qui doit de nouveau boire du colostrum ou bien recevoir un traitement. Il est possible d’y ajouter des notes à l’aide d’un marqueur : numéro de mère, etc.
Elastique à bocal. ©Ciirpo