Aller au contenu principal

Des Ovinpiades en Limousin à berger dans la plaine de la Crau

Cavalier professionnel, pâtissier et même pompier, Sam Feugueur, ancien étudiant en BTS PA aux Vaseix voit tous ses rêves d’enfant bouleversés par ses participations au Ovinpiades des jeunes bergers… Récit d’une passion qui a conduit Sam au sommet !

<em class="placeholder">Sam Feugueur, 23 ans, est berger dans la plaine de la Crau (Bouches-du-Rhône)</em>
Sam Feugueur, 23 ans, est berger dans la plaine de la Crau (Bouches-du-Rhône).
© DR

Issu d’un milieu ne le prédestinant pas à la filière ou à la production ovine, le jeune Sam voit tous ses projets évoluer à l’arrivée de son beau-père. Un éleveur ovin venant renverser ses ambitions. En effet, vers ses 14 ans, Sam découvre l’élevage ovin.

Les activités réalisées (nourrir les bêtes, soigner les nouveau-nés, tondre des brebis…) vont aiguiser sa curiosité et le pousser à en apprendre plus sur cette production.

Se former à une passion

Sam décide de faire ses études en lycée agricole. À la suite d’un bac technologique au lycée agricole d’Ahun (Creuse), il intègre le BTS PA de Limoges-Les Vaseix (Haute-Vienne). Ce qui a guidé et motivé Sam durant ces années de formation, c’est la rencontre d’enseignants de zootechnie, passionnés du mouton. Tout commence par son enseignant de seconde qui l’a convaincu de participer au Ovinpiades… le début de nouvelles perspectives !

Se préparer, se tromper, essayer, rigoler, se challenger, toujours apprendre, se découvrir, partager, rencontrer… autant de facettes résonnant dans la tête de Sam quand on lui demande de parler des Ovinpiades.

Les Ovinpiades, détecteur de talent

En 2019, Sam remporte les Ovinpiades régionales des jeunes bergers, un concours mettant en lumière les talents et savoir-faire des futurs éleveurs ovins. Cette première place lui permet de se qualifier pour la finale nationale à Paris, où il terminera à une honorable 25e position.

Sa performance, alliant expertise, maîtrise technique et passion, lui a permis de se faire remarquer par de nombreux professionnels du secteur, dont Léa Goin, son enseignante en zootechnie en BTS Productions animales, qui n’a cessé de souligner son potentiel dans la filière ovine.

 

 
<em class="placeholder">Sam Feugueur pose les clôtures pour le troupeau de brebis.</em>
Le quotidien de Sam est rythmé par le troupeau, le changement de paddock, la pose et la dépose des clôtures. © DR

Pour Sam, cette expérience a été extrêmement formatrice : « Les Ovinpiades m’ont beaucoup appris, grâce aux épreuves théoriques, pratiques et aux rencontres avec des personnes de régions différentes avec des systèmes d’élevages variés », explique-t-il. Pour lui, chacune de ses quatre sélections a été l’occasion d’acquérir des connaissances. Son meilleur souvenir reste, évidemment, sa victoire.

Un éleveur aguerri

Sam, du haut de ses 23 ans, est salarié dans une exploitation de 4 000 brebis. Il aide Vincent Goin à gérer le troupeau dans les Bouches-du-Rhône et plus précisément dans la plaine de la Crau. L’élevage est celui du père de son ancienne enseignante en BTS PA.

Pour Sam, aucune journée ne se ressemble. Il commence tôt vers 6 heures, il s’assure que tous les animaux vont bien. Ensuite, il s’occupe des bêtes dans le besoin (malades, ou autres). Puis, le jeune salarié gère les paddocks, pose des clôtures, en enlève car il est important que chaque brebis ait de quoi subvenir à ses besoins alimentaires. « Mon temps est consacré aux animaux et je passe ma journée dehors, quel plaisir quand on est amoureux de la nature », nous partage Sam.

Dans ses plaines, loin de la Creuse, entouré de ses brebis et face aux paysages immenses, Sam vit aujourd’hui au rythme du soleil et de la pousse de l’herbe… Il espère que son parcours inspirera d’autres jeunes à s’engager dans la filière ovine. « Il faut y aller, c’est une filière qui a de l’avenir parce que c’est une production qui reste accessible, où l’on peut commencer avec peu et se développer », argumente-t-il.

Partir à 500 km de chez soi, un défi…

Abandonner un environnement familier, comme l’a fait Sam en se séparant de sa famille et de ses amis, requiert une maturité considérable. Pour certains, cette épreuve peut sembler insurmontable, cependant, Sam a su en tirer une grande force.

 

 
<em class="placeholder">Sam distribue du foin aux brebis.</em>
Sam Feugueur, berger : « Mon temps est consacré aux animaux et je passe ma journée dehors, quel plaisir quand on est amoureux de la nature. » © DR

Évoluer au rythme du troupeau dans une région qu’il ne connaît pas exige une résilience exemplaire. Néanmoins, pour ceux choisissant de s’y engager, cette expérience peut se révéler être une quête de sens, un retour à une valeur fondamentale : la simplicité !

Léa Goin, devenue chef d’exploitation en lycée agricole et associée dans la ferme familiale

L’œil, la patience et la dextérité du berger

« C’est en voyant Sam préparer les Ovinpiades que j’ai vu ses capacités, il a l’œil, la patience, la dextérité du berger. C’est tout naturellement qu’à la fin de son BTS, je lui ai proposé un poste de salarié berger dans l’exploitation familiale, bien loin de sa Creuse natale. »

Rédaction Réussir

Les plus lus

<em class="placeholder">Outil multifonction intégré au parc de contention permettant de parer une brebis sur le dos</em>
Bien choisir sa cage de retournement
Parer les onglons peut être éprouvant physiquement. Une cage de retournement est une solution pour soulager l’éleveur. Il en…
Un chiot de protection dans une case refuge dans une bergerie avec ovins.
Introduire un chiot de protection dans un troupeau ovin, une étape clé
Le chien de protection est un atout des troupeaux face à la prédation. Le choix du chien et son introduction dans le troupeau…
<em class="placeholder">Des agneaux en case d&#039;allaitement à la louve</em>
L’allaitement artificiel, une charge à maîtriser
L’allaitement artificiel garantit un apport de lait suffisant aux agneaux surnuméraires. Certains fondamentaux sont à respecter…
Trois hommes avec deux chiens, assis dans l'herbe, et des brebis dans le fond.
Puy-de-Dôme : « Nous produisons 2 000 agneaux en autonomie fourragère »
Avec ses 1 480 brebis, le Gaec de la Rode affiche une totale autonomie au niveau des fourrages. C’est le fruit de toute une…
<em class="placeholder">Troupeau de brebis en Bosnie-Herzégovine</em>
En Bosnie-Herzégovine, l’élevage ovin pastoral cherche sa voie
Dans le Canton 10 de Bosnie-Herzégovine, les ruminants façonnent depuis longtemps d’impressionnants paysages pastoraux. Confronté…
<em class="placeholder">Photo d&#039;ouverture</em>
Brebis et vaches font la paire
La complémentarité entre élevage ovin et bovin offre de nombreuses synergies, en matière de pâturage, d’équipement ou de conduite…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir Pâtre
Consultez les revues Réussir Pâtre au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Réussir Pâtre