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Avortements chez les ovins : les conseils d’un vétérinaire pour les éviter

En cas de vague d’avortements, trois réflexes sont à adopter : protéger les humains comme les bêtes, alerter les services vétérinaires et faire soigner. La ration, la gestion des lots ou la prévention des maladies infectieuses sont autant de leviers pour limiter le risque d’avortement.

Agneau en gros plan
Suite à la visite du vétérinaire sanitaire, des analyses pour la recherche de la brucellose, de la fièvre Q, de la chlamydiose et de la toxoplasmose peuvent être entreprises.
© D. Séailles

« L’expulsion d’un fœtus, d’un animal mort-né ou la mort d’un animal dans les douze heures suivant sa naissance sont autant de cas d’avortement », rappelle Laurent Saboureau, vétérinaire responsable du Pôle santé animale de l’Alliance pastorale, lors d’un webinaire Inn’ovin le 23 octobre. Que faire en cas d’avortement ? « C’est un peu pareil que pour les premiers secours : il faut protéger, alerter et soigner. »

Quand une brebis avorte, il y a un risque qu’elle soit atteinte d’une maladie infectieuse. Certaines de ces maladies sont transmissibles à l’homme : brucellose, chlamydiose, fièvre Q, toxoplasmose… il convient donc de revêtir des gants et autres équipements de protection individuelle avant de manipuler la brebis qui a avorté. Il faut aussi éviter d’y exposer les personnes fragiles. La brebis doit être isolée du reste du lot. Le placenta et le fœtus doivent être écartés, et le matériel souillé, désinfecté. Les fumiers peuvent aussi être contaminés. Les bâcher avant de les épandre permet de limiter le risque de contamination des prairies par la fièvre Q.

Quand faut-il alerter les services vétérinaires ?

Si les avortements sont rapprochés ou répétés, il est obligatoire de les déclarer au vétérinaire sanitaire. Sa visite est prise en charge par l’état. Charge à lui de réaliser les prélèvements nécessaires pour détecter de potentielles maladies infectieuses, et de conclure si les avortements y sont imputables. En conséquence, on aura éventuellement recours à un traitement antibiotique sur le lot comportant des brebis ayant avorté.

Comment limiter les risques d’avortement ?

Chocs, stress, ration déséquilibrée, maladies infectieuses… les causes d’un avortement peuvent être multiples. Des gestes de prévention générale permettent de limiter ces risques, notamment pendant la fin de la gestation. Durant cette période cruciale, il convient d’éviter le stress et les manipulations, comme un déparasitage trop tardif. Il faut aussi adapter la ration alimentaire aux besoins énergétiques de l’animal : « Attention aux fourrages humides, comme l’ensilage et l’enrubannage. Ils peuvent être souillés par de la terre à partir de laquelle se développe la listeria. En cas de soupçon, il est recommandé d’utiliser des compléments alimentaires riches en levures et en lactobacilles. Ces micro-organismes font compétition à la listeria, la rendant moins virulente. » Ces compléments se présentent sous forme de poudre à mélanger à la ration.

Enfin, le risque infectieux n’est pas à négliger. En plus de la vaccination, quelques bons réflexes sont à adopter dans la gestion des lots de brebis : « Évitez de mélanger les brebis et les agnelles gestantes. Ne gardez pas d’agnelles d’un lot de brebis ayant avorté ou d’agnelles adoptées par des brebis avortées. Les brebis qui viennent d’être achetées doivent être gardées en quarantaine et conduites séparément jusqu’à leur mise bas. » Attention également aux déjections de chatons, de rongeurs et d’oiseaux, vecteurs de la toxoplasmose, qui pourraient être présents dans la litière des brebis.

Définitions

  • Avortements rapprochés : à partir de trois avortements en sept jours, ou moins.
  • Avortements répétés : si moins de 250 femelles, à partir de 4 % de brebis avortant. Si plus de 250 femelles, à partir du 10e avortement.

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