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Pastèque : des nouveaux critères pour les variétés

Petit ou gros calibre, à peau noire ou verte striée, sans pépin ou avec micro-pépins… Une grande diversité de variétés de pastèque est aujourd’hui disponible, le point faible restant la tolérance aux bioagresseurs.

<em class="placeholder">Pastèques de la variété Takemi.</em>
Nunhems propose depuis deux ans Takemi, Sugar Baby à micro-pépins très petits, aux fruits de 2 kg.
© Nunhems

Depuis quelques années, le marché de la pastèque en France est très dynamique. Des melonniers en recherche de diversification, aux petits maraîchers en vente directe souhaitant élargir leur offre, en passant par des spécialistes, de nombreux producteurs s’y intéressent aujourd’hui. Et si la pastèque était historiquement cultivée dans le Sud-Est, il s’en produit aujourd’hui dans le Sud-Ouest, le Centre-Val de Loire et même au nord de la Loire. « Près de 450 à 500 hectares de pastèques ont été cultivés en France métropolitaine en 2025 », évalue Lilian Pradel, spécialiste cucurbitacées à Syngenta.

L'objectif d’un calibre de pastèque de 2 à 3 kilos

Les semenciers investissent donc ce segment porteur avec une offre d’hybrides qui s’étend. Trois principaux types sont proposés : Sugar Baby (à la peau vert sombre à noire, de forme ronde), Jubilee (à l’épiderme vert clair strié et aux fruits allongés ou ronds) et Crimson Sweet (à l’écorce vert foncé striée et mouchetée, de forme allongée ou ronde, au calibre souvent plus élevé). Si les Sugar Baby sont majoritaires en conventionnel, des producteurs cultivent aussi des variétés vertes, notamment en bio et en vente directe. Un critère essentiel dans tous les cas est le calibre.

Lire aussi : Melon et pastèque : 12 différences essentielles

« Dans le Sud, où la consommation de pastèques est plus traditionnelle, des producteurs recherchent des fruits de 4 à 5 kilos, constate Léa Demeulemeester, cheffe produit pastèque pour Voltz maraîchage. Mais la demande porte surtout aujourd’hui sur des fruits de 1,5 à 3 kilos, adaptés à la taille des foyers actuels, voire plus petits, de 800 grammes à 1 kilo. Dans tous les cas, l’homogénéité de calibre et de forme est essentielle. » Si quelques variétés à chair jaune ou orange sont proposées, la couleur de chair plébiscitée est le rouge, avec la recherche d’un rouge sombre intense et d’une chair ferme et juteuse. Autres critères : la forme du fruit, la forme ronde étant la plus recherchée, et une écorce pas trop épaisse pour la consommation, mais assez pour supporter les chocs en circuit long. Enfin, le goût est un axe de sélection important. « Le goût et un taux de sucre supérieur à 10° Brix sont essentiels sur un marché en construction », estime Jérôme Pomes, responsable melon pastèque de Nunhems.

Réduire la taille des micro-pépins

Si des maraîchers, notamment en bio, cultivent encore des variétés avec pépins, un critère essentiel pour la majorité des producteurs est l’absence ou la quasi-absence de pépins. Depuis vingt ans, les semenciers proposent donc des variétés triploïdes de pastèque sans pépins. « Les pépins sont devenus un motif de non-achat en France, constate Lilian Pradel. De plus, comme ils produisent des enzymes qui dégradent la chair, les variétés sans pépins se conservent mieux. » Ces variétés étant stériles, elles impliquent toutefois, pour un meilleur rendement, d’y associer un pollinisateur. Des semenciers proposent des pollinisateurs spécifiques, à la floraison abondante, mais dont les fruits ne se consomment pas. Des producteurs utilisent aussi comme pollinisateurs des variétés à micro-pépins consommables, avec la nécessité de fruits différents de ceux de la culture principale et d’une commercialisation spécifique de ces fruits. Depuis quinze ans, les sélectionneurs ont donc mis au point des variétés à micro-pépins. Et un axe essentiel aujourd’hui est la réduction de la taille des micro-pépins. « Ces variétés à micro-pépins, qui ne gênent pas la consommation, sont autofertiles et évitent d’implanter des pollinisateurs, souligne Jérôme Pomes. Elles simplifient la plantation, la récolte et la commercialisation. Et nous travaillons à réduire encore la taille des micro-pépins. »

Des variétés de pastèque vigoureuses

Le rendement est un critère important, avec une moyenne de 40 à 50 tonnes par hectare pour les variétés à petit calibre, mais de fortes variations liées surtout au climat et à l’expertise du producteur apparaissent. Un point clé est la sensibilité de la variété aux à-coups climatiques, à la chaleur et à la sécheresse. « La plante doit être assez vigoureuse pour tenir dans la durée et faire de la végétation avant la floraison, pour protéger les fruits des coups du soleil », note Emmanuel Dorel, responsable développement de Prosem

Lire aussi : Pastèque en Maine-et-Loire : « J’ai toujours environ six variétés »

Autres critères : le besoin en eau, assez élevé en pastèque et qui devient un axe de sélection, le groupage de la récolte et la durée du cycle. La culture s’étendant au nord, les sélectionneurs travaillent sur des variétés à cycle plus court. Enfin « une meilleure résilience aux bioagresseurs est un axe de sélection important, souligne Mathieu Bourgouin, spécialiste melon pastèque à Rijk Zwaan. Nous travaillons sur des variétés permettant de réduire les coûts au champ et d’avoir une production commercialisable élevée, ce qui implique des plantes bien équilibrées, une bonne tolérance aux bioagresseurs et une récolte groupée. » De nouvelles variétés présentent une résistance intermédiaire aux races 0, 1 et 2 de la fusariose (Fon 0, 1, 2) et aux races 0 et 1 de l’anthracnose (Co 0,1). La résistance intermédiaire à la race 1 de l’oïdium (Px 1) commence aussi à être introduite, mais reste encore très rare. Et aucune résistance n’existe contre le mildiou, ni surtout le puceron, qui pose de gros problèmes, même si des différences de sensibilité au puceron sont observées.

Lire aussi : [Dossier] Melon et pastèque : faites vos choix

Une offre de pastèque qui s’étoffe

L’offre des semenciers continue de s’élargir avec des variétés plus productives, aux micro-pépins plus petits et de plus petits calibres.

Syngenta propose plusieurs variétés de pastèque avec pépins et sans pépins, dont Dorin, Sugar Baby sans pépins de 2 à 4 kilos, productive et gustative, au bon potentiel de conservation. En 2026, il lance Moretta, Sugar Baby proche de Dorin par sa qualité interne, avec des fruits de 3 à 5 kilos, IR Fon 0,1/Co 0,1/Px 1. Et pour polliniser les variétés sans pépins, il propose le pollinisateur SP-7, à la floraison mâle précoce, à la floraison abondante, peu vigoureuse et ne gênant donc pas la cueillette, IR Co 1/Fon 1/Px 1. 

Nunhems propose plusieurs variétés de pastèque avec pépins, sans pépins et avec micro-pépins. Il y a quelques années, il a lancé Hiromi, Jubilee à micro-pépins, à cycle court, aux fruits de 2 kilos. Et depuis deux ans, il propose Takemi, Sugar Baby à micro-pépins très petits, à la bonne accroche et qui produit des calibres homogènes de 2 kilos. 

Prosem propose notamment Orininja, Crimson Sweet de 1,5 à 3 kilos à micro-pépins, productive, au cycle de 70 jours, Ovalie, Jubilee allongée de 2 à 3 kilos avec pépins, au cycle de 60 jours, très gustative, à l’écorce fine, et Letosun, Sugar Baby avec pépins à la chair jaune, de bon potentiel gustatif. Il lance aussi Primavera, Crimson Sweet sans pépins, IR Px 1 et aux besoins en eau réduits de 30-50 % par rapport au standard. 

<em class="placeholder">Pastèques de la variété Orininja.</em>

En 2024, Prosem a aussi lancé PP24X0, pollinisateur spécifique puissant, précoce et à la floraison étalée. Et en 2026, il va développer une Sugar Baby sans pépins de 4 à 5 kilos au potentiel gustatif élevé.

Élargir la gamme des micro-pépins

Rijk Zwaan développe depuis deux à trois ans Gatinho, variété striée à micro-pépins, aux fruits de 2 à 3 kilos, gustative et pollinisatrice des variétés sans pépins, et Conguita, Sugar Baby à micro-pépins, aux fruits de 2 à 3 kilos, gustative et productive. En 2025, il a lancé Vaiana, Sugar Baby aux fruits de 1 kilo, à très petits micro-pépins, très productive. Et en 2026, il lance Cherrinho, variété striée à très petits micro-pépins, plus précoce que Gatinho, à la chair rouge intense et ferme et pollinisatrice des variétés sans pépins. 

Voltz maraîchage propose depuis trois à quatre ans les Tiger à micro-pépins Menina et Pepita, aux fruits de 1,5 à 2 kilos, ainsi que Nikas, Crimson Sweet à micro-pépins, à cycle court, adaptée notamment au nord Loire, aux fruits de 2 à 2,5 kilos, IR Px 1. Les trois variétés sont aussi pollinisatrices des pastèques sans pépins. En 2024, le semencier a aussi lancé Pasion, Sugar Baby sans pépins, à la plante vigoureuse, aux fruits de 2 à 3,5 kilos, très gustative. Et en 2025-2026, il lance Mini Micro, Crimson Sweet aux fruits de 1 kilo, vigoureuse, recommandée pour le sud de la France, et Reina Neigra, Sugar Baby sans pépins, vigoureuse et productive, aux fruits de 4 à 5 kilos.

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