« Nous suivons avec précision la croissance des porcs en engraissement »
À la SCEA Porc de Brocéliande, les performances élevées en engraissement s’expliquent par un ajustement quotidien des consommations, un pilotage fin des données d’élevage et un contrôle régulier de la précision de la machine à soupe.
À la SCEA Porc de Brocéliande, les performances élevées en engraissement s’expliquent par un ajustement quotidien des consommations, un pilotage fin des données d’élevage et un contrôle régulier de la précision de la machine à soupe.
À la SCEA Porc de Brocéliande, les croissances quotidiennes en engraissement dépassent le kilo. L’atelier naisseur-engraisseur de 135 truies a connu sur les six derniers mois un gain moyen quotidien de 1 011 g en engraissement, accompagné d’une bonne efficacité alimentaire (IC J84-J154 de 2,28) et d’un taux de muscle de 62,67 %.
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Les carcasses se sont alourdies ces dernières années, progressant de 94 à 98 kg avec un taux de porcs dans la gamme dépassant 97 %. Des niveaux de performances exceptionnels pour cet élevage en mâles castrés, nourri en engraissement avec les céréales de la ferme mélangées avec 25 % de complémentaire. « Ma stratégie est de faire un maximum de poids en un minimum de temps, tout en optimisant la plus-value technique », explique Emmanuel Ruelland, installé depuis quinze ans à Iffendic en Ille-et-Vilaine. L’éleveur reconnaît toutefois que son travail pour obtenir un taux très élevé de porcs dans la gamme peut engendrer de la surcharge et donc pénaliser les croissances.
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De la souplesse dans la conduite des bandes
L’éleveur voit plusieurs avantages à l’amélioration des croissances, au-delà des performances technico-économiques. « Réduire le temps de présence en engraissement nous permet d’avoir de la souplesse dans la conduite en bandes et d’être moins sous pression lors du lavage, avec une période de vide entre bandes qui peut aller jusqu’à trois semaines, favorable à un vrai vide sanitaire », apprécie-t-il. Il est aidé d’une salariée, Sabrina, pour mener l’élevage qui est par ailleurs ferme test sur les gammes premier et deuxième âges pour Le Gouessant. Les porcs sont transférés à environ 33 kg vers l’un des cinq engraissements en respectant scrupuleusement le chargement (bâtiment de 1 200 places plus un engraissement tampon dans un bâtiment rénové). « Les lots sont conduits en bande stricte, ce qui évite le réallotement et le risque de bagarre. » Un départ a lieu tous les 15 jours afin d’avoir un maximum de porcs dans la gamme, avec trois départs par bande : 20 % des porcs charcutiers de la bande partent lors du premier départ à 150 jours, 60 % lors du second. « Ils libèrent de la place pour les autres, qui vont pouvoir davantage exprimer leur potentiel de croissance. »
Une surveillance lors des repas
En plus de la génétique utilisée depuis plus de dix ans (femelle DanBred et mâle Duroc DanBred), l’éleveur justifie ses bonnes performances par le suivi très rapproché des consommations et du gain de poids des animaux. « La courbe d’alimentation est ajustée quotidiennement vanne par vanne en fonction de l’observation du nettoyage des auges, réalisée deux fois par jour pendant la phase de transition alimentaire des premiers jours d’engraissement puis une fois par jour jusqu’en fin de bande. L’objectif est d’atteindre le plus rapidement possible le plafond de 2,8 kg/j en phase de croissance tout en recherchant le seuil de satiété pour éviter les surconsommations. Tout se joue sur les six premières semaines d’engraissement ! », souligne l’éleveur. Dans le détail, les porcs démarrent à 1,4 kg par jour avec une progression de 30 g par jour, avec trois repas quotidiens, la modulation pouvant aller au final jusqu’à 112 %. En finition, les porcs passent à deux repas quotidiens tandis que le plafond est abaissé à 2,71 kg. L’éleveur et sa salariée consacrent également du temps à l’observation du comportement des animaux pour détecter d’éventuels signes précurseurs d’une pathologie ou des boiteries. L’élevage bénéficie par ailleurs d’un bon état sanitaire avec un taux de pertes sevrage-vente inférieur à 5 %. « Étant en autorenouvellement, nous ne rentrons aucun animal de l’extérieur. » L’éleveur a aussi renforcé son protocole de nettoyage et désinfection des salles (lavage, décapage puis désinfection).
Un suivi régulier de la précision de la machine à soupe
Afin de suivre de près l’indice de consommation, des pesées sont réalisées sur les animaux de façon hebdomadaire : sur toute la bande de porcs à 84 jours puis chaque semaine sur les animaux d’une même vanne. « La calculatrice, c’est mon premier outil de travail », plaisante l’éleveur. Il est également très rigoureux sur la précision des systèmes de distribution de l’aliment, qu’il s’agisse de la trémie peseuse du multiphase en post-sevrage ou de la machine à soupe : contrôle bisannuel de la précision de la cuve et des quantités d’aliment à l’auge, test d’homogénéité de la soupe, nettoyage hebdomadaire… « L’enjeu de la précision de cet outil est important. C’est l’équivalent de 75 % de mon coût alimentaire qui passe par la machine à soupe », relève-t-il.
Fiche élevage
SCEA Porc de Brocéliande
Emmanuel Ruelland
2,25 UTH
135 truies naisseur engraisseur
Conduite en 7 bandes
Génétique : DanBred (truie et mâle Duroc)
Autorenouvellement
SAU de 50 hectares de maïs et blé pour l’aliment des porcs (mélange avec complémentaire)
Débouchés des porcs charcutiers : Fipso (grille Uniporc sud-ouest)