« Nous ensilons 250 ha de fourrage en 10 jours sur notre commune grâce à la banque de travail agricole », dans le Maine-et-Loire
Vincent Tessier, éleveur à Saint-Clément dans le Maine-et-Loire, réalise tous ses chantiers d’ensilage d’herbe et de maïs, avec les cinq autres exploitants de sa commune. Leur banque de travail fonctionne sur les bases de l’entraide agricole prévue par le code rural.
Vincent Tessier, éleveur à Saint-Clément dans le Maine-et-Loire, réalise tous ses chantiers d’ensilage d’herbe et de maïs, avec les cinq autres exploitants de sa commune. Leur banque de travail fonctionne sur les bases de l’entraide agricole prévue par le code rural.
" Déjà du temps de mon père, nous fonctionnions de la même façon. La seule chose qui a changé c’est le nombre d’agriculteurs qui s’est réduit. Nos règles sont simples et claires, basées sur la solidarité. Chacun de nous prend contact avec le prestataire de son choix et envoie un message groupé aux autres, pour les aviser de la date du chantier d’ensilage. Si l’un d’entre nous ne peut pas se rendre disponible nous devons chercher un remplaçant, au sein d’un autre groupe d’entraide ou solliciter un retraité. L’équipe doit être au complet pour que le chantier puisse avoir lieu, c’est notre règle d’or.
Le jour J, quatre d’entre nous se rendent sur place avec leur tracteur et leur benne, et un avec un chargeur au siège d’exploitation. L’exploitant de la ferme concernée reste sur place pour réceptionner et faire le tas.En tant que coordonnateur, je note à chaque chantier sur un carnet, les hectares et les heures de l’ensileuse. Ce sont ces heures d’ensileuse qui font foi. En effet, les heures trajet jusqu’à la parcelle, les temps de panne, les temps morts ne sont pas comptés.
Une clé d’équivalence qui ne tient pas compte du tonnage et de la puissance
Je reporte ces données dans un tableur Excel. Nous utilisons une clé d’équivalence plus simple que le barème des Cuma : 1h de tracteur = 1.8 unités, 1h de tracteur plus benne = 2.6 unités, 1h de tassement = 3 unités. Le tarif de l’unité n’a pas changé depuis des années, il est de 5,00 €. On ne tient compte ni de la puissance des tracteurs mobilisés, ni de la capacité des bennes. Le choix a été parfois questionné, mais nous avons considéré que la taille de nos fermes et de notre équipement ne devait pas entrer en ligne de compte. Le but de cette banque de travail est uniquement de réguler le temps passé en veillant à l’équilibrer. Au pire, l'un d'entre nous dégage un soulte de 400 €."
La soulte d’entraide
Bien que les services d’entraide soient gratuits, en cas de déséquilibre, une soulte peut être due par celui qui a plus profité que les autres de leur aide. Cette soulte est non soumise à TVA, CFE et cotisations sociales.
pour en savoir plus : article L325-2 code rural