Mixité ovin-bovin : convertir une stabulation en bergerie
La plupart des stabulations, même de construction ancienne, sont aménageables en bergeries. Ces quelques conseils ont pour objectif de vous guider dans vos choix.
La plupart des stabulations, même de construction ancienne, sont aménageables en bergeries. Ces quelques conseils ont pour objectif de vous guider dans vos choix.
La première étape consiste à faire un diagnostic précis de l’existant. Les longueur et largeur intérieures du bâtiment et l’emplacement des portes et des poteaux sont des points clés. Ils conditionnent fortement les possibilités de réaménagement et influencent le coût.
Les marches bétonnées existantes sont aussi une forte contrainte à prendre en compte. Si la hauteur de la marche ne dépasse pas 20 centimètres, il est possible de la laisser en l’état. Si cette même marche est rehaussée d’un muret de 20 centimètres pour retenir le fumier, il est nécessaire de le casser. Enfin, si la hauteur de la marche dépasse 20 centimètres, le plus simple est de prévoir une table d’alimentation ou bien deux niveaux d’aire paillée dans la future bergerie.
Si le sol est entièrement bétonné, par exemple dans une étable entravée, le plus simple est de le conserver en l’état, même si ce n’est pas l’idéal pour des ovins. Compte tenu du manque de ressuyage, les quantités de paille utilisées pour la litière sont bien plus importantes que dans le cas d’aires paillées sur terre battue.
Si le bâtiment est bardé sur trois faces
Lorsque le bâtiment n’est pas destiné aux agnelages (agneaux, agnelles, brebis vides…), il n’est pas nécessaire de barder la dernière face du bâtiment, à condition qu’elle ne soit pas orientée au vent dominant. Lorsque des agnelages d’automne et d’hiver y sont programmés, barder la face ouverte est souhaitable pour le bien-être des animaux et les résultats techniques. Plusieurs solutions sont envisageables :
Si la face à barder est le long d’un couloir de circulation, c’est-à-dire sans contact avec les animaux, deux types de bardage sont possibles :
- De préférence mobile afin de mieux gérer la ventilation en été : compter 90 à 100 euros le mètre carré pour un rideau enroulé motorisé (hors station météo) et 160 euros le mètre carré pour un rideau ascenseur,
- En planches : compter 30 euros le mètre carré en autoconstruction ou bien 60 euros posé par entreprise.
Si la face à barder se situe le long d’une airée paillée : prévoir 1,5 mètre de parpaings (50 €/m2 carré en autoconstruction et 100 €/m2 par entreprise) et du bardage en planches ajourées (30 €/m2 en autoconstruction ou bien 60 € par entreprise).
Circuit d’eau et abreuvoirs
D’autres postes sont également à prendre en compte, même si les solutions d’adaptations sont plus faciles à trouver. C’est par exemple le cas du circuit d’eau et des abreuvoirs. En matière d’investissement, comptez 10 euros le mètre linéaire s’il faut refaire le circuit d’eau ; environ 50 euros par abreuvoir à poussoir et non chauffant ; 85 euros par abreuvoir à niveau constant et non chauffant. Par ailleurs, la chaîne de curage des étables entravées est enlevée et le trou est comblé puis bétonné. Quant au système de ventilation, il est en général conservé.
Des aménagements adaptés aux ovins
Pour réaliser un plan d’aménagement, le nombre de brebis à loger et l’organisation des lots sont à relever dans une seconde étape. Le matériel de distribution des aliments et le matériel utilisé pour le paillage seront nécessairement ceux présents sur l’exploitation, à savoir un bol mélangeur ou une dessileuse et une pailleuse, dans la plupart des cas. Ces éléments sont donc aussi à prendre en compte dans le projet.
Un exemple d’auges aménagées pour les ovins
Ici, les brebis mangent dans les auges en béton des vaches. Une planche a été adaptée pour surélever le fond. Ce type de réaménagement présente une particularité par rapport à celui de bergeries : l’adéquation entre la longueur d’auge et la surface d’aire paillée n’est pas parfaite. Pour adapter l’aménagement aux ovins, c’est le plus petit nombre de brebis logées qu’il faut retenir. Exemple :
- Surface d’aire paillée 200 m2, soit 100 brebis en lactation
- Longueur d’auge 40 m, soit 120 brebis en lactation
C’est donc 100 brebis logées qui seront retenues au maximum.
Un exemple d’étable entravée réaménagée en bergerie
Ce bâtiment, de 60 mètres de long par 21 mètres de large, a été réaménagé pour des brebis en fin de gestation et en lactation. Un tapis d’alimentation, approvisionné par une mélangeuse distributrice, borde deux aires paillées de 5,4 mètres de large. Les deux ailes sont utilisées par les brebis qui sortent de cases d’agnelage. Le paillage est réalisé manuellement par un plateau qui circule sur le tapis. Un local technique et un parc de contention y figurent également. Des couloirs longent les aires paillées pour la circulation des hommes et des animaux. Les cases d’agnelage sont équipées d’abreuvoirs.
- 270 brebis logées
- 110 m de longueur d’auge
- 720 m2 de surface d’aire paillée
- 200 € par brebis : coût du réaménagement (HT 2024)
Pour aller plus loin
Des outils pour vous aider
- Pour calculer les longueurs d’auge et les surfaces d’aire paillée nécessaires : BatInnOvin https://batinnovin.idele.fr/
- Pour visualiser votre bergerie en 3D et disposer d’une « liste de courses » pour réaliser des devis : https://idele.fr/equipinnovin/bergerie-3d
- Toutes les recommandations en matière de logement, des plans et des aménagements types : https://idele.fr/equipinnovin