Aller au contenu principal

Colza : reconnaître et lutter contre le phoma

L’utilisation de variétés tolérantes a rendu le phoma plus discret ces dernières années. Mais la maladie est prête à ressurgir à la faveur de conditions favorables.

Taches arrondies de couleur cendrée sur feuille avec des points noirs caractéristiques.
Taches arrondies de couleur cendrée sur feuille avec des points noirs caractéristiques.
© V. Marmuse

Reconnaître les symptômes dès l'automne

Des feuilles et cotylédons montrant à l’automne des macules arrondies mesurant aux alentours du centimètre et de teinte gris cendré : le phoma est en train de s’installer dans le colza. Le diagnostic est confirmé si ces taches laissent apparaître des points noirs (pycnides). Les contaminations sont dues à des spores du champignon Leptosphaeria maculans provenant de résidus de culture des parcelles avoisinantes. Les taches produites sont une source de production de spores supplémentaires, ce qui augmente la quantité d’inoculum dans la parcelle.

Suite à cette contamination, le champignon se développe à l’intérieur de la plante. Des taches brunâtres peuvent apparaître au collet pour évoluer en nécrose gris brun à noir avec des craquelures dès la sortie de l’hiver. Selon l’importance de la nécrose, la plante sera plus ou moins mal alimentée. Ce symptôme peut évoluer vers un sectionnement du pivot et une verse de la plante lors de la montaison et de la floraison.

 

 
Les taches de phoma peuvent apparaître sur les cotylédons.
Les taches de phoma peuvent apparaître sur les cotylédons. © C. Gloria

 

Comment endiguer le phoma sur colza

Variétés : De nombreuses variétés sont classées très peu sensibles (TPS) au colza. Il faudra privilégier leur utilisation tout en diversifiant les compositions génétiques. Ces variétés peuvent présenter une résistance qualitative gouvernée par un ou plusieurs gènes spécifiques (Rlm3, Rlm7 ou RlmS) contrant certaines souches de phoma ou une résistance quantitative efficace sur toutes les populations du pathogène et stable dans le temps. De façon à obtenir une résistance durable dans son champ, Terres Inovia conseille d’alterner l’usage de variétés avec ces différents types de résistances. L’institut indique pour chaque variété le gène de résistance concerné.

Agronomie : Le broyage et l’enfouissement des pailles de colza permettent de réduire les émissions de spores provenant de ces résidus qui peuvent contaminer les cultures des parcelles voisines. Le risque d’élongation du colza devra être réduit en diminuant l’épaisseur du mulch dans le cas de cultures menées en non-labour. La limitation des apports d’azote organique en été diminue également ce risque et évite le développement de colzas trop gros dont la surface foliaire importante est favorable aux contaminations. Un semis réalisé assez tôt permet de produire des plants suffisamment robustes au moment des contaminations pour mieux résister à la pénétration du champignon dans les tissus. En ne semant pas trop dense (30 à 35 plantes au mètre carré au maximum), on obtiendra des colzas avec un diamètre au collet assez important pour supporter une éventuelle nécrose causée par le phoma.

Chimie : Des fongicides sont autorisés pour un usage sur phoma du colza, mais sont généralement très peu utilisés du fait de l’efficacité de la lutte variétale. Sur des variétés sensibles, les traitements devront être positionnés lors des phases de contamination à l’automne, entre les stades 4 et 8 feuilles plus particulièrement. Les bulletins de santé du végétal (BSV) renseignent sur les niveaux et périodes de contaminations.

 

 
Une nécrose au collet provoque la cassure de la tige.
Une nécrose au collet provoque la cassure de la tige. © Terres Inovia

 

Six points clés sur le phoma

Le colza peut perdre jusqu’à 20 % de rendement en cas d’attaque sévère de phoma.

Ne pas confondre les taches de phoma avec celles du Pseudocercosporella, qui sont marron à blanches sans ponctuations noires.

Des souches du champignon contournent des gènes de résistance variétale comme cela s’est produit localement pour le gène Rlm7 récemment ou Rlm3 plus anciennement.

L’élongation de l’hypocotyle (tige sous les cotylédons) constitue une porte d’entrée au phoma tout en rendant le colza sensible au gel.

Un automne doux et humide avec des températures voisines de 15°C, de la pluie ou de la rosée sont des conditions favorables aux contaminations.

Le parasite peut se conserver trois à quatre ans sur les résidus de culture. Lorsque ceux-ci se trouvent en surface du sol, il émet en automne et au début de l’hiver de nombreuses ascospores pouvant être transportées par le vent sur les parcelles voisines.

 

 
Nécrose caverneuse sur tige
Nécrose caverneuse sur tige © Christian Watier

 

Les plus lus

<em class="placeholder">épi de blé</em>
Cadmium : les teneurs mesurées en céréales et pommes de terre sont dans les normes et stables depuis 15 ans

La présence du cadmium dans l’alimentation fait l’objet d’une surveillance rapprochée par les filières céréales et pommes de…

<em class="placeholder">Vue aérienne d&#039;une ferme ayant plusieurs bâtiments agricoles non contigus</em>
Pas de permis de construire sans régularisation des anciens bâtiments agricoles

L’obtention d’un permis de construire peut être bloquée en présence d’une construction irrégulière dans le même ensemble…

<em class="placeholder">Branches d&#039;arbre d&#039;une parcelle forestière tombées dans une parcelle agricole</em>
Limite de propriété : que faire en cas de chute d’arbres sur ses parcelles agricoles ?

Les arbres en bordure de parcelles agricoles ne sont pas toujours bien entretenus. Quand des branches et des troncs tombent,…

<em class="placeholder">Pieds de maïs touché par la Geomyze.</em>
Géomyze sur maïs : que faire en cas d’attaques dans l’Ouest ?

La période de froid qui a stoppé la croissance des maïs a créé les conditions idéales pour la géomyze, une mouche qui s’…

<em class="placeholder">Parcelle semée en maïs en Charente.</em>
Zones intermédiaires : une MAEC à 92 euros par hectare pour les grandes cultures

En 2026, la mesure agroenvironnementale dédiée aux grandes cultures en zone intermédiaire (MAEC ZIGC) devient accessible à un…

<em class="placeholder">Moisson aux Etats-Unis. </em>
Marché mondial des céréales : les stratégies des grandes puissances creusent l’écart avec l’Europe

Face à des grandes puissances céréalières qui avancent selon des stratégies assumées, Arthur Portier, consultant chez Argus…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures