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L’orthobunyavirus fait craindre des avortements sur les bovins

La présence d’un virus apparenté à celui de Schmallenberg a été identifié dans l’Hexagone. Il semble bel et bien responsable des fièvres, baisses de production et diarrhées dans les quelques élevages touchés. Il provoquerait aussi des avortements un mois plus tard.  

<em class="placeholder">vaches laitières au pâturage en été</em>
Face à l’émergence de ce virus, en cas de fièvres, chutes de production, diarrhées ou avortements, contactez votre vétérinaire sans tarder.
© E. Bignon

« Un orthobunyavirus, cousin germain du virus de Schmallenberg, et dont la transmission s'effectue par des culicoïdes, semble avoir balayé la France d’Est en Ouest cet été », alerte Pierre-Hugues Pitel, directeur du pôle santé chez Labéo, laboratoire d'analyses et de recherche interdépartemental de Normandie. La confirmation récente de deux cas d’orthobunyavirus en Normandie fait suite à différents cas identifiés depuis le mois de juillet dans l’Est de la France, ainsi qu’en Suisse et en Allemagne. Et de fortes suspicions de la présence de cet orthobunyavirus sur des élevages laitiers issus d’autres départements ont été relayés par des vétérinaires, notamment dans le Massif central.

« Nous retrouvons dans les élevages normands touchés les mêmes symptômes que ceux observés par nos collègues du Doubs, Jura et Savoie 15 jours plus tôt, poursuit l’expert en précisant que plusieurs animaux sont généralement atteints au sein d’un même troupeau. La fièvre et la baisse de production se retrouvent quasi systématiquement tandis que la diarrhée apparaît plus aléatoirement. Pour l’heure, les seuls cas détectés concernent des vaches laitières mais le virus peut potentiellement toucher tous les bovins. 

« Selon les données collectées par l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse, dans les premières régions touchées, un mois après l’épisode de fièvre, des avortements sont désormais observés. Comme une seconde vague qui arrive avec un effet rebond », déplore Pierre-Hugues Pitel. Ces avortements semblent plutôt intervenir dans le deuxième tiers de la gestation. Mais pour l’instant le nombre de cas est trop limité pour en faire une généralité. »

Les analyses ont montré la présence de l’orthobunyavirus dans l’encéphale des avortons. « Sans autres agents pathogènes identifiés, cela renforce l’hypothèse d’un lien de cause à effet entre les symptômes observés en élevages et l’orthobunyavirus identifié. »

« Si le virus circule sur l’Hexagone, il paraît surprenant qu’il n’y ait pas plus de cas identifiés, comme cela a été le cas avec le virus de Schmallenberg, souligne l'expert. Le nombre de cas est certainement sous-estimé. Les symptômes peuvent passer inaperçus ou être attribués aux épisodes de chaleur. »

Les éleveurs sont appelés à la vigilance quant aux éventuels symptômes

Quoi qu’il en soit, sur le terrain, la vigilance est de mise face à cet orthobunyavirus émergent. « Nous sensibilisons les vétérinaires sur la situation afin de faire remonter des prélèvements qui seront analysés à l’école vétérinaire de Toulouse », complète Alexandre Dimberton, président du groupement technique vétérinaire de Bourgogne-Franche-Comté. En parallèle, localement, les laboratoires se mettent en ordre de marche pour contribuer rapidement à la surveillance et à l’investigation des cas suspects.

Mieux comprendre ses caractéristiques et son origine

« Pour l’heure, nous ne savons pas encore grand-chose sur ce virus. Nous essayons de collecter un maximum de données pour déterminer plus précisément la circulation du virus et son impact sanitaire pour les élevages, indique Pierre-Hugues Pitel. Ce que l’on ignore, ce sont notamment les raisons qui expliquent son apparition cette année. » Plusieurs hypothèses sont évoquées. Il peut tout bonnement s’agir d’un nouveau virus. Ou bien d’un virus existant plutôt inoffensif qui circulait déjà et qui à la faveur de mutations génétiques a créé un variant plus agressif pour les troupeaux. Les travaux doivent se poursuivre pour mieux caractériser son origine et ses caractéristiques.

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