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L'Itavi propose une palette d’outils pédagogiques pour sensibiliser les éleveurs de volailles à la qualité de l’eau

L’Itavi a développé plusieurs supports pédagogiques et de formation pour aider les éleveurs à améliorer la conception et la nettoyabilité des circuits d’eau.

La relation entre la qualité de l’eau de boisson et la santé des volailles n’est pas si claire pour tous. Lorsqu’ils sont interrogés, les éleveurs placent l’eau en troisième position des leviers de maîtrise de la santé, après l’ambiance et l’aliment. Sans doute parce que la qualité de l’eau n’est pas facile à appréhender au quotidien : le seul critère visuel souvent cité par les éleveurs ne permet pas d’en évaluer la qualité. C’est ce que souligne l’étude Coach, pilotée par l’Itavi, qui vise à améliorer la qualité de l’eau. Les audits réalisés par l’institut technique et par Actalia, le centre technique agroalimentaire, montrent aussi que le niveau de réceptivité et d’application des conseils est très différent entre éleveurs et que des problèmes techniques persistent. Enfin, une marge de progrès reste à réaliser sur les procédures de nettoyage des canalisations en cours de lot et au vide sanitaire. Le protocole est souvent incomplet et mis en œuvre avec des débits de rinçage sous pression insuffisants.

Des affiches ciblées et des vidéos « tuto »

À la suite de ces retours d’expérience, l’Itavi a élaboré des supports d’information et de formation. Une campagne de sensibilisation et d’accompagnement des éleveurs à la gestion de l’eau : « Soyez au top » sera déployée à partir de janvier 2020. Elle s’articule autour de trois outils.

1. Une campagne d’affichage pour les éleveurs avec un slogan qui dit tout : « L’eau, leur capital santé, prenez en soin ». L’affiche précise les bénéfices de la distribution d’une eau de bonne qualité et les moyens à mettre en œuvre. Elle sera envoyée par mail aux éleveurs via les OP et sera téléchargeable gratuitement sur le site de l’Itavi.

2. Un outil d’évaluation simple et rapide des équipements, des pratiques de gestion de l’eau et de la qualité destiné aux conseillers d’élevage. Ce logiciel sous Excel est un outil de diagnostic, de dialogue et de progrès. Une fois convaincus de l’intérêt de maîtriser la qualité de l’eau, les éleveurs ont besoin d’un accompagnement individualisé, afin de lever les freins, de recevoir des informations techniques plus pointues et d’être davantage guidés. Il propose aussi des calculateurs du volume des canalisations, de la quantité de produit de nettoyage et de désinfection et du temps de purge.

3. Des vidéos avec des conseils d’expert, des témoignages d’éleveurs et des tutoriels pratiques complètent le dispositif. Elles abordent les deux axes de progrès : la conception du tableau d’eau et le nettoyage et la désinfection. Elles seront accessibles sur la chaîne YouTube de l’Itavi mi-janvier.

« Le tableau d’eau est essentiel »

Pour Félix Mahé, responsable technique de la section avicole du GDS Bretagne, le tableau d’eau installé dans le sas est un outil essentiel pour maintenir la qualité de l’eau. Dans la vidéo sur la conception du tableau, il explique la logique de son organisation, décrit les équipements essentiels et leur rôle. Le circuit et le tableau d’eau doivent répondre à tout moment aux besoins de l’élevage, avec une administration directe, avec un passage via le bac mélangeur ou avec la purge sous pression pour le nettoyage. L’ingénieur du GDS apporte les clés d’une conception cohérente et efficace et indique les erreurs à éviter. La vidéo se termine par une présentation des pompes doseuses, avec leur mode de fonctionnement et les points de vigilance.

Témoignage : Baptiste Dumoulin, éleveur dans la Drôme témoignant dans une vidéo

« La température de l’eau est un facteur de réussite »

« Les températures d’eau élevée au démarrage limitent le pouvoir désaltérant. Sur les conseils de mon technicien, je réalise désormais des purges. Les poussins consomment plus, sont plus vifs, en meilleure santé et plus lourds à 5 jours. Les trois premiers jours, je purge toutes les 4 heures, ce qui est un bon compromis entre gaspillage (vidange des lignes) et température. Outre l’amélioration de la consommation, une purge régulière maintient la teneur en désinfectant. À cet âge, la qualité bactériologique est primordiale pour le bon état sanitaire du poussin. Je programme la fréquence de purge jour par jour avec son système automatisé. En mode manuel, je lance un cycle à la demande dans le sas ou depuis un smartphone. Le gain de temps et les résultats me motivent à équiper deux autres bâtiments."

L’audit Coach détecte trois points d’amélioration

Les audits réalisés par l’Itavi et Actalia ont permis d’identifier trois axes de progrès :

1. Le tableau d’eau est souvent négligé avec un équipement incomplet, mal calibré ou non fonctionnel, une organisation pas toujours compréhensible, des rajouts de matériel sans revoir la conception globale. Il n’est pas ou peu entretenu. La révision complète du tableau peut être faite en une journée, avec une entreprise spécialisée qui réalise en amont un panneau prémonté adapté à l’élevage.
2. Les bacs sont souvent peu protégés (sans couvercle, matériau non opaque), parfois mal conçus ou choisis (point bas pour une vidange totale, circulateur, volume), avec un emplacement défavorable à un entretien correct (accessibilité).
3. Les pompes doseuses sont parfois mal utilisées (réglages, produits) ou dysfonctionnent. Parfois, elles sont abandonnées. Pour choisir le bon modèle (débit constant ou variable), il est nécessaire de réfléchir à son usage (produit, volume passant minimal et maximal). Leur maîtrise passe aussi par une formation et un accompagnement, pour être à l’aise avec le fonctionnement et être autonome pour les réglages et l’entretien. S’ajoutent le contrôle de la distribution, l’alarme dans le réservoir mère (désamorçage) et l’étalonnage régulier.

Bien nettoyer le circuit au vide

Deux bars, c’est la pression d’eau à atteindre pour réaliser un bon nettoyage mécanique. Le tableau d’eau doit permettre de by-passer les réducteurs de pression pour les purges. Si la pression n’est pas suffisante, le nettoyage peut se faire ligne par ligne. L’action chimique (base forte puis acide fort) doit nécessairement compléter l’action mécanique pour optimiser le décapage. Pour exprimer tout leur potentiel, les produits chimiques ne doivent pas être dégradés (date limite d’utilisation, conditions de stockage…), doivent être utilisés à la bonne concentration et au temps de contact recommandé. Très concentrés, ils doivent être manipulés avec précaution, mais encore trop peu d’éleveurs se protègent (au minimum des gants et lunettes).

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