Aller au contenu principal

Moins 5 milliards d’euros : le solde agricole et agroalimentaire français s’effondre à 200 millions d’euros en 2025

Le chiffre définitif vient de tomber des douanes françaises : si le commerce agricole et agroalimentaire français reste positif en 2025, il encaisse une chute de 5 milliards d’euros pour atteindre 200 millions d’euros, le niveau le plus bas depuis au moins l’an 2000. Le solde agricole devient pour sa part déficitaire.

Bateau porte-container
La chute du solde agricole en 2025 s’explique surtout par la hausse des importations de cacao, de graines de colza et de café.
© CMA-CGM

Voilà des mois que les professionnels du secteur alertent sur le fait que le commerce agricole et agroalimentaire français pourrait être négatif en 2025. Et ce pour la première fois depuis 1978. Le résultat vient de tomber : finalement notre excédent agricole et agroalimentaire reste légèrement positif à 200 millions d’euros. Ce qui représente toutefois « le plus bas historique depuis au moins l’an 2000 », après une chute de 5 milliards de notre solde commercial agricole et agroalimentaire sur un an, selon une note des douanes publiée par l’Insee ce 6 février. 

Evolution du solde commercial des différents secteurs d'activité

Relire : [Vidéo] Pourquoi la balance commerciale agricole et alimentaire française risque d’être négative fin 2025 ?

Le solde agricole français déficitaire de 300 millions d’euros

Le solde agricole recule pour sa part de 900 millions d’euros, pour la troisième année consécutive, et devient déficitaire de 300 millions d’euros. « Le solde agricole n’avait été déficitaire qu’une seule fois depuis 2000 et de façon très modérée », commente la note des douanes qui rappelle le déficit agricole de 7 millions d’euros enregistré en 2017.

La chute du solde agricole en 2025 s’explique surtout par la hausse des importations de cacao, de graines de colza et de café. Des importations de produits agricoles qui augmentent au total de 8,9% et atteignent 19,7 Md€.

Relire : « Nous allons revenir à la balance commerciale agroalimentaire de 1978, la France n’était alors pas autosuffisante ! » alerte Sébastien Windsor

L’excédent agroalimentaire passe de 4,4 milliards à 500 millions d’euros

Mais la dégringolade est encore plus nette du côté des produits agroalimentaires, dont l’excédent passe de 4,4 milliards d’euros en 2024 à 500 millions d’euros. Si les exportations de produits des industries agroalimentaires augmentent légèrement (+1,6 %) pour atteindre 65 milliards d’euros, malgré un recul des exportations de boisson de 7%, les importations de produits de l’industrie agroalimentaire augmentent également (+8,5 %) pour atteindre 64,4 Md€, poursuivant leur hausse ininterrompue depuis 2020. 

Lire aussi : « On va pousser des objectifs de production agricole au niveau européen, filière par filière » annonce Emmanuel Macron sur une ferme en Haute-Saône

« Le décrochage est incontestable » réagit la ministre de l’Agriculture

« J’en appelle à la mobilisation générale », a réagi sur X la ministre de l’Agriculture Annie Genevard à l’annonce de ces chiffres. « En 2025, l’excédent agroalimentaire français (ndlr : la ministre parle en fait de l'excédent agricole et agroalimentaire) tombe à 200 millions d’euros, contre 3,9 milliards en 2024 et 5,3 milliards en 2023. Le décrochage est incontestable et la France doit réagir immédiatement, en redonnant à nos agriculteurs les moyens de produire et d’investir », poursuit-elle.

Relire : « La guerre agricole nous menace » : que propose Annie Genevard pour réarmer l’agriculture française ?

Les plus lus

Aurélien Masson, agriyoutubeur dans la Meuse dans un champ
Aurélien Masson, YouTubeur et agriculteur dans la Meuse : « Je veux montrer qu’il y a encore des fermes à taille humaine »

Cet été, Réussir.fr vous propose des échanges avec celles et ceux qui communiquent sur le monde agricole et leur métier.…

Carte des restrictions d'eaux superficielles arrêtées au 17 août.
Sécheresse 2026 : 74 départements en situation de crise, quelles conséquences sur les activités agricoles ?

Après le manque de précipitations en avril, les épisodes caniculaires fin mai, en juin et en juillet, la sécheresse s'accentue…

Hautes-Pyrénées : des descentes anticipées de troupeaux d’estive faute d’herbe suffisante

La sécheresse n’épargne pas les zones pastorales. La commission syndicale des 4 Véziaux d’Aure et la municipalité d’Aulon ont…

FDSEA du Jura  Vaches montbéliardes pâturant sur une prairie grillée par la sécheresse
Plan sécheresse : le ministère de l’Agriculture envisage un volet « fourrage » pour les éleveurs

Alors que l’inquiétude grandit chez les éleveurs obligés d’entamer les stocks de fourrage d’hiver, le ministère de l…

  Vaches sur une prairie touchée par la sécheresse
« Prairies grillées » : les éleveurs de ruminants demandent le lancement d’urgence d’expertises terrain pour une indemnisation à la hauteur des dégâts

La FNB, la FNPL, la FNO et la Fnec interpellent le ministère de l’Agriculture pour obtenir une réponse d’urgence à leur…

Nappes phréatiques au 15 juillet : la vidange continue avec 94 % des niveaux en baisse selon le BRGM

Alors que la vidange des nappes phréatiques continue avec 94 % des niveaux en baisse, la situation générale se dégrade avec 60…

Publicité