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Mercosur : le Conseil de l’UE donne son feu vert à la signature de l’accord, « c’est une trahison de la souveraineté agricole européenne » selon la FNSEA

Sans le "oui" de la France, les ambassadeurs de l'Union européenne ont donné leur feu vert ce matin à Ursula von der Leyen pour aller signer dès la semaine prochaine l'accord UE-Mercosur au Paraguay. « C’est une trahison de la souveraineté agricole européenne », réagit la FNSEA qui évoque « la colère totale des agriculteurs ». L'accord va s'appliquer provisoirement dans l'attente de sa ratification finale.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et Nikos Christodoulides, Président de la République de Chypre, le 7 janvier lors du changement de présidence de l’Union européenne.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, ici avec Nikos Christodoulides, Président de la République de Chypre, désormais à la tête de la présidence européenne, pourrait s'envoler dès le12 janvier au Paraguay pour ratifier l'accord commercial UE-Mercosur.
© European Union, 2026

Comme attendu après l’inflexion de la position italienne dans le courant de la semaine, les ambassadeurs de l’UE ont donné leur feu vert, le 9 janvier lors d’une réunion du Coreper II, à la signature par la Commission européenne de l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur. 

La finalisation de la procédure écrite est espérée dans l’après-midi. Selon toute vraisemblance, la France, la Pologne, la Hongrie, l’Autriche et l’Irlande ont exprimé leur opposition au texte, alors que la Belgique s’est abstenue. Tous les autres États membres se seraient prononcés en faveur de l’accord. 

Cette validation par le Conseil de l’UE ouvrirait maintenant la voie à une signature du traité commercial dès le 12 janvier au Paraguay.

Concernant l'accord de partenariat UE-Mercosur « aux termes de la décision adoptée aujourd'hui, l'UE signera l'accord et appliquera provisoirement une grande partie des chapitres politiques et de coopération, dans l'attente de l'achèvement des procédures de ratification », peut-on lire dans le communiqué du Conseil européen publié ce 9 janvier à 18h.

Lire aussi : Mercosur : face à la colère agricole, « la France choisit de voter contre », annonce Emmanuel Macron

Vers un mouvement de contestation le 20 janvier à Strasbourg

« L’approbation du traité Mercosur par une majorité d’Etats membres franchit une nouvelle étape et provoque la colère totale des paysans : c’est une trahison de la souveraineté agricole européenne », réagit la FNSEA dans une communication à la presse.

Le syndicat agricole indique qu’il consultera dès ce soir son réseau pour décider des suites syndicales à donner. D’ores et déjà la FNSEA indique engager une discussion avec les autres syndicats agricoles européens du Copa pour organiser le 20 janvier à Strasbourg « une mobilisation d’envergure ». L’objectif : faire pression sur les eurodéputés pour qu’ils adoptent la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne pour suspendre l’accord.

« Le veto de la France était mobilisable en tant voulu, il n'a pas été activé », dénoncent Interbev, Intercéréales et Anvol

« Pour les filières agricoles, ce choix est inacceptable. L’Union européenne renonce à construire une politique commerciale cohérente avec les exigences imposées à ses propres producteurs, en choisissant d'acter la signature malgré une contestation forte des filières et de l’opinion publique. Ce renoncement fragilise la souveraineté alimentaire et la sécurité alimentaire des consommateurs », dénoncent pour leur part les interprofessions Anvol, Interbev et Intercéréales dans un communiqué commun. Derrière ce passage en force européen, elles dénoncent le fait que la « France a aussi une part de responsabilité, malgré son vote négatif aujourd’hui au Conseil de l’UE ». 

« Lorsqu’elle disposait encore de leviers juridiques et politiques déterminants pour empêcher cette issue, elle a choisi de ne pas les utiliser pleinement. Son veto était mobilisable en temps voulu, lorsque l’unanimité s’imposait encore. Il n’a pas été activé. Elle aurait également pu saisir la Cour de justice de l’Union européenne, afin de contester la base juridique de l’accord. Là encore, ce levier n’a pas été mobilisé. Dans ces conditions, son refus exprimé aujourd’hui ne change rien : il ne pouvait plus produire aucun effet », peut-on lire dans le communiqué.

Lire aussi : Crise agricole : que demandent les syndicats à Sébastien Lecornu, avec quels moyens de pression ?

Les réactions en Europe et dans le Mercosur

Sur la scène européenne, le vice-président du conseil des ministres d’Italie Antonio Tajani s’est félicité de la conclusion de l’accord « annoncée comme une excellente nouvelle pour l’Italie », avec l’objectif d’atteindre 700 milliards d’euros d’exportation.

« L'accord UE-Mercosur constitue une étape majeure de la politique commerciale européenne et un signal fort de notre souveraineté stratégique et de notre capacité d'action. C'est une bonne chose pour l'Allemagne et pour l'Europe. Mais 25 ans de négociations, c'est beaucoup trop long — nous devons aller plus vite », a pour sa part réagi le chancelier allemand Friedrich Merz sur X.

Du côté des pays du Mercosur, « une nouvelle étape décisive vers l'approbation de l'accord Mercosur-Union européenne, qui ouvre un marché de 750 millions de consommateurs pour les produits argentins. Un pas de géant vers l'avenir. L'Argentine prospérera » a réagi le président du sénat argentin Federico Pinedo. 

Lire aussi : Agriculture : Que pensent les exportateurs du Mercosur du report de l’accord ?

Deux motions de censure contre le gouvernement Lecornu

En France malgré l’annonce hier soir d’Emmanuel Macron du vote contre l’accord UE-Mercosur, les partis FLI et RN ont décidé de déposer une motion de censure du gouvernement, dénonçant une mauvaise stratégie du président de la République et de son Premier ministre sur le dossier.

Une situation ayant retardé le calendrier de Sébastien Lecornu qui devrait faire des annonces en faveur du monde agricole en fin d’après-midi.

Relire : Mercosur : vers une ratification inéluctable de l’accord ou existe-t-il des marges de manœuvre pour les opposants ?

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