« Les chasseurs ne doivent plus payer l’intégralité des dégâts aux cultures agricoles » : Willy Schraen hausse le ton en refusant d’indemniser les petits dossiers
En congrès la semaine dernière à Avignon, la fédération nationale des chasseurs a adopté à l’unanimité une motion visant à ne plus indemniser les petits dégâts de gibiers sur les cultures et prairies.
« Si rien n’est fait, nous allons vers une chasse réservée à une élite financière, et surtout, tout droit vers une banqueroute de nos fédérations » ainsi s’est exprimé Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), réunie les 19 et 20 mars en congrès à Avignon.
25 000 chasseurs et 10 millions d‘euros d’accompagnement de l’état en moins
Et de demander la poursuite des réflexions « en vue d’une réforme globale et durable du financement des indemnisations aux agriculteurs ». Le président des chasseurs rappelle que le nombre de chasseurs a encore reculé de 25 000 cette année et qu’une partie de la somme prévue dans l’accompagnement par l’Etat de la FNC a été amputée de 5 millions d’euros en 2024 et de 5 millions d’euros en 2025.
90 millions d’indemnisations de dégâts de gibiers en 2022-2023
Or les montants liés aux indemnisations de dégâts de gibiers sont « élevés, atteignant environ 90 millions d’euros en 2022-2023, après avoir dépassé les 100 millions d’euros en 2021-2022 », a rappelé Willy Schraen en clôture du congrès le 20 mars. Soulignant pour autant la motivation des chasseurs avec 863 000 sangliers prélevés lors de la saison dernière en 2023-2024.
D’où l’idée du patron des chasseurs de faire adopter une motion (votée à 100% le 19 mars) de «non-paiement des petits dossiers pour la saison 25-26 voire la remise en cause de l’accord (ndlr : de 2023) si la somme prévue dans le plan d’accompagnement, devait être encore réduite ».
Quels sont les petits dossiers d’indemnisation concernés ?
Ces petits dossiers concernent les agriculteurs indemnisés depuis l’entrée en application de l’accord de 2023 qui ne l’étaient pas avant. Concrètement, avant le décret du 23 décembre 2023, pour être indemnisés les agriculteurs devaient cumuler des dégâts sur au moins 3% de la parcelle culturale et 100 euros minimum de pertes sur les prairies ou 230 euros de pertes minimum sur toutes les autres cultures. Depuis le décret, un seuil unique a été institué à 150 euros de dégâts sans critères de surfaces.
Travail avec les parlementaires pour revoir le système d’indemnisation