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Lait : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière lait dédiée aux agriculteurs, éleveurs de vaches laitières.

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Les ulcères de la caillette sont courants chez les bovins

La ou les causes des ulcères de la caillette sont mal connues. On suspecte différents facteurs de risques : le stress, une ration riche en amidon, une toxicité des AINS, du sable ou des graviers dans la caillette.

La bouse est noire : elle contient une grande quantité de sang digéré.
© S. Cercelet

Un éleveur me contacte pour une vache « qui n’a rien donné ce matin et qui est faible ». Cette Prim’Holstein, vêlée il y a 180 jours, destinée à la reforme, présente une baisse de rumination depuis 24 heures et a une production proche de zéro à la traite du matin. Elle n’a aucun antécédent particulier, à part une mammite subclinique, qui explique sa réforme programmée à la fin de sa lactation.

Lorsque l’on manipule cette vache pour la mettre dans la cage de contention, effectivement elle paraît faible, se déplace presque en chancelant. Lors de l’examen clinique, elle n’a pas de température, son rythme cardiaque et sa respiration sont rapides, ses muqueuses sont pâles. Lors de la palpation transrectale, l’aspect de la bouse oriente très fortement mon diagnostic. La bouse, en quantité normale, est noire, goudronneuse et a une odeur particulière, c’est ce que l’on appelle du méléna. La bouse est noire car elle contient une grande quantité de sang digéré. On sait donc que l’hémorragie se situe au début du tube digestif. Au contraire, quand l’hémorragie a lieu plus loin dans le tube digestif (dans le cæcum ou le colon par exemple), le sang n’est pas digéré, il est dit en nature. L’examen des bouses permet ici de déterminer quelle partie du tube digestif saigne. L’ensemble de l’examen clinique me permet de conclure que cette vache souffre d’un ulcère de caillette.

Les ulcères de caillette sont des « trous » plus ou moins profonds dans la paroi de la caillette. Il y a quatre types d’ulcère différents. La vache sera perfusée avec un soluté hypertonique, recevra de l’argile en quantité importante par voie orale et sera mise sous antibiotique par précaution. La transfusion est proposée à l’éleveur pour aider à la coagulation du vaisseau qui saigne dans la paroi de la caillette et apporter des globules rouges à cette vache qui n’en a plus beaucoup. Mais cette vache est destinée à la réforme et l’éleveur souhaite limiter les frais.

Vérifier la ration et la qualité des aliments

Les ulcères de caillette sont courants chez les bovins, ils sont étudiés surtout chez le veau, particulièrement le veau de boucherie, et la vache laitière. La ou les causes exactes sont malconnues, on suspecte différents facteurs de risques : le stress (vêlage, début de lactation, pic de lactation, maladie), une ration riche en amidon donc un risque de subacidose, une toxicité des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), une carence en cuivre (étudiée surtout chez le veau de boucherie), la présence de sable ou de gravier dans la caillette.

Lors de déplacement ou de torsion de la caillette, on peut également avoir des ulcères de caillette suite au stress subi par l’animal et aux défauts d’irrigation sanguine subis par l’organe.

La thérapeutique individuelle est limitée, il faut éliminer la cause en cas d’anomalie de positionnement de la caillette, alimenter l’animal avec uniquement du foin, perfuser, transfuser si besoin. Le traitement avec des médicaments réduisant la production d’acide par la muqueuse de la caillette est onéreux et l’efficacité peu étudiée chez les bovins adultes. Au niveau collectif, il convient de vérifier la ration et la qualité des aliments. Le pronostic est toujours réservé. Les ulcères de caillette représenteraient 1,5 % des morts naturelles chez les vaches laitières.

Quatre types d’ulcère

Les ulcères de type 1, dit non perforants : souvent l’animal ne présente aucun symptôme.

Les ulcères de type 2, dit non perforants avec perte de sang : c’est très probablement ce dont souffre ma patiente.

Les ulcères de type 3, dit perforants avec péritonite locale.

Les ulcères de type 4 avec péritonite généralisée sont associés à une hyperthermie et une vache en état de choc.

Les bovins présentent des symptômes pour les ulcères de type 2, 3 et 4 quand l’ulcère entraîne la rupture d’un vaisseau sanguin dans la caillette ou la perforation de la paroi de la caillette.

À retenir

Courants chez les bovins.
Une thérapeutique individuelle limitée.
• Un pronostic toujours réservé.
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