Aller au contenu principal

Un GIEE pour relancer le système traditionnel salers

Un système traditionnel en phase avec les attentes sociétales : les éleveurs de Salers traites ont formé un GIEE pour recréer une dynamique autour de la vache qui ne donne son lait qu’en présence de son veau.

Et si un système laitier perçu comme arriéré à l’époque de l’intensification agricole était aujourd’hui en parfaite adéquation avec les attentes sociétales ? C’est ce que veut démontrer la poignée d’éleveurs du Cantal et du Puy-de-Dôme qui traient encore des vaches salers. Ils sont une cinquantaine à avoir conservé ce système traditionnel qui nécessite la présence du veau pour amorcer la traite. Parmi eux, 21 se sont regroupés en GIEE (groupement d’intérêt économique et environnemental) pour « recréer une dynamique ", selon Géraud Delorme, président de l’association Tradition Salers, qui fédère les éleveurs. " L’avenir de notre système passe par la transformation, fermière ou collective. Dans l’agriculture d’aujourd’hui, il y a une place pour un produit de très haute qualité, vendu à des consommateurs exigeants capables de le payer à son juste prix. Un produit de niche fabriqué sur son territoire d’origine avec sa race d’origine et peu d’intrants. Mais pour vendre des fromages d’exception, ils doivent être réellement exceptionnels. » L’objectif du GIEE est de « remettre à niveau certaines pratiques des éleveurs, tout en restant sur les fondamentaux du système traditionnel ».

La première année, le groupe a organisé des journées de formation autour de la qualité du lait, essentielle pour la fabrication de fromages au lait cru. La démarche FlorAcQ (amélioration de la qualité microbiologique des laits) a été mise en œuvre chez les éleveurs. Elle a montré que les pratiques du système traditionnel Salers contribuent à préserver les microorganismes d’intérêt fromager. « En dehors du lavage de la machine à traire, les éleveurs utilisent peu de produits désinfectants à la traite », explique Céline Maisonobe, animatrice de l’association. Le réglage et le lavage des machines à traire faisaient souvent partie des points à améliorer. Des formations sanitaires concernaient également les pratiques permettant de réduire l’usage des antibiotiques. Depuis l’automne dernier, le groupe travaille sur l’amélioration fourragère, notamment sur la richesse floristique des prairies permanentes, qui contribue directement à la qualité organoleptique des fromages.

Pour « déringardiser » le système traditionnel salers, le GIEE s’attache à prouver qu’il est rentable. Les disparités de revenu sont importantes selon le niveau de valorisation du lait: 936 €/1 000 l pour les fermiers en 2016, 339 €/ 1 000 l pour les livreurs. Mais le système est assez solide car il repose sur une diversité de produits : vente de lait ou fromage, vente de broutards et de génisses de reproduction très appréciées par les éleveurs allaitants pour leur docilité et leurs qualités laitières. Le cas type (60 vaches) avec livraison du lait (25 % du produit brut) donne un EBE de 58 000 euros. « Le système traditionnel produit peu (3 000 l/VL) mais le lait coûte peu à produire, souligne Géraud Delorme. On peut faire vivre largement une ferme. En revanche, il est exigeant en travail. » Le groupe a fait appel à un ergonome pour repenser certaines pratiques, notamment au moment de la traite.

Différents niveaux de valorisation

Sur les cinquante éleveurs de vaches salers traites, douze transforment leur lait (AOP Salers Tradition et saint-nectaire et divers fromages). Les autres le livrent à différentes entreprises. Parmi eux, seuls les dix producteurs collectés par la coopérative de Saint-Bonnet de Salers voient leur lait valorisé par une plus-value (75 €/1 000 l). Un groupe de producteurs du Puy-de-Dôme travaille sur un projet de coopérative fruitière.

Les plus lus

<em class="placeholder">Éleveurs devant l&#039;installation de traitement des eaux de pluies </em>
« Nous traitons l’eau de pluie pour abreuver nos vaches », dans le Doubs

Le Gaec de La Vie, dans le Doubs, s’est équipé d’un système de filtration des eaux de pluie pour abreuver les vaches…

Deux cas d'orthobunyavirus formellement détectés en Normandie

Jusqu'à présent principalement identifié dans l'Est de la France ainsi qu'en Suisse et en Allemagne, l'orthobunyavirus vient d…

Une prairie temporaire en Isère, avec de la chicorée
Sécheresse : « Même si les prairies grillées commencent à reverdir, ne redémarrez pas trop tôt le pâturage »

A partir de quand peut-on remettre des vaches au pâturage après des mois de chaleur et de sécheresse qui ont grillé les…

<em class="placeholder">Joris Soenen, éleveur laitier dans une prairie dans laquelle du stock sur pied a été réalisé</em>
Sécheresse : « Le stock sur pied et le sorgho m’ont permis de maintenir du pâturage jusqu’au 15 août », dans l’Eure

La production de fourrage de Joris Soenen a été impactée par l’année de sécheresse exceptionnelle, l’obligeant à acheter du…

<em class="placeholder">nurserie pour les veaux ouverte avec toit isolé</em>
Des nurseries confortables pour les veaux et l’éleveur en sept points clés
Ventilation naturelle, blocs dédiés par classe d’âge… Les préconisations pour le logement des veaux de la naissance au sevrage…
<em class="placeholder">Patrice Guéry (à gauche) et Fabien Guéry ont testé plusieurs espèces et plusieurs mélanges avant de parvenir au mélange actuel qui leur donne satisfaction.</em>
Méteil en dérobées : « Nous associons le triticale, l’avoine, la vesce velue et le trèfle squarrosum » en Vendée

Après avoir cultivé du ray-grass italien pur en dérobée avant maïs, le Gaec Les bois neufs s’oriente désormais vers les…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière