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Tuberculose bovine : un oubli qui aurait pu coûter cher

La tuberculose est une maladie infectieuse causée par des bactéries du genre « Mycobacterium », dont « Mycobacterium bovis » pour la forme bovine. Cette maladie réglementée touche de nombreuses espèces animales et reste à surveiller de près. La lutte est sévère contre cette zoonose à éradication obligatoire.

<em class="placeholder">Attention, une seule boucle d&#039;identification ! Bovins lait / Vétérinaire / Tuberculination (dépistage de la tuberculose) d&#039;une vache montbéliarde.</em>
L’intradermotuberculination est basée sur le même principe que les tests allergiques réalisés chez l’homme. Lorsqu’on injecte des fractions de mycobactéries à un animal ayant déjà été en contact avec ces mêmes mycobactéries, il se produit alors une réaction allergique.
© Réussir

« Bonjour, j’ai reçu un papier du GDS, il y a un problème de tuberculose sur la dernière vache que j’ai achetée. C’est grave ça non ? Que dois-je faire ? »

Tout d’abord vite m’envoyer ce papier du GDS ! Ouf, c’est une demi-fausse alerte : la vache a transité plus de six jours entre son cheptel d’origine et son nouveau troupeau. La dérogation pour l’IBR et le statut non IPI lui permettait d’échapper à la prise de sang. Mais ce délai oblige à un dépistage de la tuberculose. D’un département à un autre, les démarches lors des achats sont différentes, il convient donc d’être vigilant.

En tout cas, il faut une visite rapide (d'autant que le résultat n'est pas disponible avant 72 h) pour libérer l’éleveur d’un stress : il pensait la vache indemne de tout et l’a déjà mélangée au reste du troupeau...

La tuberculose est une maladie lente et insidieuse. Il n’y a pas de signes cliniques au départ, les lésions n’apparaîssent que très lentement et sont essentiellement internes, dans les ganglions puis les poumons et d’autres organes. Le diagnostic sur la base de symptômes est donc extrêmement rare et très tardif. Il se fait le plus souvent à l’abattoir ou lors d’un test d’intradermotuberculination, réalisé à l’achat ou dans le cadre d’un dépistage-surveillance (voisin de cheptel contaminé, lien avec un foyer…). Ce test consiste en l’injection dans l’épaisseur de la peau d’un extrait de la bactérie responsable, Mycobacterium bovis. Cela provoque un épaississement de la peau dans les 72 heures après injection sur les bovins atteints. Lors d’un test positif, seul l’abattage et l’inspection sanitaire à l’abattoir peut permettre la confirmation de l’infection. Un autre test est possible, par prise de sang, plus simple sur des animaux difficiles à contentionner. Il est plus onéreux, permet de détecter plus précocément, mais les risques de faux positifs sont aussi plus élevés. Dans ce cas aussi, seul l’abattage fera foi.

Impact économique et sanitaire

La tuberculose bovine est une zoonose, c’est-à-dire une maladie transmissible à l’homme, mais Mycobacterium bovis peut toucher également d’autres animaux, notamment les sangliers, les grands cervidés et les blaireaux.

C’est une maladie réglementée, comme la brucellose ou la dermatose nodulaire. Les enjeux de sa gestion sont donc triples : santé bovine, santé humaine, et impact économique vis-à-vis des exportations. Chez l’homme, la maladie reste très rare (peu d’élevages contaminés, lait pasteurisé, contact infectant rare avec des bovins infectés…), mais elle est grave : la bactérie est en effet peu sensible aux antibiotiques. Cela explique en partie la gestion en élevage : aucun traitement n’est jamais instauré, de crainte de voir apparaître des résistances empêchant de traiter l’homme. Un abattage total est le plus souvent mis en place, mais parfois un abattage sélectif peut se faire s’il y a un faible nombre d’animaux positifs au test (eux seront forcément abattus), avec des contraintes pour l’élevage que l’abattage soit total ou partiel :

- aucun mouvement d’animaux possible, sauf en direction de l’abattoir ;

- traitement thermique du lait ;

- mise en place de mesure de biosécurité pour protéger le voisinage : pas de pâturage-point d’eau en commun, dépistage sur les bovins voisins…

Les bovins vont contaminer les zones d’abreuvement et d’alimentation. Mycobacterium va persister plusieurs semaines et pouvoir contaminer la faune sauvage. Cette faune sauve pourra être alors un réservoir avec une possible recontamination des bovins, notamment avec les blaireaux, forts excréteurs. Cela explique la recontamination d’élevages malgré un assainissement-abattage, notamment s’il n’y a pas de piégeage de ces animaux.

Non seulement, il n’y a pas de traitement, mais pas non plus de vaccination. Les moyens de prévention sont donc très minces et la plus grande rigueur est nécessaire face à cette maladie grave et transmissible à l’homme.

93 foyers détectés en France en 2025

En 2025, 93 foyers de tuberculose ont été détectés, principalement en Nouvelle-Aquitaine et en Corse. Le nombre de nouveaux foyers en France est stable ces dix dernières années, et la prévalence (nombre de foyers/nombre total de cheptels) reste inférieure à 0,1 %, seuil au-dessus duquel la France perdrait son statut indemne. Cela n’est pas satisfaisant pour autant, car la diminution du nombre de cheptels va mathématiquement faire augmenter ce taux.

A retenir

• Pas ou peu de symptômes externes

• Tests réalisables du vivant de l’animal, mais confirmation à l’abattoir

• Conséquences économiques graves

• Maladie transmissible à l’homme

• Rôle important de la faune sauvage dans la recontamination

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