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Sur maïs
Sortir de la logique du «zéro adventice tolérée»

Toutes les adventices n’ont pas le même impact sur le rendement. À l’issue de cinq années d’essai sur les seuils de nuisibilité, le réseau Gab/Frab de Bretagne a créé un outil d’aide à la décision.

LES EXPLOITANTS PRATIQUENT DES
COMPTAGES D’ADVENTICES autour du rang
à l’aide d’un cadre en bois. Les grilles
d’évaluation indiquent si la densité est
critique et nécessite une intervention.
LES EXPLOITANTS PRATIQUENT DES
COMPTAGES D’ADVENTICES autour du rang
à l’aide d’un cadre en bois. Les grilles
d’évaluation indiquent si la densité est
critique et nécessite une intervention.
© Agrobio 35

Est-il possible de tolérer un certain salissement des parcelles de maïs sans pour autant engendrer de pertes de rendement ? « Cette question se pose en système biologique, mais aussi en conventionnel. Techniquement et économiquement, viser le « 0 adventice » ne s’avère pas forcément la meilleure solution », souligne David Roy, d’Agrobio 35, en Bretagne.

Toutes les adventices ne présentent pas le même impact sur le rendement du maïs. Plus que le nombre d’adventices par mètre carré, c’est le type de plantes qui compte. Par exemple, une amarante ou un chénopode se révèlent aussi nocifs qu’une dizaine de véroniques ou de pensées.

Il faut également prendre en compte le stade du maïs au moment où les adventices lèvent. Au-delà de 8-10 feuilles du maïs, les mauvaises herbes ne sont plus concurrentielles pour la culture.

Les chénopodes et renouées ont le plus d’impact

À part des recherches menées au Québec, peu d’essais ont été réalisés quant aux seuils de nuisibilité des adventices sur maïs. « C’est pourquoi, les groupements d’agrobiologistes de Bretagne (réseau Gab/Frab) ont lancé un essai entre 2005 à 2009 sur des microparcelles en vue d’obtenir des données objectives », avance le technicien.

L’impact de quatre adventices - chénopodes, mercuriales, renouées persicaires et morelles - a été étudié.

Un effet non mesuré sur le stock semencier du sol

« Suite à ces cinq années d’essais, nous avons pu déterminer à partir de quelle densité les principales adventices du maïs devenaient concurrentielles, et quelle était la baisse du rendement. Les renouées persicaires et les chénopodes présentent l’impact le plus élevé, même à densité faible. En année sèche, dès trois chénopodes recensés par mètre linéaire, la perte de rendement atteint 60 % par rapport à un témoin « 0 adventice », et à sept chénopodes par mètre linéaire le rendement chute de 80 %. La morelle, par contre, n’impacte quasiment pas sur le rendement, même à des densités élevées (NDLR: attention néanmoins au risque de toxicité). La nuisibilité de la mercuriale se montre intermédiaire. »

Les cinq années d’essais ont permis l’élaboration de l’outil d’aide à la décision Opti’maïs. « Nous avons conçu l’outil à partir des trois années d’essais les plus sèches, car les adventices sont plus impactantes dans cette situation, et en considérant que plus de 5% de pertes de rendement est le maximum tolérable. Ce chiffre correspond à un compromis entre l’amélioration du rendement du maïs et le surcoût lié à un désherbage supplémentaire en mécanique ou chimique. »

Si les essais conduits mesurent l’impact des adventices sur le rendement, ils ne tiennent pas compte de la nuisibilité secondaire, c’est-à-dire des conséquences sur le stock semencier dans le sol. « En bio, les rotations longues limitent cet effet, mais en conventionnel cette question reste à approfondir », conclut David Roy.

Opti’maïs en pratique

Sur chaque parcelle, les exploitants identifient les adventices présentes, puis déterminent leur densité. Pour le comptage, ils utilisent un cadre en bois (25 cm x 40 cm) déposé au sol, sur le rang à plusieurs endroits de la parcelle. Sur dix comptages aléatoires, effectués au stade 5-6 feuilles du maïs, ils répertorient le nombre d’adventices dans une grille d’évaluation spécifique. En dessous de cinq croix cochées, la perte de rendement estimée est inférieure à 5 %.

L’outil permet d’évaluer le risque de prolifération des mauvaises herbes. Selon leur stade de développement et celui du maïs, l’exploitant approche la dangerosité de la situation avant d’opter pour la stratégie de désherbage adéquate. « L’idée est de commencer par un premier passage mécanique à 3-4 feuilles, puis de poursuivre par un désherbage chimique ou mécanique selon le risque encouru en termes de nuisibilité. »

L’outil comporte aussi des mémentos agronomiques, des fiches sur les outils de désherbage mécanique et un herbier pour identifier les adventices.

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