Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

[Salon de l'agriculture] Du lait valorisé 55 c/l avec les yaourteries «Né d’une seule ferme»

Une activité de diversifications sans risque et rémunératrice : c’est ce que revendique le projet Né d’une seule ferme lancé en partenariat avec Intermarché le 25 février dernier au salon de l’agriculture. Le lancement en magasins est prévu début juillet.

© A. Conté

L’idée est innovante : fournir aux éleveurs un système clé en main pour transformer une partie du lait en yaourts sans prendre de risque et se mettre un boulet au pied. Le concept repose sur la location d’une mini yaourterie contenue dans un container. Mis à part la fabrication des yaourts, l’entreprise « né d’une seule ferme » s’occupe de tout : des démarches en amont (administratives, financement, conception de la yaourterie, plan de maîtrise sanitaire…), de la formation , de la commercialisation et même de la logistique pour acheminer les yaourts dans les magasins Intermarché autour de l’exploitation. Un partenariat à l’échelle nationale a été conclu avec l’enseigne. « Les producteurs auront à leur disposition l’ensemble des1850 magasins, un tous les 17 km, pour écouler les yaourts produits à la ferme », a annoncé Thierry Cotillard, président de l’enseigne au salon de l’agriculture. L’accord prévoit une exclusivité sur trois ans au niveau distribution; elle ne concerne pas la restauration hors foyer.

Une mini yaourterie louée 1200€ par mois

Bonnard
Thierry Cotillard, président d'Intermarché et André bonnard, président de la SAS Né d'une seule ferme le 24 février au salon de l'agriculture

« Nous sommes facilitateur à la fois pour le producteur et pour le distributeur », explique André Bonnard, éleveur dans la Loire et président de la SAS, à l’origine du projet avec Maximilien Rouer (l’un des fondateurs de ferme France). Certains pourraient voir dans ce concept novateur une forme d’intégration. « Non, c’est un nouveau mode de financement de l’agriculture. Il répond aux attentes de la nouvelle génération, qui a envie de faire des expériences, et non de s’engager pour 40 ans », répond-il.

La yaourterie est calibrée pour transformer 50 000 litres de lait par an en 400 000 pots de yaourts. Côté temps de travail, elle nécessite 0,8 équivalent temps plein. « Le prix consommateur fixé par Intermarché se situe entre 45 à 50 centimes le pot. Si on enlève tous les frais de rémunération du yaourtier (en le payant 1,4 SMIC) et la location , il reste au producteur 55 centimes/litre de lait. Autrement dit, la yaourterie est à l’équilibre avec un lait vendu à la yaourterie 55 c/l », promet André Bonnard.  60% de la valeur TTC revient au producteur, 22% à Intermarché et 11,5% à « Né d’une seule ferme », le restant étant les taxes.

Des yaourts tracés vendus à côté de la ferme

 

Le prix de la location de la yaourterie s’élève à 1200 € par mois. L’éleveur peut arrêter la location à tout moment. Les frais d'installation sont pris en charge par la SAS, avec un plafond à 10 000 € amortis sur cinq ans. "Si le producteur part avant cinq ans, il rembourse la part des frais d'installation non amortie". Les frais d’installation sont limités, grâce au système de container qu’il suffit de déposer sur quatre plots de béton. « Il faut juste prévoir le raccordement au tank à lait et à la fosse pour les eaux usées », précise-t-il.

La formule garantit un produit local avec une recette sans additif sans poudre de lait, juste du lait entier et des ferments lactiques pour les yaourts nature, et de la confiture ou des arômes naturels pour les yaourts aux fruits ou aromatisés. « La  pasteurisation se fait au bain marie ce qui permet de protéger la matière grasse et protéines », souligne André Bonnard. Le lancement en magasins est prévu début juillet.

Un QR code sur l’opercule permettra de faire le lien vers la page de présentation de la ferme dont chaque pot est issu. Sur cette page l’éleveur expliquera ses pratiques et son territoire ."Il est plus facile d’assurer la traçabilité d’un yaourt issue du lait d’une seule ferme que celle d’un pot industriel qui provient du lait de 30 à 70 fermes", souligne Maximilien Rouer. .

Les visiteurs du salon de l’agriculture ont pu goûter les premières fabrications issues d’un prototype. L’entreprise  lancera prochainement la fabrication de 6 yaourteries; elle vise d'ici la fin de l'année la mise en place de 50 yaourteries, six par mois, de façon à couvrir le territoire. « Notre ambition est d’atteindre 5% de parts de marché ce qui correspond à 2000 fermes équipées », annonce André Bonnard. .

Contact : www.neduneseuleferme.fr

A voir aussi : Deux lancements de glace bio à la ferme

 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Lait.

Les plus lus

Loren Duhameau. « Pour faire ce métier, il faut vraiment être mordu. Il y a des jours où j’ai envie de tout arrêter. Mais tant que j’ai du soutien, ça va. » © J. Pertriaux
« Les femmes ont autant leur place que les hommes ! »
À Caligny dans l’Orne, Loren Duhameau s’est installée en individuel à 25 ans. Une installation précipitée par des circonstances…
Michel Nalet, directeur général relations externes et communication du Groupe Lactalis
Lactalis : "La crise liée au Covid-19 nous fait craindre une baisse de la valorisation du lait à moyen terme"
Michel Nalet, du groupe Lactalis, craint l'effet du gonflement des stocks de poudre, beurre et fromage. Et l'…
L'élevage de 380 vaches de Henning Münster,  380 vaches dans le Schleswig-Holstein. © Élevage Münster
Allemagne : prix du lait à 280 à 300 €/1 000 l dès mai ?
Avril n’est que le début de la crise. En Allemagne, les perspectives de prix du lait à six mois ne sont guère enthousiasmantes.
Faneuse et andaineur : les bons réglages pour un bon fourrage
Machinisme
La qualité des fourrages secs ou ensilés dépend bien sûr du niveau de maturité de l’herbe, des espèces présentes dans la parcelle…
 © F. Mechekour
Trois caméras dans la désileuse pour plus de sécurité et de confort
Chez Gilbert Lucas, dans le Pas-de-Calais. La vie et la santé n’ayant pas de prix, l’éleveur a décidé d'installer trois caméras…
Pour chaque alerte, l’appli soulève les questions à se poser pour remonter à la source du problème. © E. Bignon
Élevage : Remonter à l'origine des problèmes de santé grâce à l'appli gratuite Panse-Bêtes
Élaborée par l’Itab et divers partenaires, l’application Panse-Bêtes propose une check-list pour guider et aider les éleveurs et…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8.50€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière