Aller au contenu principal

Prix du lait 2024 : des négociations commerciales avec la grande distribution sous de mauvais auspices

Les négociations commerciales entre la grande distribution et les industriels sont le moment clé de l’année où se joue la valorisation des PGC France (produits de grande consommation). Une partie du prix du lait 2024 va en dépendre. Pour l’instant les nouvelles qui remontent des box de négociation ne sont pas à l’avantage de l’amont de la filière. 

Rayon des produits laitiers d'un supermarché
L'inflation rend les négociations commerciales entre les industriels et la grande distribution particulièrement difficile.
© J.-C. Gutner

« Les prix vont baisser », affirmait encore le 7 janvier Bruno Le Maire, ministre de l’Economie. Interrogé sur la question du pouvoir d’achat, il assure qu’il « faut se battre sur le front des prix » ajoutant que sur le beurre et d’autres produits « vous aurez (…) des baisses de prix, pas simplement une stabilisation mais des baisses ».

Dans les box de négociations, le message semble être bien passé du côté de la grande distribution qui est en train de négocier avec ses fournisseurs les tarifs pour l’année à venir. Au 15 janvier, devait être finalisé les accords avec les industriels générant moins de 350 millions d’euros de chiffre d’affaires

Lire aussi Prix du lait : retrospective de l'année 2023

Les PME et ETI sous pression des distributeurs

Les représentants de ces petites et moyennes structures sont plutôt alarmistes. Selon, la Feef (PME et entreprises de taille intermédiaire fournisseurs de la grande distribution), ses adhérents n’avaient, en moyenne, pas obtenu de revalorisation de tarif une semaine avant la date fatidique. D’après les premières remontées, la fédération calcule « un atterrissage de la négociation à l’étal-négatif (entre 0 et -1% de déflation) pour 60% des PME-ETI », rapporte nos confrères d’Agra. L’Adepale (fédération des entreprises de produits alimentaires élaborés) dénonce un « climat extrêmement tendu » et « une faible sensibilité à la sanctuarisation des matières premières agricoles » (MPA) de la part des distributeurs.

Les coopératives laitières dénoncent la remise en cause de la loi Egalim

« Arrêtons de retourner dans cette guerre des prix pour contenter Bercy », refuse Pascal Le Brun, président de la coopération laitière, le 19 janvier à Réussir Lait.  Parmi les coopératives laitières soumises à la date butoir du 15 janvier, 20% n’avait pas encore signé. 

Celles qui l’ont fait clôturent avec des tarifs stables voire en légère baisse. « Concrètement la hausse de la matière première agricole n’a pas été obtenue », explique-t-il, alors qu’il assure que les besoins des coopératives laitières sont de l’ordre de 3 % « proche de ce que sera l’inflation en 2024 ».

Les transformateurs générant un chiffre d’affaires de plus de 350 millions d’euros ont jusqu’au 31 janvier pour finaliser les négociations avec les enseignes de la grande distribution. Mais là encore, les plus grandes entreprises ont dû mal à faire entendre leurs besoins.

Un prix du lait 2024 qui risque d’être pénalisé

« Nous n’arrivons pas à faire passer la hausse de la MPA auprès des distributeurs. Ils ne veulent pas entendre non plus les hausses des charges au niveau industriel, regrette Pascal Le Brun. Si nous n’arrivons pas à faire passer ses hausses, c’est sur le prix du lait que cela se traduit. Sous la pression du ministre de l’Économie, les distributeurs veulent la mise à mort des lois Egalim. Soyons raisonnables, la demande de la distribution n’est ni entendable ni acceptable. »

Les plus lus

<em class="placeholder">Laurence, Christophe et Matthieu Debreuilly et leur conseillère Caroline Tostain</em>
« Avec notre passerelle, nos vaches traversent la route en sécurité », dans la Manche

Le Gaec Debreuilly dans la Manche dispose depuis l’été 2025 d’un pont pour que les vaches puissent traverser une route…

<em class="placeholder">Gilles Onillon, éleveur laitier, dans une prairie avec ses vaches Jersiaises</em>
« La fétuque élevée repart toujours après une période de chaud », dans le Maine-et-Loire

Le Gaec de la Jutière, dans le Maine-et-Loire, intègre de la fétuque élevée méditerranéenne dans son mélange prairial. Cette…

<em class="placeholder">éleveur qui lit son contrat</em>
Contrat : que risque un producteur agricole qui ne livre pas volontairement les quantités prévues ?

Les cours grimpent et le prix de votre contrat de vente ne suit pas. Vous aimeriez saisir l’opportunité et vendre une partie…

<em class="placeholder">John Plard, éleveur laitier</em>
« J’aurais dû anticiper l’explosion des cellules au robot de traite », dans la Sarthe
L’EARL Plard dans la Sarthe n’avait pas de problème de cellules avant le passage au robot de traite. Pourtant, l’élevage a dû…
<em class="placeholder">Jérémy Amans, éleveur laitier</em>
« J’ai investi dans un robot de traite reconditionné pour 30 vaches », dans l’Aveyron

Installé seul, Jérémy Amans a fait le choix de l’automatisation de la traite et du raclage, ainsi que de la délégation de la…

<em class="placeholder">vaches laitières au pâturage</em>
Ralentissement de la collecte de lait de vache à l’Ouest de la France

Les premiers indicateurs d'avril laissent entrevoir un tassement de la dynamique de la collecte laitière après un début d'…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière