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Organisation du travail : « Nous avons robotisé la traite pour anticiper le départ à la retraite de mon père dans les Deux-Sèvres »

Le Gaec Privalait, dans les Deux-Sèvres, tourne entre mère et fils depuis bientôt deux ans. La robotisation de la traite, en amont du départ du père, a été une étape clef. Guillaume Rivet anticipe désormais le départ de sa mère en formant sa potentielle future associée.

Patrice Rivet est parti à la retraite fin 2022. Guillaume et Valérie Rivet se sont alors retrouvés alors à deux sur l’exploitation. « Nous étions passés en robot de traite un an avant, mais ça ne fait pas tout », glisse son fils Guillaume Rivet. Avant, l’organisation du travail se répartissait entre les trois associés. Valérie Rivet s’occupait de la traite matin et soir et de la comptabilité, Patrice de l’alimentation, Guillaume des veaux et des logettes. Le père et le fils se partageaient également les travaux aux champs de semis, récolte, épandage et de bricolage (clôtures, réparations, installations, etc.). « Ma mère ne montait et ne monte toujours pas sur un tracteur. Mais ça tournait bien avec mon père. J’avais du temps », se rappelle l’éleveur.

Fiche élevage

Gaec Privalait

2 associés

1 stagiaire bientôt, potentielle future associée

650 000 litres

65 vaches à 9 500 litres

1 robot

84 ha de SAU, dont 7 ha de céréales, 20 ha de maïs, 57 ha de prairie

Avant le robot, « l’astreinte était lourde »

Avant le départ de Patrice, l’organisation était bien huilée, mais la question se posait de renouveler la salle de traite. Pour deux raisons : elle était trop basse pour Guillaume Rivet et il fallait anticiper le départ à la retraite de ses parents qui induirait une surcharge de travail, dont le fils avait déjà un aperçu. « Mes parents faisaient les week-ends à deux et moi j’étais tout seul. Je commençais à 5 h 30, l’astreinte était vraiment lourde. » La question d’embaucher s'est alors posée. « Financièrement, c’est équivalent avec un robot. Traire ne me dérange pas, mais je ne voulais pas imposer cette contrainte à quelqu’un d’autre. » Si l’option robot a gagné du terrain, les associés ont levé, avant d’investir, un dernier frein : celui d’arriver à combiner robot et pâturage. Ils ont décidé de sauter le pas, en novembre 2021.

Embaucher un apprenti « ce n’est pas plus qu’un mi-temps »

Désormais, Valérie s’occupe des veaux et garde la comptabilité. Le reste revient à la charge de Guillaume. Il gère seul tout ce qui demande l’utilisation de matériel. « J’ai embauché une apprentie pendant deux ans. Elle était déjà venue en stage, je savais qu’elle aimait le lait. Nous pouvions nous partager les pics de travail : pendant les épandages, je n’ai pas dételé la tonne pendant une semaine, alors on se remplaçait sur le tracteur. » Si la jeune femme « fait le job », Guillaume Rivet prévient : « Il ne faut pas compter sur plus qu’un mi-temps quand on embauche un apprenti, car sa formation prend du temps. » À cela s’ajoute l’alternance avec les périodes de cours, avec lesquelles il faut composer. « Cette année, c’était compliqué, surtout au printemps. »

Une journée type de Guillaume Rivet, en octobre

7 h 30 : début de journée

Pousser l’ensilage des vaches laitières ; distribuer les granulés aux génisses ; pailler les génisses s’il faut ; regarder les statistiques de production au robot

9 h 30 : café avec les parents

Puis avancer les fils des vaches laitières ; changer les génisses de parcelle (cinq lots de génisses, qui changent de champ tous les deux ou trois jours) ; bricolage/entretien ; semis de céréales

12 h-14 h : pause déjeuner

14 h-16 h 30 : distribuer l’affouragement en vert ; finir les travaux entamés le matin

16 h 30 : préparation de la mélangeuse pour les vaches et les petites génisses, l’heure de désilage est adaptée en fonction des refus ; ouverture des parcelles de nuit pour les vaches

Fin de la journée à 19 h 15

« Je veux partager la charge mentale »

Guillaume Rivet avait, dans un coin de sa tête, l’idée de s’associer avec son apprentie, qui préfère finalement rejoindre la ferme familiale. Depuis 2023, l’éleveur est inscrit au répertoire départ installation de la chambre d’agriculture. « Je ne cherche pas à rester tout seul. Depuis que mon père est à la retraite, la charge mentale est lourde. Je préfère discuter plutôt que diriger », affirme-t-il.

C’est par ce canal qu’il rencontre une voisine, non issue du milieu agricole, et qui cherche à s’installer « au départ en volailles. Elle est venue trois semaines travailler ici, en titre emploi service agricole simplifié (Tesa). Cela lui a plu et elle a démarré un BPREA en septembre. Si tout se passe bien, l’objectif est qu’elle s’installe avec moi en 2026 quand ma mère partira, à son tour, à la retraite ».

En attendant qu’elle arrive, l’éleveur confie avoir « beaucoup de travail ». Il a posté une offre d’emploi pour un salarié à mi-temps, pourquoi pas partagé avec la Cuma dont il est trésorier. Car « je ne veux pas me dégoûter de mon métier ».

« Ce que j’aurais pu mieux anticiper »

• Le départ à la retraite de mon père, normalement ça se planifie.

• Quand je vais m’associer, nous allons construire un nouveau bureau car actuellement il est dans la maison de mes parents. Mais pour cela, il faut déplacer le tank. Le problème, avec un robot, c’est que la traite est continue, on ne peut pas l’arrêter trop longtemps pour raccorder les tuyaux. Je réfléchis à louer un tank mobile le temps des travaux.

• Anticiper l’embauche d’un salarié car aujourd’hui, quand c’est la galère, ma vision du métier se ternit à cause de la charge de travail.

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