« Nous avons autoconstruit deux nurseries semi-ouvertes pour nos veaux », dans le Pas-de-Calais
Cédric Demoulin dans le Pas-de-Calais, a autoconstruit il y a une dizaine d’années une nurserie pour les veaux nourrissons, puis une autre pour les veaux jusqu’au sevrage, ouvertes sur leur façade Est, avec un toit isolé.
Cédric Demoulin dans le Pas-de-Calais, a autoconstruit il y a une dizaine d’années une nurserie pour les veaux nourrissons, puis une autre pour les veaux jusqu’au sevrage, ouvertes sur leur façade Est, avec un toit isolé.
En 2016, Cédric Demoulin, un des associés du Gaec de Grossart dans le Pas-de-Calais, a monté une nurserie pour les veaux nourrissons qui abrite une trentaine de cases individuelles. Elle est toute en longueur : 36 mètres de long dont 30 mètres pour les cases, sur 4 mètres de large. La hauteur va de 2,20 à 2,70 mètres. Fermée sur trois côtés, la façade orientée à l’Est est ouverte.
« Au début, sans filet brise-vent, nos veaux avaient des problèmes pulmonaires, en dehors de l’été. Sur le conseil de ma vétérinaire, j’ai installé des filets et depuis, nous n’avons plus de problèmes de santé. » Cette conception plaît à Bertrand Fagoo, chef de projet en bâtiment d’élevage à l'Institut de l'élevage : « Cette disposition en longueur peut permettre de séparer le microbisme d'une zone femelle et d'une zone mâle par exemple, séparées par le stockage de la paille. »
L’éleveur l’a autoconstruite pour réduire les coûts. Elle a coûté un peu moins de 500 euros la place en 2016. Ce montant comprend l’achat de la structure monopente, « pour que le bâtiment soit solide et résiste aux vents ». Pour le reste, l’éleveur a tout réalisé lui-même : un peu de terrassement, du béton pour la dalle du plancher et le montage des murs, portes et cases.
Des panneaux sandwich pour le toit et la façade Ouest
Pour isoler le toit, Cédric Demoulin a utilisé des panneaux sandwich de 4 centimètres d’épaisseur. Pour isoler le mur du fond (façade Ouest), il a acheté un panneau sandwich plus épais pour qu’il tienne bien. « Il est d’un seul tenant sur toute la longueur, fixé uniquement à chaque extrémité, donc il fallait qu’il soit assez lourd pour rester bien en place. » L’éleveur est satisfait de ce choix qui coupe efficacement les ponts thermiques : « Je ressens les degrés d’écart entre la température extérieure et celle à l’intérieur. »
Les cases individuelles ont été réalisées avec des panneaux de contreplaqué marine blanc. « Avec le blanc, dès que c’est sale ça se voit et cela incite à bien laver. Le matériau est lisse et se nettoie donc très facilement. » Du contreplaqué marine, résistant à l’humidité, a aussi été utilisé pour la porte coulissante.
Un bâtiment facile à nettoyer
Pour assurer un travail efficace et l’ambiance du bâtiment, Cédric Demoulin a façonné la dalle du plancher en béton en forme de V, c’est-à-dire avec une double pente de 2 %. Le point bas se trouve sous les seaux. « Au niveau de ce point bas, avant de couler la dalle, j’avais installé un tuyau de PVC fendu avec une planche dans la fente, puis la dalle a été coulée, la planche retirée, et cela donne un récupérateur des jus, qui sont collectés en bout de bâtiment. »
Les cases, paillées, sont sur des caillebotis faits avec des palettes de bois, « qu’un voisin retraité me renouvelle quand ils sont trop abîmés. Les caillebotis sont essentiels pour isoler le veau de l’humidité et du froid du sol. »
Le câble en acier au-dessus des niches permet d’accrocher une lampe chauffante et « j’ai prévu une prise pour trois cases pour que ce soit très facile de brancher une lampe ». Autre astuce pour faciliter le travail : tous les deux poteaux, il y a une arrivée d’eau avec un tuyau muni d’une douchette, pour l’abreuvement et le lavage du sol, des cases et des seaux tétines. Et un câble pour suspendre les seaux à égoutter.
Des couloirs autour des cases collectives
À l’âge de 3 ou 4 semaines, les veaux vont dans l’autre nurserie. Cédric Demoulin l’a également autoconstruite, en 2018, à partir d’une structure bipente (12 m x 30 m).
Le toit est isolé de la même manière que pour le bâtiment des nourrissons, et un bardage en bois ferme trois côtés. La façade Est est ouverte et peut être fermée par un filet brise-vent, comme dans la pouponnière.
Le bâtiment compte huit cases collectives de 24,50 m2 chacune pour six veaux. Pour faciliter le travail, il y a un couloir à gauche des cases, un derrière les cases pour le paillage manuel, un à droite des cases et le couloir d’alimentation devant. « Par exemple pour la pesée des veaux, ils servent de couloir de contention : les veaux sortent par le couloir de derrière, ils passent par la balance installée dans un couloir sur le côté puis rentrent dans une case. Les couloirs isolent aussi les veaux des murs de la nurserie. »
Fiche élevage
Les deux nurseries du Gaec de Grossart
200 vêlages étalés par an
30 cases individuelles dans la pouponnière
Moins de 15 000 € pour la pouponnière en 2016
8 cases collectives de 6 veaux dans la nurserie des veaux de 3 semaines à 6 mois
30 500 € pour cette deuxième nurserie en 2018
Une marche bétonnée et des barrières pour un curage efficace
Dans la nurserie des veaux de 3 semaines au sevrage, le couchage peut se diviser en deux au moment du curage de la litière. En effet, chaque case fait 7 m sur 3,50 m avec des barrières de séparation de case en deux parties. « Ainsi, la barrière qui sépare deux cases peut se rabattre pour garder les veaux sur une demi-case pendant le curage de l’autre demi-case. »
Entre ces deux parties, Cédric Demoulin a pensé à réaliser une marche bétonnée de 20 cm de haut, qui se retrouve donc sous la barrière au moment du curage et qui permet de contenir le fumier. « Ainsi, quand nous raclons, le fumier ne peut pas se retrouver sous la barrière, ni autour du poteau sur lequel est fixée la barrière. Nous passons le racleur et puis c’est fini : il n’y a pas besoin d’aller nettoyer sous la barrière et autour du poteau. Quand le travail se fait facilement et rapidement, il est réalisé en temps et en heure. Nous curons une fois par mois, voire toutes les trois semaines quand il fait humide. »