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Néosporose : investiguer pour trouver la cause

Parasite unicellaire, la néosporose fait partie des agents responsables d’avortement les plus fréquents sur les bovins avec la fièvre Q, et peut représenter 10 à 20 % des cas. Si la maladie n’est pas maîtrisée, des lignées de femelles avec un risque accru d’avortement se développent dans le troupeau.

<em class="placeholder">délivrance dans l’aire paillée </em>
Une délivrance dans l’aire paillée peut être une source de contamination.
© C. Fouquet

« Bonjour Doc, c’est la deuxième vache qui avorte en deux mois, il faudrait chercher à quoi ça peut être dû, non ? »

Tous les avortements doivent être déclarés pour une recherche brucellose systématique, mais d’autres analyses peuvent être faites et parfois prises en charge par le GDS s’il y a plusieurs avortements en un laps de temps réduit. On peut aussi refaire le tour de quelques questions basiques : pas d’ouverture récente d’un silo avec de possibles mycotoxines ? Pas de changement dans la ration ou de modification des taux dans le lait, pouvant signer une acidose ou une situation d’acétonémie ? Pas d’arrêt de la complémentation en oligo et minéraux ? Pas de vache achetée récemment qui aurait pu amener une nouvelle maladie type BVD ? Pas d’épisode de fièvre sur le troupeau ou d’autres pathologies ?

En l’occurrence, rien de tout ça ne concerne ce cheptel, nous voilà donc partis pour faire des prélèvements : l’avorton, un écouvillon cervical et une prise de sang sur la mère. La prise de sang donne un résultat positif en sérologie pour la BVD et la néosporose. Cela ne nous permet pas de trancher sur la cause de l’avortement, car la contamination responsable des anticorps a pu se faire plusieurs mois auparavant. La PCR sur le veau est par contre nette : fortement positive à la néosporose. Il faudra quand même rechercher la cause d’une sérologie positive BVD, car les deux maladies peuvent circuler et méritent une prise en charge !

Pas de traitement mais de la prévention

Le bovin va se contaminer en ingérant de l’eau ou des aliments souillés par des selles de chien. La contamination se fait aussi de la mère au veau par voie transplacentaire. Malheureusement, cette dernière transmission est très efficace : soit la vache va avorter (et même plusieurs saisons de suite), le plus souvent entre trois et sept mois de gestation, sans autre signe associé ; soit si la vache n’avorte pas, elle va donner naissance à un veau contaminé dans 90 % des cas. Ce veau peut avoir des lésions du cerveau qui entraînent des signes nerveux, des pertes d’équilibre, des troubles musculaires, des malformations oculaires. Aussi, certains veaux d’apparence saine peuvent aussi être chroniquement infectés, un peu comme la BVD, et qui infecteront toute leur descendance. Les petits ruminants, les cervidés et les juments peuvent aussi être touchés mais plus rarement. 

Il n’y a pas de vaccin disponible ni de traitement : les antiparasitaires contre les strongles, la douve, les parasites externes, la coccidiose… tous sont inefficaces contre Neospora caninum. La transmission de la mère au veau est un point clé de l’élimination de la maladie : il va falloir faire des sérologies sur toutes les femelles reproductrices pour écarter les femelles séropositives. Ces dernières pourront éventuellement être conservées mais pas pour le renouvellement (insémination en croisé). La transplantation embryonnaire peut être une alternative pour conserver le patrimoine génétique d’une excellente vache séropositive. Encore, le dépistage lors des achats devra également être systématique.

Le chien, et possiblement aussi le renard, intervient dans le cycle et se contamine en mangeant le plus souvent une délivrance de vache porteuse de la maladie. On peut observer des signes neurologiques graves chez le chiot (attitudes anormales, membres écartés…), ainsi que des avortements. Il convient donc de protéger les aliments des bovins d’une contamination par les déjections de chiens ou de renards. On les tiendra évidemment à l’écart des délivrances et des avortons. Éliminer le chien n’est pas une solution, car la plupart des chiens infectés par Neospora ne présente aucun symptôme et excrète des parasites sur une période assez courte s’il ne se réinfecte pas.

Les mesures phare contre Neosporosa

– Éliminer les vaches séropositives et ne pas garder leurs filles pour le renouvellement ;

– Éliminer les avortons et délivrances de manière à les rendre inaccessibles aux chiens et renards ;

– Rendre inaccessibles aux chiens et renards l’alimentation des bovins ;

– Déclarer systématiquement les avortements : la néosporose peut être présente mais également cohabiter avec d’autres pathologies ;

– Dépistage systématique lors des achats.

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