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Les Cultiv’Actrices rompent l’isolement

Dans le Cantal, des femmes ont créé une association pour sortir de leur quotidien au travers d’activités très diverses, organisées au gré de leurs envies.

« Échanger, partager, accompagner, développer, créer... Nous cultivons des verbes », explique Laura Ressouche, présidente de Cultiv’Actrices, dans le Cantal, pour décrypter le nom de l’association. Créée en 2015 suite à une réflexion initiée par la sous-préfète de Saint-Flour sur les conditions de vie des femmes en milieu rural, elle a pour but de « rompre l’isolement. En milieu rural, nous sommes éloignés des services (médical, administratif, culture...). Nous faisons un métier très prenant. S’obliger à sortir demande un gros effort... L’idée était de recréer du lien social et de la convivialité, s’ouvrir vers l’extérieur, partager des expériences et des savoirs, développer l’esprit d’entreprendre... ».

L’association compte une quarantaine d’adhérentes (quelques hommes aussi), de la moitié est du département, principalement des agricultrices mais pas seulement (enseignantes, commerçante, infirmière...). Chacune s’implique comme elle l’entend. Les activités sont organisées par une dizaine de personnes. « Nous ne voulons pas mettre la pression aux adhérentes. Elles viennent pour les activités qui les intéressent et quand elle sont disponibles. »

« Nous avons plein de choses à raconter »

Et la palette est très large. L’association a passé un partenariat avec le lycée agricole et le CFPPA de Saint-Flour pour organiser des formations. Les Cultiv’Actrices se sont ainsi formées aux méthodes de soin alternatives (phytothérapie, aromathérapie...), au clicker training (éducation des animaux), à la géobiologie... Elle ont appris à fabriquer des cosmétiques et des produits pour le confort des animaux à base de plantes. Le lycée dispose d’une filière dédiée aux cosmétiques. Elles se sont formées à la communication et à la maîtrise des nouveaux outils (réseaux sociaux...) dans le cadre des activités professionnelles (accueil à la ferme, vente en circuit court...). Sophrologie, gestion du stress, yoga... le développement personnel est également un grand champ que l’association a ouvert pour amener du mieux vivre. Des sorties aussi : musées, spectacles, participations à des manifestations...

Les Cultiv’Actrices se sont lancées dans un projet de long terme : la réalisation d’un mook, une publication à mi-chemin entre le magazine et le livre. Le premier numéro est toujours en gestation. Présentation du territoire, des activités agricoles, vie quotidienne, recettes, trucs et astuces... rien ne sera interdit dans cette sorte d’almanach de la ruralité. « Nous avons plein de choses à raconter », assure Laura Ressouche. Les Cultiv’Actrices réalisent aussi des vidéos sur leurs activités avec une web TV locale (Web TV Murat). Elles sont, depuis le début, en relation avec une association similaire de la Nièvre (Les Actrices nivernaises), dont elles se sont inspirées et poursuivent les échanges pour faire émerger de nouvelles idées, remettre de la dynamique dans les groupes, partager des moments de convivialité.

« Nous avons plutôt bien réussi notre premier défi, rompre l’isolement, et nous sommes même allées plus loin que ce que nous envisagions, se réjouit Laura Ressouche. Beaucoup d’amitié s’est créée au sein du groupe. Du soutien aussi entre personnes qui ont les mêmes problématiques. On se rend compte à quel point il est important de lâcher de temps en temps son boulot, de faire autre chose. Cela redonne de l’élan, du courage... C’est vraiment indispensable. »

" Insérer des idées modernes "

Les Cultiv’Actrices ont fait de la place des femmes dans l’agriculture un des axes forts de leurs animations. Tous les ans, lors de la Journée internationale des droits des femmes (8 mars), elles organisent des conférences ou tables rondes, interviennent auprès des jeunes du lycée agricole de Saint-Flour... « Dans un milieu rural pas toujours ouvert à l’égalité entre les femmes et les hommes, nous voulons insérer des idées modernes le plus tôt possible, à un âge où leur acceptation est plus facile, explique Laura Ressouche. Il y a encore du travail à faire mais les choses progressent. Ce versant féministe de notre association nous tient à cœur. »

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